Rebondissement de l’affaire Philippe de Dieuleveult
assassiné au «Zaire» en 1985
Honoré Ngbanda rattrapé par la justice française
Alors
qu’on croyait que l’affaire Philippe de Dieuleveult,
sujet de nationalité française et animateur de la
célèbre émission « Chasse au trésor », prétendument
disparu le 5 août 1985 à l’époque de la dictature du
maréchal Mobutu dans les rapides d’Inga, dans le
Bas-Congo, était définitivement close, voilà qu’elle
vient de rebondir en France où le Parquet de Paris vient
de rouvrir le dossier. C’est précisément à la suite des
informations publiées dans le trimestriel XXI paraissant
en France dans son édition de l’automne 2008 faisant
état de la découverte à Kinshasa des procès-verbaux
d’interrogatoire datés du 8 août 2008 ramenés dans
l’Hexagone que le pot aux roses vient d’être découvert.
Les magistrats commis à ce dossier vont, à cet effet,
procéder à l’authentification des P.V. et ensuite
retrouver d’éventuels témoins. Cette affaire fit jadis
grand bruit à cause surtout de la personnalité de
Philippe de Dieuleveult et de ses implications notamment
de par le rôle joué par les services secrets français et
congolais. Aujourd’hui, il apparait clairement que la
vérité a été délibérément étouffée par les officines de
la gestapo zaïroise de sinistre mémoire avec la
complicité des agents français dans le but évident de
brouiller les pistes. Les auteurs de cette cabale
viennent d’être tournés en dérision avec cette
découverte. Mentez, mentez, dit-on, il en restera
toujours quelque chose.
Mais, que s’est-il réellement passé en 1985 dans la mort
de cet aventurier français ? Venu à l’époque en Afrique
dans le dessein de parcourir l’Est et l’Ouest du
continent par voie fluviale en descendant du fleuve
Congo depuis le lac Tanganyka jusqu’à l’Atlantique, en
traversant le Maniema et, dans le Bas-Congo, les rapides
d’Inga à la tête de l’expédition Africa Raft, Dieuleveut
a vu son projet connaitre un cuisant échec à la suite du
coup monté contre lui et les huit hommes qui
l’accompagnaient. Collabo lui-même des services secrets
français qui l’utilisait quelque fois, le président
Mobutu en personne qui le reçut avant le déclenchement
de l’opération lui signifia carrément qu’il n’était pas
en mesure d’assurer sa sécurité. Son sort était, dès
lors, scellé. La témérité de Dieuleveut lui coûta chère
puisque cela se passait dans une période cruciale de la
guerre froide. Sur le terrain, le Zaïre, terre de
prédilection de l’anti-communisme entretenait des
relations des plus tendues avec l’Angola où les barbudos
cubains étaient venus à la rescousse du régime
pro-soviétique. Sous le prétexte de vouloir, sous le
couvert de cette expédition, attaquer le barrage d’Inga,
un stratagème fut vite trouvé pour liquider Phillipe de
Dieuleveut. Apparemment anodine, l’affaire revêtait
cependant un caractère politique car, en outre, on le
soupçonnait d’entretenir des relations coupables avec
les rebelles cabindais pour le compte des services
secrets français.
L’homme qui en savait trop
L’aventurier français n’a guère eu gain de cause
puisqu’il fut arrêté, le 5 août 1985, par des éléments
de la Division spéciale présidentielle (Dsp) qui le
ramenèrent à Kinshasa où il fut zigouillé après
l’interrogatoire du 8 août 1985 tel que les
procès-verbaux le prouvent aujourd’hui. Il fut assassiné
au motif qu’il voulait attaquer le barrage d’Inga, d’où
l’instruction qui fut donnée de l’arrêter et ensuite de
mettre fin à sa vie. Les documents qui se trouvent entre
les mains de la justice française démontrent que
Dieuleveut a été interrogé dans la capitale congolaise.
En témoigne aussi un certain Okito Bene Bene, alors
responsable de la sécurité intérieure à Boma dans le
Bas-Congo, présentement en exil en Belgique.
