mardi , 20 novembre 2018
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«Ensemble» réprimé FCC très avantagé

La tension emprunte une courbe ascendante en République Démocratique du Congo, au fur et à mesure
qu’approche le rendez-vous de la confrontation électorale. La rupture de confi ance consécutive à la non application équitable des prescrits de l’Accord de la Saint-Sylvestre, les désaccords sur le recours à la machine à voter, le  traitement des dossiers des candidats à la présidentielle…alimentent des frustrations dans le chef des
acteurs politiques, mais aussi de la société civile. Fondés ou non, les soupçons mutuels menacent actuellement l’accalmie observée jusque-là, et renforcée par le choix du président actuel de respecter la Constitution,
en décidant de ne pas briguer un énième mandat.

Initialement, on aurait voulu voir la majorité capitaliser cette donne pour se forger une image plus reluisante auprès de la population. A quoi servirait le geste du Chef de l’Etat si les Congolais sont soumis à une injustice patente dans la gestion de la res publica ? Pas plus tard que le week-end dernier, les militants de la plateforme électorale Ensemble étaient interdits de se réunir en vase clos dans la capitale du Haut- Katanga. Dispersés par la police, on déplore des personnes interpelées, alors qu’au même moment, le vélodrome de Kintambo accueillait un meeting du FCC articulé autour du thème Elections.

Selon l’Agence France Presse, des affrontements violents ont opposé le samedi 1er septembre les militants d’Ensemble de Moïse Katumbi aux forces de l’ordre à Lubumbashi. Ce jour, précise-t-on, la plateforme de
Katumbi avait prévu une manifestation de présentation de ses candidats retenus aux législatives nationales et provinciales.  Alors que des militants se dirigeaient déjà vers le lieu de la manifestation, les éléments de
la police sont intervenus pour disperser la foule.

Selon Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de Ensemble
Grand Katanga, la police a fait usage des balles réelles. « Tous les matériels, instruments, podium et autres ont été emportés par la police. Ils ont blessé des gens avec des baïonnettes, des balles réelles, j’ai été escorté de là jusque
chez moi à la maison », a expliqué Kyungu contacté par 7SUR7.CD.
Et de poursuivre, « dans ce pays, il n’y a que le PPRD, la MP qui peuvent organiser les manifestations, mais
comme c’est Ensemble, ils sont venus créer des troubles ». « En clair, le gouvernement ne veut pas que l’opposition
organise des manifestations », s’est-il plaint.  Il sied de signaler, le marché de la Kenya a été fermé suite aux échauffourées entre militants d’Ensemble et forces de l’ordre. Quelques véhicules auraient été brûlés.

Le timide regain de frustration et d’expression de rue observé actuellement au pays, ne s’abreuve-t-il pas dans ce traitement discriminatoire infligé à une catégorie de citoyens ? En dehors des militants d’Ensemble, les activistes de la Lucha aussi déplorent la répression de leur manifestation dans certes
sites. A Goma,“La police a arrêté la marche au niveau de l’ULPGL et littéralement frappé les manifestants pacifi ques à l’aide de bâtons et de crosses d’armes. Au moins 5 blessés graves viennent d’être admis à l’hôpital Heal Africa. Plus loin au siège de la CENI, la répression se poursuit”, a tweeté le mouvement.

“4 militants ont été arrêtés dans la même ville. Nous condamnons ces actes barbares de la part de la PNC et restons mobilisés pour dire non à la machine à voter imposée par Kabila et sa Ceni”,

a déclaré à ACTUALITE.CD le militant Gloire Wanzavalere qui s’occupe du monitoring au sein du mouvement

le lundi.

Dans la ville de Bukavu, le mouvement déplore une «répression avec des tirs de lacrymogènes.  21 camarades arrêtés,
7 blessés dont 2 graves», selon la même source. A Kisangani, chef – lieu de la province de la Tshopo, la manifestation
anti- machine à voter a été dispersée par la police sans incident majeur. “Il n’y a pas eu d’arrestation. Nous essayons
encore d’atteindre le siège de la CENI pour déposer notre mémo”, a déclaré un militant.

Malgré que cette machine continue de diviser la classe politique et sociale congolaise, la Centrale électorale avait annoncé le semaine dernière qu’environ 70.000 machines à voter étaient déjà en route pour la RDC. Les militants de la Lucha ont annoncé une série de manifestations dans plusieurs villes de la RDC, hier lundi 3 septembre 2018, contre l’utilisation de la machine à voter pour les élections du 23 décembre 2018.

L’appel était déjà lancé le mardi 21 août à travers plusieurs conférences de presse dans le pays.

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