mardi , 20 novembre 2018
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Le président Joseph Kabila reporte ses grands rendez-vous

C’est ce lundi soir qu’auraient dû arriver en République démocratique du Congo (RDC) le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki. Cette visite a été annulée à la dernière minute, le président Joseph Kabila ayant affirmé ne pas être en mesure de recevoir les deux hommes. Dans l’entourage du chef de l’Etat congolais, on affirme que le président est trop occupé pour dégager du temps pour ce type de visites. Cette rencontre devait être le point d’orgue d’une stratégie mise sur pied, depuis des mois, par la communauté internationale pour s’assurer que le président Kabila ne se représenterait pas.

C’est la troisième fois que l’on annonce une visite à venir, celle-ci étant la première pour laquelle une date était fixée, et ces trois rendez-vous ont donc capoté. Pourtant, du côté des Nations unies, on estimait que la présence de Moussa Faki, le président en exercice de la Commission de l’Union africaine, aux côtés d’Antonio Guterres, pourrait garantir un accès au chef de l’Etat congolais.

Cette « stratégie africaine » était mise en avant par les pays occidentaux, les pays de l’Union européenne ainsi que les Etats-Unis. « Nous, nous sommes devenus presque inaudibles au Congo, expliquait encore tout récemment un diplomate occidental. L’Union africaine, la région, ont la capacité nécessaire de pression. »

Mais au final, les pays de la région – Angola en tête – qui espéraient une entrevue avec le président Kabila avant le sommet de l’Union africaine, ont dû renoncer et se contenter de la visite du chef de la diplomatie congolaise. Joseph Kabila n’est pas non plus venu à Nouakchott pour ce sommet.

Inquiétude internationale

A deux semaines de l’ouverture du dépôt des candidatures pour la présidentielle, cette série de refus ou de reports commence à inquiéter au moment où toute la stratégie internationale était axée sur le fait d’éviter un troisième mandat.

« Si Joseph Kabila pose sa candidature, ce sera l’échec d’une stratégie diplomatique vieille de dix ans et la fin non seulement du récent accord de la Saint-Sylvestre, mais surtout de l’accord de paix de Sun-City », s’inquiète un diplomate africain.

Dans les messages envoyés à la communauté internationale et souvent relayés par le chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundu, le régime congolais a cherché ses derniers mois à rassurer sur la tenue des élections fin décembre. « Mais dans ces messages, Joseph Kabila ne dit jamais qu’il ne se représentera pas et ça ne se demande pas hors tête à tête », poursuit ce diplomate.

Stratégie africaine

Kinshasa ayant montré de l’hostilité envers l’ONU, les Etats-Unis ou même l’UE ces derniers mois, les chancelleries occidentales, la France en tête, avaient misé sur une stratégie africaine, portée par l’UA et les pays de la région. « Mais là, on voit bien que le président Kabila n’a pas plus de respect pour eux que pour nous », ironise un diplomate occidental.

Le pendant de cette stratégie était de conserver une ligne rouge commune, à savoir un éventuel 3e mandat. « On verra ce qu’il en restera si Joseph Kabila passe en force », s’inquiète encore ce diplomate qui rappelle que le Conseil de sécurité est divisé, que les sanctions n’ont eu que peu d’effets et que la non-reconnaissance d’un Etat reste une exception au sein de la communauté internationale.

« Il ne reste plus qu’à attendre », explique un diplomate africain. Attendre jusqu’au 8 août ou un éventuel discours du président Kabila pour savoir si le chef de l’Etat congolais va ou non se présenter.

rfi.fr

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