D’ores et déjà, l’enquête est rouverte dans cette
affaire dont les principaux témoins sont d’une part,
Christian Prouteau, la dernière personne à avoir
rencontré le disparu et d’autre part, Honoré Ngbanda,
alors administrateur général des services secrets
zaïrois. On renseigne que c’est lui qui s’est occupé de
cette affaire et était en contact avec les services
français qui avaient vendu la mèche et qui, à cette
occasion, fit accréditer la thèse de l’accident alors
qu’il n’en était rien. Le Parquet de Paris devra, à ce
sujet, l’entendre. On croit savoir qu’il crachera le
venin comme il en a l’habitude, lui qui est devenu un
donneur des leçons alors qu’il est bien connu dans ce
genre des prouesses
maléfiques.
La République
Dans son message à la nation
Kabila donne un carton rouge à la justice congolaise
Dans
son message à la nation prononcé à Goma, chef-lieu de la
province du Nord-Kivu, où il se trouvait pour les
festivités commémorant le 49 ème anniversaire de
l’indépendance du pays, le chef de l’Etat Joseph Kabila
a brossé succinctement l’état de la nation congolaise
depuis son accession à la souveraineté nationale et
internationale.
Reconnaissant les nombreux ratés, des retours en
arrière, des pillages, des actes de destruction, des
agressions extérieures et atrocités de tous genres, le
Président de la République s’est voulu optimiste en
prenant ces cas malheureux comme des leçons qui doivent
nous pousser à nous remettre profondément en cause, pour
corriger les erreurs du passé et prendre le plus bel
élan.
Outre la situation sécuritaire, politique et économique
du pays, Joseph Kabila n’a pas manqué de relever la
situation particulière de la justice congolaise.
Rappelant le constat qu’il avait fait devant le congrès,
en décembre 2007, lors de son discours sur l’état de la
nation, le chef de l’Etat a été au regret de constater
que la qualité de la distribution de la justice dans
notre pays laisse toujours à désirer. « Abusant de
l’indépendance liée pourtant à la délicatesse et à la
noblesse de sa charge, le magistrat se rend lui aussi
coupable de dol, de concussion, de corruption et voire
même des infractions de droit commun, avec une facilité
déconcertante. », a accusé le chef de l’Etat avant
de prendre l’engagement solennel de mettre fin à ces
dérapages en sa qualité de garant de la Constitution et
du bon fonctionnement des institutions.
L’opinion nationale a favorablement accueilli le
discours du chef de l’Etat, particulièrement sur
l’aspect concernant le fonctionnement de la magistrature
dans notre pays. Il était temps que la plus haute
autorité du pays s’implique dans la marche de cette
machine qui est devenue une sorte d’Etat dans un Etat,
voguant totalement à contre-courant des attentes de la
population et de sa mission initiale. Loin, en effet, de
préserver la paix sociale en jouant son rôle de
régulateur des conflits sociaux, les magistrats sont
devenus les champions de la dérégulation sociale.
Distribuant la justice au plus offrant, l’appareil
judiciaire de notre pays a créé plus des malheureux dans
notre société que les criminels qu’elle est sensée
condamner. L’absence totale d’impunité des plus forts a
conduit les magistrats à devenir complices de la
destruction du pays. Voulant à tout prix donner raison à
la partie économiquement forte, le magistrat congolais
est souvent appelé à enfreindre les règles de
procédure ; il est même tenté d’en inventer à sa guise,
au grand dame des apprenants du Droit qui perdent
parfois leur latin devant les réalités de la pratique.
« La pratique n’a parfois rien à voir avec la théorie »,
se plaisent-ils à affirmer pour camoufler leurs crimes.
Mais aussi bien que les magistrats contournent la loi et
créent le trouble dans la société, il ne convient pas de
négliger le rôle complice joué par des auxiliaires de la
justice que sont les avocats par qui la corruption passe
pour atteindre les magistrats. Les avocats, en tant
qu’ils concourent dans la bonne administration de la
justice, doivent être interpellés et se sentir concernés
dans les nombreux dérapages décriés aujourd’hui. Il est
connu aujourd’hui que certains magistrats sans scrupule
ne peuvent rendre leurs jugements sans avoir contacté
des avocats des toutes les parties en cause. On ne peut
même plus parler du non respect des délais légaux prévus
pour le prononcé des jugements.
