samedi , 22 septembre 2018
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En mémoire de Michael Sharp et Zaida Catalán, tués au Kasaï le 12 mars

Un an après l’assassinat des experts de l’ONU pour la RDC Michael Sharp et Zaida Catalán, leur ex-collègue revient sur la difficile quête de la vérité dans cette affaire nébuleuse. Il rend aussi hommage à leur professionnalisme, leur humanité et leur amour pour ce pays.

Tribune. Il y a exactement un an, le 12 mars 2017, alors qu’ils se trouvaient au Kasaï en train d’enquêter sur des violations du droit international humanitaire, Michael et Zaida – mes collègues au sein du Groupe d’experts de l’ONU sur la République démocratique du Congo – furent capturés près de Kananga au Kasaï. Vers 17 heures ils étaient assassinés dans un piège préparé et filmé. C’est un crime inédit, autant pour son cynisme profane que son symbolisme politique. Les auteurs de cet assassinat prémédité restent inconnus.
Des investigations sans résultat

Après la découverte des corps des deux experts, fin mars, les Nations unies ont lancé un comité d’enquête (Board of Inquiry) afin de faire la lumière sur les circonstances de leur double meurtre. En août, le secrétaire général Antonio Guterres a reçu le rapport dudit Board qui a très vite fuité. Malheureusement, ce rapport ne contient aucune preuve, ni sur les auteurs, ni sur le déroulement du crime. Les pages de ce rapport sont en revanche pleines de suppositions étranges et infondées ainsi que d’insultes implicites envers les victimes, qui ne peuvent pas se défendre. Autrement dit, ce Board n’était pas soumis aux « standards de preuve » imposés aux rapports du groupe d’experts.

La justice congolaise s’est ensuite mise au travail – perturbée par certaines sorties médiatiques qui ne méritent pas d’être commentées. Elle a depuis été rejointe par un mécanisme de suivi onusien, à l’automne 2017. Ces investigations n’ayant eu aucun résultat final, les enquêtes de Radio France Internationale (RFI) et Reuters restent, un an après et malgré de nombreuses questions restées en suspens, les seules tentatives systématiques de répondre aux questions « comment », « pourquoi » et « qui ».

(Jeune Afrique 13/03/18)

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