lundi , 23 octobre 2017
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Katanga: appels à libérer un journaliste en détention « illégale »

Le syndicat national des journalistes congolais et une organisation de défense de la presse ont appelé mardi à la libération d’un journaliste arrêté selon eux de manière illégale dans le sud-est de la République démocratique du Congo.

Zito Tetela, éditeur de l’hebdomadaire « La Griffe » paraissant à Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province du Haut-Katanga, a été incarcéré mardi par la police criminelle « sur plainte du vice-gouverneur qui lui reproche un article compromettant sur [sa] gestion » de la province en l’absence du gouverneur, a déclaré à l’AFP un commissaire de police sous le couvert de l’anonymat.

Mais Marianne Yav Muland, secrétaire provinciale de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC) affirme à l’AFP que l’arrestation du journaliste, qu’elle qualifie de « kidnapping », n’a « pas respecté les procédures ».

Mme Yav n’exclut pas que M. Tetela ait pu toucher une commission pour publier l’article incriminé, mais elle dénonce le fait qu’il ait été arrêté selon elle par la garde personnelle commise à la protection du vice-gouverneur, Mme Bijou Mushitu Kat, et demande « sa libération immédiate ».

Dans un communiqué, l’ONG congolaise Journaliste en danger (JED) « s’inquiète de la séquestration » de M. Tetela, dénonce un abus de pouvoir, et « exige la libération pure et simple [d’un] journaliste dont aucune culpabilité n’est encore établie ».

Mme Mushitu Kat n’a pu être jointe mardi par l’AFP.

Selon la direction du journal, « La Griffe » diffuse habituellement à 250 exemplaires mais a tiré 400 copies de son « édition numéro 295 du 7 au 12 avril 2017 » qui annonce en une un article sur trois pages avec ce titre : « Le masque tombe : Bijou Mushitu Kat et ses griots combattent farouchement et à ciel ouvert le Gouverneur Jean Claude Kazembe sans raison valable! »

Les organes de presse indépendants sont rares en RDC, pays classé à la 152e place (sur 180) dans le classement mondial sur la liberté de la presse établi par l’organisation internationale de défense des médias Reporters sans frontières (RSF).

La pratique du « coupage », par laquelle les journalistes reçoivent de l’argent de la part des organisateurs des conférences de presse qu’ils couvrent ou des personnes qu’ils interviewent est la norme dans un pays parmi les moins développés et les plus corrompus au monde et où les médias manquent cruellement de moyens.

Le plus fort tirage quotidien, le Potentiel, est de 2.500 exemplaires. Chaque jour, la lecture des quotidiens congolais (qui ne paraissent qu’à Kinshasa) apporte son lot d’attaques ad hominem et de nouvelles publiées sans la moindre vérification.

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