Bref, la justice congolaise est plus que jamais en
crise. Elle est malade de ses animateurs qui déplorent
toujours leurs conditions salariales alors que l’Etat
congolais a fourni un grand effort dans l’amélioration
de leur enveloppe salariale. Le problème de la
magistrature congolaise n’est pas tant celui du salaire
qu’on verse aux magistrats mais plutôt celui de la
moralité même de ce magistrat. En effet, même si on
donnait des millions aux magistrats, il leur sera
difficile d’abandonner ces pratiques infamantes aussi
longtemps qu’ils ne se débarrasseront pas de leur vieil
homme car il y a des affaires qui mettent parfois en jeu
des intérêts colossaux qui dépassent et dépasseront
toujours le salaire d’un magistrat. L’Etat ne peut pas
donner, même dans des pays développés, des millions de
dollars comme salaire à un magistrat juste pour le
mettre à l’abri de la corruption. Le meilleur rempart
contre la corruption reste la moralité, la bonne. Ce qui
est loin d’être une réalité dans notre pays.
Charles Mukonkole
Message à la Nation de Son Excellence Joseph Kabila
Kabange, Président de la République, à l’occasion du
49ème anniversaire de l’indépendance nationale (Goma, 30
juin 2009)
Mes très chers compatriotes,
Le 30 juin
2009, jour anniversaire de notre indépendance,
est célébré cette année à Goma.
Hier victime, Goma est aujourd’hui porteuse d’une
nouvelle espérance pour la République Démocratique du
Congo, presque cinquantenaire.
Des avancées, il y en a eu en 49ans, mais également des
ratés, des retours en arrière, comme ce fut le cas des
tristes événements des pillages et destructions, des
agressions extérieures, des atrocités de tous genres,
dont notamment des violences sexuelles sur nos mères,
nos femmes, nos sœurs et nos enfants.
Je ne saurais passer sous silence les pillages de nos
ressources naturelles, les trahisons et tant d’autres
soubresauts. Au prix de nombreux sacrifices, le pays a
été réunifié, nous sommes entrés en démocratie et, en
dépit de quelques turbulences enregistrées ça et là, la
paix se consolide, l’économie formelle se relance;
l’espoir s’inscrit de nouveau à l’ordre du jour. Toute
cette situation qui a plongé notre pays dans le chaos,
loin d’être oubliée, doit plutôt nous servir de leçon et
nous pousser à nous remettre profondément en cause, pour
corriger les erreurs du passé et prendre le plus bel
élan.
Voilà pourquoi:
Sur le plan sécuritaire, nous nous sommes engagés
fermement à éradiquer les poches résiduelles
d’insécurité dans certains territoires de la Province
Orientale, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Des efforts seront intensifiés dans ce sens en vue de
déboucher sur la sécurisation totale de nos populations
ainsi que la cessation immédiate de violences de toutes
formes et plus particulièrement les viols et tous autres
actes infâmes et innombrables contre la femme, la jeune
fille et l’enfant.
Un programme de stabilisation et de reconstruction des
zones sortant des conflits armés sera incessamment en
place. De même, je voudrais rassurer les victimes de la
catastrophe humanitaire provoquée par les agressions
extérieures, les conflits internes et les atrocités de
tous genres de mon engagement à poursuivre les efforts
déjà entrepris, et de la solidarité des Congolais à
éradiquer les causes de ce drame, en vue de la
consolidation de la paix.
A cet effet, je rends hommage à nos forces armées, de
police et de sécurité pour le travail abattu sur le
terrain des opérations, dans un environnement
extrêmement difficile, souvent au sacrifice de leurs
vies. C’est ici, pour moi, le lieu de demander à tout
notre peuple de leur apporter le soutien dont ils ont
besoin en ce moment. Les cas isolés de dérapage et
d’indiscipline relevés ça et là ne doivent pas être
attribués à toute l’armée. C’est pourquoi les coupables
ont été attraits devant les juridictions compétentes. Il
en sera toujours ainsi.
Au plan social et économique, la crise multiforme qui
frappe notre pays de plein fouet procède notamment de la
conjoncture internationale qui n’épargne aucun pays du
monde.
Mais elle ne saurait arrêter notre détermination d’aller
de l’avant dans la mise en œuvre de notre programme de
développement.
C’est pourquoi, à l’issue de la Conférence des
gouverneurs de province qui vient de se tenir à
Kisangani les 24 et 25 juin courant, j’ai instruit les
chefs des Exécutifs provinciaux à remettre nos
populations au travail productif de la terre, avec comme
objectif à court terme, la mécanisation de l’agriculture
et à moyen terme, l’autosuffisance alimentaire ainsi que
la transformation de nos produits agricoles en vue de
leur exportation.
