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Pacification de l’Est de
la Rdc
Opération Kimia 2 : les Fardc et la Monuc à l’assaut des
Fdlr
- Avec l’appui de l’aviation, les troupes conjointes
engagées sans relâche à tenter de contrôler totalement
la situation en attendant l’arrivée des 3.000 casques
bleus supplémentaires
A ce jour, la situation sécuritaire au
Nord et Sud-Kivu n’est guère reluisante. Elle est
constamment troublée par des éléments armés des
nébuleuses Forces démocratiques de libération du Rwanda
(Fdlr), constituées des résidus des génocidaires hutus
qui ont eu à semer la mort dans leur pays en 1994 et qui
ont, ces dernières années, transposé ce drame à l’Est de
la République démocratique du Congo. Pas plus tard que
dans la nuit de samedi à dimanche dernier, des attaques
ont été menées par ces hors-la-loi contre des
populations civiles sur l’axe Kiwanja-Nyamilima, en
territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Bilan : un
policier tué, un camion brûlé, des villages pillés. On
renseigne que des commerçants en provenance du marché
Nyamilima ont été interceptés, à leur tour, dans la
soirée par des éléments Fdlr qui sement la mort à
dessein. D’une manière générale, la situation a atteint
la côte d’alerte avec la série interminable des cas des
tueries injustifiées, des viols à la chaîne, des
pillages planifiés. D’où le déclenchement de l’opération
Kimia 2 à l’Ouest de Kanyabayonga menée conjointement
par les troupes régulières des Forces armées de la Rd
Congo (Fardc) et celles de la Mission des Nations Unies
au Congo (Monuc). Il s’agit d’une action lancée le 28
mai dernier principalement contre les zones de
regroupement des combattants Fdlr identifiés à Mashuta,
à 28 kilomètres, à l’Ouest de Kanyabayonga, en
territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Selon le communiqué
publié samedi par la Monuc, cette opération qui est
d’ores et déjà en cours a « pour objectif d’exercer une
pression sur les Fdlr en vue de prévenir les menaces
contre la population dans une zone où les combattants
hutus rwandais continuent à commettre de graves
exactions contre les populations civiles ». Pour arriver
à leur fin, les troupes conjointes recourent à l’arme
lourde et à l’aviation. Sans doute qu’avec
l’intensification de la puissance de feu, l’ennemi qui
est en débandade depuis l’opération Umoja Wetu ayant
regroupé les armées congolaises et rwandaises en janvier
dernier, sera affaibli davantage.
Selon le commandement des opérations Fardc,
« l’agressivité des Fdlr contre les populations est due
à des pertes qu’elles sont en train de subir pendant les
opérations en cours ». Tout en reconnaissant que les
rebelles rwandais jouissent de l’appui des éléments
congolais réfractaires au changement, il n’admet pas
moins que « malgré cela, les Fardc sont engagées sans
relâche à tenter de contrôler totalement la situation ».
Crever définitivement l’abcès
L’équation Fdlr a décidément trop duré. La complexité de
la question au plan sécuritaire retarde certes le retour
définitif de la paix, heureusement qu’au plan
diplomatique, le dégel des relations bilatérales entre
Kinshasa et Kigali a influé particulièrement pour
détendre l’atmosphère jadis chargé dans la sous-région
des Grands Lacs. Eparpillés dans les forêts et les
montagnes, les rebelles hutus dont le quartier général a
été bombardé lors de l’opération Umoja Wetu ont été
coupés littéralement de leur base-arrière. D’où la
propension aux méthodes de la guérilla et du terrorisme
face à la population civile. Le conseil de sécurité des
Nations Unies dont une délégation vient d’effectuer une
visite sur le sol congolais et qui a promis
l’augmentation des effectifs des casques bleus
supplémentaires au nombre de 3.000 devrait s’activer en
fin d’en finir avec cette aventure surtout que parmi les
treize génocidaires poursuivis par le Tpir, deux parmi
eux, notamment Augustin Bizimana, ancien ministre
rwandais de la Défense et le major Protais Mpiranya,
alors commandant de la garde présidentielle, l’unité
militaire la plus active dans les massacres des
personnalités politiques, se cacheraient à l’Est du
pays. Une raison majeure de plus pour appuyer les
efforts que déploie le gouvernement congolais décidé à
aller jusqu’au bout pour rétablir l’autorité de l’Etat.
NMN
Kasai Occidental
A l’Amp, l’heure de la rectification a sonné !
