Lors de la séance plénière d’hier à l’Assemblée nationale
Amp-Kamerhe : le dialogue des sourds persiste
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Le speaker vomi de la chambre basse du parlement creuse davantage le fossé qui le sépare de la majorité en exploitant à fond les contradictions de façade alors que les députés ont pris définitivement acte de démission de l’ancien bureau
Au Palais du peuple, l’Assemblée nationale a repris jeudi 2 avril 2009, ses travaux en séance plénière, une semaine après la démission de son président, Vital Kamerhe. C’est du reste, le même speaker entouré de tous les membres de son bureau, qui a présidé la plénière d’hier consacrée à l’examen des démissions des membres du bureau dont six sur sept avaient déposé leurs lettres des démissions hors plénière. Après la lecture de ces différentes lettres, un débat quelque peu malencontreux, a été organisé au cours duquel les élus ont exprimé, non sans passion, leurs points de vue au sujet de ces démissions. Une certaine opinion défendue à bras-le-corps surtout par l’opposition voulait voir la plénière épargner les autres membres du bureau qui n’auraient commis aucune faute et dont les départs auraient été « extorqués » grâce aux pressions politiques exercées sur eux par leurs partis politiques pour amener Vital Kamerhe à démissionner. Il y a lieu de reconnaitre que le président vomi de l’Assemblée nationale, lui même, défend cette thèse dans la mesure où il estime que les membres de son bureau ne méritent pas ce sort.
Il s’est fait que la dynamique de la plénière n’a pas manifesté une quelconque adhésion à cette démarche et a, dès lors, tranché en prenant massivement acte des démissions des membres du bureau. Par cet acte, le bureau est désormais complètement démissionnaire selon la logique des soi-disant « légalistes » de la dernière heure qui soutiennent que la démission des membres du bureau ne pouvait être effective qu’après entérinement par la plénière. Ce qui n’est pas totalement évident. L’essentiel étant fait, il y a lieu de considérer que le reste devient superflu.
La session parlementaire d’hier, qui s’est déroulée dans une atmosphère politique très chargée, n’a pas pour autant pris fin avec l’épuisement de ce point puisque l’Amp, par le truchement du Pprd, est revenu à la charge, occasionnant ainsi un autre débat aussi houleux que le premier. Réagissant par une motion incidentielle avant l’examen du deuxième point retenu à l’ordre du jour, le député national Tunda ya Kasende, prenant la parole au nom de son parti politique, le Pprd, a demandé au bureau démissionnaire de céder la place à une commission spéciale et temporaire qui serait chargée de superviser les opérations du renouvellement de l’ancien bureau. Cette motion qui a soulevé un véritable tollé dans l’hémicycle jusqu’à provoquer une interruption de séance de quelques minutes, n’a pas manqué d’irriter le speaker démissionnaire de l’Assemblée nationale qui a cru comprendre que son parti, le Pprd, nourrissait une sorte de haine à son endroit et se contredisait même dans la mesure où la motion précitée laissait présager la possibilité, pour les membres du bureau démissionnaire de se représenter aux prochaines échéances alors que le Pprd s’est battu pour voir Kamerhe quitter définitivement le perchoir. Dans un langage empreint des piques et d’ironies, ce dernier n’a pas manqué de faire observer à la plénière qu’il n’était pas candidat et que par conséquent, il n’y avait pas des raisons de craindre une quelconque magouille de sa part, pour fausser les résultats des élections des membres du bureau devant succéder au sien. Mais c’était sans compter sur la passion que ce sujet a suscité. Plusieurs intervenants ont donc réagi à cette motion notamment le Mlc Delly Sessanga qui, arguments juridiques à l’appui, a démontré, selon lui, l’inopportunité de la constitution d’un bureau provisoire ou d’une commission temporaire puisque le bureau définitif est totalement investi du pouvoir d’assurer les affaires courantes dont celle relative au déroulement des élections des membres du bureau. Prenant son contre-pied ou privilégiant la solution du juste milieu prôné par l’honorable Tshibangu Kalala, les membres de l’Amp ne se sont pas écartés de leur logique, tenant mordicus à voir les opérations de vote des membres du bureau se dérouler de manière transparente sans suspicions qui existeraient forcément si le bureau actuel présidait ces opérations. Face donc à ce blocage, l’honorable Boris Mbuku a eu l’ingénieuse inspiration de proposer la suspension des travaux pour 48 heures, le temps de permettre aux présidents des groupes parlementaires d’examiner la question.
C’est cette proposition qui a été retenue et qui a permis de trancher provisoirement la question. Mais qu’à cela ne tienne, les participants à la plénière d’hier jeudi 2 avril 2009 ont senti le fossé qui sépare encore le président démissionnaire de l’Assemblée nationale et sa famille politique. Des nombreuses zones d’ombre subsistent encore de telle sorte que la confiance semble être un lointain souvenir. Vital Kamerhe lui-même ne facilite pas les choses puisqu’il ne laisse passer aucune occasion pour jeter de l’huile au feu appuyé en cela par l’opposition qui y voit là une occasion rêvée de faire vaciller la majorité en exploitant à fond ses contradictions. Celles-ci ne profitent, et ne profiteront, à personne même si les observateurs regrettent le fait que chaque camp persiste sur ses positions. Dans ce jeu de jusqu’auboutisme, Vital Kamerhe risque gros car, même s’il croit entretenir apparemment très bien son réseau des députés de l’opposition comme de la majorité ; en politique, le rapport de forces est un élément fondamental dans le choix à opérer.
Z.M.
 

 




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