C’est d’ailleurs sous ces auspices que s’ouvre demain et
pour la toute première fois, ici à Goma, la foire
agricole.
Au plan de développement, je vous ai proposé un
ambitieux programme de reconstruction nationale appelé
les cinq chantiers pour changer le pays. Le Congo
d’aujourd’hui ressemble donc à un vaste chantier que
nous avons entrepris ensemble depuis décembre 2006. Ce
programme qui prend de plus en plus corps, nous conduira
certainement vers un réel développement endogène et
intégral.
Plusieurs projets ont déjà démarré et sont en cours
d’exécution. Notre peuple, plutôt que d’assister en
spectateur ou en détracteur, doit s’en approprier en y
apportant son concours.
Cependant, si on n’y prend garde, les antivaleurs qui
s’enracinent au sein de la société congolaise à savoir:
l’indiscipline, l’intolérance, la concussion, la gabegie
financière ainsi que la corruption risquent de mettre en
péril ce projet ambitieux.
Mes très chers compatriotes,
J’ai, dans ce sens, depuis le 06 décembre 2007, dénoncé
à maintes reprises, la qualité préoccupante de la
distribution de la justice dans notre pays.
Perçue à juste titre par le législateur comme garante de
la paix civile et facteur indispensable à la stabilité
politique ainsi qu’au développement économique et
social, aujourd’hui, la justice est elle-même au banc
des accusés.
Abusant de l’indépendance liée pourtant à la délicatesse
et à la noblesse de sa charge, le magistrat se rend lui
aussi coupable de dol, de concussion, de corruption et
voire même des infractions de droit commun, avec une
facilité déconcertante.
Quant à moi, garant constitutionnel du bon
fonctionnement des institutions, je suis déterminé à
mettre fin à cet état de chose, avec le concours des
instances attitrées.
Dans cette perspective, j’entends tirer incessamment
toutes les conséquences des conclusions des travaux de
la deuxième session extraordinaire du Conseil supérieur
de la magistrature tenus à Kinshasa du 11 au 23 juin
courant. Il est temps que les opérateurs judiciaires
choisissent leur camp; celui de servir ou de martyriser
davantage un peuple meurtri et éprouvé par plusieurs
années de conflits et de violences.
Je ne doute pas du reste, de tout le soutien que la
population tout entière apporte à ces mesures qui, dans
le plus bref délai, contribueront, à coup sûr, à
garantir la justice et la sécurité judiciaire pour tous.
Mes très chers compatriotes,
L’année prochaine, notre pays va célébrer le
cinquantenaire de son indépendance. Cette année
jubilaire constitue un moment propice à la consolidation
de notre vision commune de la République et de son
avenir.
C’est dans cette perspective que le Commissariat général
du cinquantenaire vient d’être mis en place avec pour
mission principale de concevoir et de coordonner les
activités commémoratives du 50ème anniversaire de notre
indépendance. Ce commissariat est chargé également de
reconstituer la mémoire collective du peuple congolais.
Comme on peut bien le constater, il s’agit là d’un cadre
propice de réflexion offert à tous les Congolais en vue
de leur permettre de donner des contributions
substantielles à l’édification de la République
Démocratique du Congo des cinquante prochaines années.
Mes très chers compatriotes,
Il y a lieu de noter en définitive que tous les pays du
monde sont confrontés, à divers degrés, aux problèmes
liés à la sécurité et au développement, qui demeurent
des défis permanents.
Pour ma part, j’estime que nous sommes sur la bonne
voie. Ne nous décourageons pas, soyons plutôt prêts à
assumer chacun sa part de responsabilité, du reste
incompréhensible au regard des potentialités immenses
dont il est doté.
J’exhorte donc chacun de vous, hommes, femmes,
gouvernants, élites de tous les secteurs d’activités,
intellectuels, cadres ecclésiastiques de toutes les
confessions religieuses, ouvriers, paysans, étudiants,
jeunes et vieux, à un réarmement moral et patriotique en
vue d’assurer des lendemains meilleurs à tout notre
peuple et de léguer un pays plus beau qu’avant à nos
enfants.
Bonne fête de l’indépendance.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo,
Je vous remercie.
<<< Retour à la page d'acceuil
__________________________________
Lire Aussi Sur Nyota.net