On s’achemine lentement mais sûrement
vers les échéances électorales locales et urbaines et
sans doute aussi celles de 2O11. Avec bientôt le coup
d’envoi de l’opération du renouvellement du fichier
électoral qui sera donné par la Cei, le 7 juin prochain
à Kinshasa et au Bas-Congo, tout porte à croire que rien
ne pourrait plus arrêter le processus d’évoluer. Ce
n’est pas non plus pour rien qu’à l’Assemblée nationale,
l’examen de la question de la future Commission
électorale nationale indépendante (Ceni) soulève des
passions de tout genre. Les enjeux sont tels que dans
les plates-formes politiques, on resserre les rangs, on
recentre en vue de prochaines batailles. Demain se
prépare aujourd’hui. C’est le prix de la victoire : le
déblayage de terrain. Autrement la prochaine campagne
électorale à commencer par la présidentielle risque
d’être dure tant que toutes les leçons ne seront pas
tirées en fonction du passé et de la période actuelle.
Plusieurs éléments le justifient.
D’une manière particulière, il y a à épingler au
préalable le choix des animateurs provinciaux au niveau
de l’Alliance pour la majorité présidentielle (Amp) au
Kasaï Occidental. Les observateurs notent que cette
opération a été mal ficellée puisque le gouvernement
provincial n’a pas pu, depuis son installation,
entreprendre des actions d’envergure en faveur de la
population. Pour preuves, les travaux de voirie urbaine
qui ont démarré l’année dernière dans la foulée de la
visite du chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange sont à
l’arrêt depuis janvier 2009 tandis que l’éternelle
question de l’électricité tarde à trouver solution
malgré les promesses du gouvernement central. Il est
reproché, d’autre part, à l’exécutif provincial, la
mégestion, les détournements des deniers publics. Quant
aux rapports entre l’autorité provinciale et la
population locale, ils sont malsains d’autant plus que
les deux parties vivent en chiens de faïence. Pour leur
part, les députés toutes tendances confondues sont
davantage préoccupés par leurs intérêts personnels comme
le témoigne le manque de réalisations sociales
d’envergure. D’où la population se sent abandonnée par
ceux-là sur lesquels elle comptait.
Au niveau du déploiement des cadres de la majorité
originaires du Kasaï Occidental, on constate le
déséquilibre criant dans ce sens que les non Lulua se
sont octroyés la part du gâteau tandis que les Lulua se
disent marginalisés. Raison pour laquelle ils estiment
que la géopolitique n’est pas respectée au sein de
l’Amp. Or, la majorité tant dans le district du Kasaï
que de la Lulua est composée des Lulua. La preuve, c’est
qu’en 2006, le score réalisé par le président Kabila
dans les deux districts du Kasaï Occidental était
lamentable d’autant plus que ces derniers lui avaient
tourné le dos. Pour le scrutin de 2011, la lutte risque
d’être serrée si on ne prend pas en compte les
revendications des Lulua, estiment certains analystes
politiques proches de l’Amp. A cela s’ajoute bien sûr le
problème de leadership puisque l’opposition locale est
dirigée par l’honorable Alex Kande Mupompa du Mlc qui
exerce un certain charisme. Cette question de leadership
est aggravée par des conflits internes au sein de l’un
des partis phares de l’Amp accusé de mal gérer les
ambitions et transformé en forteresse des non Lulua.
Raison pour laquelle certaines langues disent que c’est
parmi eux qu’on retrouve des figures marquantes au
niveau national quand bien même ils sont dépourvus
d’assises locales pour appuyer l’action du chef de l’Etat.
C’est dans ce cadre qu’il faudrait situer la fameuse
« théorie de revalorisation des minorités », un concept
rétrograde. Les observateurs avertis estiment qu’au lieu
de s’attaquer à l’opposition, il est grand temps que
l’Amp puisse rectifier le tir, l’heure des comptes ayant
sonné. Un appel est lancé, dès lors, à l’autorité morale
pour que toutes les communautés se retrouvent autour
d’un idéal collectif autour de lui. A la veille des
changements annoncés au sein de la plate-forme et même
du gouvernement, des signaux forts sont indispensables
car, présentement, il s’avère qu’il y a des leaders qui
ne sont pas alignés sincèrement derrière Joseph Kabila
puisque dans leurs attitudes, on sent qu’ils sont portés
vers la fourberie et le mensonge à travers leur manie à
placer des cousins et courtisans au lieu de privilégier
l’attachement à la vision du président de la République.
Autant le choix des animateurs que la question de
leadership valent à l’Amp pour la victoire des élections
de demain dans cette province.
Lr
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