vendredi , 21 juillet 2017
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Nangaa aura semé la tempête…La colère de la France et des Etats-Unis

Pour un ballon d’essai, le pavé du président de la Céni aura récolté la mesure de sa désapprobation par l’ensemble de la planète. Corneille Nangaa doit revoir sa copie, ses stratégies pour rendre le service attendu de sa personne et de l’institution placée sous sa gestion. Autant l’homme s’est accommodé de l’échiquier médiatique international pour sa prestation, autant il reçoit les flèches de toutes parts. Les dernières en date ont été décochées par François Delattre, l’ambassadeur de l’Hexagone aux Nations-Unies. S’exprimant au nom de la France, et sur un ton ferme, l’homme a puisé dans un lexique violant les circonlocutions diplomatiques pour décrier la situation en République Démocratique du Congo. « L’Accord (de la Saint-Sylvestre), Monsieur le Président, constitue la seule feuille de route crédible pour la sortie de la crise. C’est pourquoi l’absence de consensus et le blocage systématique dans sa mise en oeuvre sont particulièrement préoccupants. Les élections doivent avoir lieu dans moins de 6 mois. Et le temps presse », a-t-il fait savoir parlant des atermoiements dans les préparatifs des élections prévues en décembre prochain en RDC.
Le plus important dans cette adresse est le fait que la France désigne la racine du retard imprimé au processus, à savoir le blocage systématique dans la mise en application des prescrits de l’Accord obtenu sous l’égide des évêques catholiques. Rentre dans ce subterfuge, la désignation du Premier ministre actuel dont le partage du portefeuille trahit la violation de la lettre et de l’esprit de cet accord. Pourrait-on expliquer autrement la conservation par la Majorité de tous les ministères considérés de grand gabarit : la Défense nationale, la Justice, les Finances, la Communication, l’Intérieur et sécurité…
Un attelage bien rudimentaire et amateur pour dissimuler les intentions de la Majorité de s’accrocher aux mamelles du pouvoir, en contournant toute intention de partage prônée par l’Accord du 31 décembre 2016 qui, pour plus d’assurance, consacrait une gestion collégiale de la res-publica. D’où le pic de colère de l’Hexagone décidé de laver l’affront devant une clique au pouvoir qui croit tourner en dérision tous les acteurs nationaux – les évêques compris – et la communauté internationale.
Avant Paris, Washington a montré les biceps face aux responsables congolais dont le président de la Céni en première ligne. Dans son adresse sur le même podium, l’ambassadrice américaine Michele Sison, a invité à la publication « immédiate » du calendrier électoral. Les Etats-Unis ont pris soin de rappeler tous les sacrifices de la communauté internationale pour la pacification et la réunification de la RDC. Les atermoiements du pouvoir actuel sur la voie du parachèvement du processus démocratique sonnent comme un sabotage de tout l’investissement consenti en argent et en sang depuis plus d’une décennie.
Voilà pourquoi Washington brandit à nouveau la menace de nouvelles sanctions contre des responsables congolais qui entraveraient la première alternance démocratique dans ce pays.
« L’ONU et l’ensemble de la communauté internationale ont travaillé sans relâche pendant des années pour aider à ramener la paix en RDC. […] La mission de maintien de la paix de la Monusco a la tâche très difficile d’aider à protéger les gens et nous nous engageons à faire en sorte que la Monusco puisse s’acquitter efficacement de son mandat », a assuré cette diplomate peu connue du grand public, mais qui a porté avec poigne le dossier RDC.
Elle a par exemple insisté que le meilleur moyen d’éviter la répétition de cette violence récurrente était d’aider les Congolais à achever une transition au pouvoir et à faire entendre leur voix au cours d’une « élection présidentielle crédible, pacifique et inclusive cette année », en rejetant un quelconque nouveau retard.
Aussi Michele Sison invite-t-elle la communauté internationale à intensifier et appliquer plus de pression, non seulement sur le président Kabila et à son gouvernement, mais aussi, à la Commission électorale nationale indépendante. Tout en réaffirmant la détermination de Washington à poursuivre les sanctions ciblées, Mme Sison rappelé: « Les États-Unis ont déjà démontré que nous allons prendre des mesures contre ceux qui retardent et entraveront la mise en oeuvre de l’Accord du 31 décembre et des préparatifs pour des élections présidentielles crédibles, pacifiques et inclusives. Nous sommes prêts à prendre des mesures supplémentaires pour sanctionner ceux qui empêchent la première transition démocratique de la RDC », a-t-elle mise en garde tout en appelant le Conseil de sécurité à prendre les dispositions similaires.
Le plus grand péché de Corneille Nangaa est de manquer de stratégie pour rencontrer les attentes du plus grand nombre, selon les appréciations des Kinois interrogés sur le sujet. Tout en se réclamant technicien, le président de la Céni ne s’est jamais présenté en home indépendant pour apporter des conseils techniques aux politiques et délégués de la société civile. Au contraire, il se complaint à brandir des contraintes lorsque celles-ci lui offrent l’opportunité de retarder l’échéance de quelque opération que ce soit ! LR

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