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Baisse sensible du taux du dollar
Plus de spéculation que de vérité
Le
long week-end commencé le soir du jeudi 30 avril 2009
jusqu’au dimanche 03 mai, a été un calvaire pour les
Kinois qui ne savaient pas à quel saint se vouer sur le
marché de change. Le franc congolais s’est brusquement
apprécié partant de 850 francs le dollar Us à 700
francs, 720 ou 740 francs le dollar selon le cambiste.
Cette baisse brutale du taux du dollar Us à l’achat ne
se conforme pas malheureusement avec son taux à la
vente. Pour acquérir le dollar Us, il faut débourser
820, ou tout au moins 800 Fc selon le marché ; et la
carte prépayée de la valeur d’un dollar continue à se
vendre à 850 francs, voire 900 francs selon le marché.
Ce qui signifie que la baisse brutale du taux du dollar
Us à l’achat sur le marché dénote de la pure
spéculation. Les cambistes de rue ont expressément créé
la panique sur le marché pour se taper à vil prix les
dollars Us auprès de ceux qui ont recherché les francs
congolais en ce week-end. Selon des informations prises
à la Banque centrale et diffusées, samedi soir par la
Rtnc, le taux officiel du dollar Us à cette date était
de 810 francs congolais, contre 850 francs en début de
semaine passée.
Cette baisse du taux officiel de change était due à
l’achat par les banques commerciales, le lundi 27 avril,
de onze millions de dollars Us sur les 15 proposés par
la Banque centrale, lors de la deuxième opération de la
vente de devises initiées par l’institut d’émission.
A la première séance lancée deux semaines avant, seuls
près de cinq millions de dollars Us avaient été achetés
par les banques commerciales sur les 10 millions de
dollars Us représentant l’offre de la Banque centrale.
Ces opérations d’adjudication initiées par la banque
centrale ont pour objectif de retirer le surliquidité
sur le marché des francs congolais, à la base de la
pression sur le taux de changes.
On se rappelle que le franc congolais s’est déprécié sur
le marché de change depuis le début de l’année à une
vitesse considérable dépassant largement le taux
budgétaire retenu qui est de l’ordre de 585 francs
congolais le dollar Us. A la suite de la crise des
devises à la banque centrale suite à la chute des cours
de nos principaux minerais, la Banque centrale avait du
mal à faire face à la demande des devises. Maintenant
qu’elle réussit à disponibiliser des devises, les
banques commerciales n’arrivent pas encore à atteindre
la capacité requise de leur consommation. Pour les
opérations du lundi 27 avril dernier par exemple,
Rawbank a consommé 3.400.000 Usd, Bic 3.000.000 Usd,
Bcdc 2.900.000 Usd, Ecobank 1.100.000 Usd, City Bank
700.000 Usd, Biac 350.000 Usd et Tmb 300.000 Usd.
Certaines autres banques telles que Procrédit, le tout
nouveau Fribank, Stambic Bank et Procrédit n’ont pas
souscrit.
La Banque centrale qui a lancé l’opération à raison de
deux fois le mois, espère ramener le taux de change à un
niveau acceptable sans précipitation.
TL
Le Franc congolais reprend du poil de
la bête
La semaine dernière s’est achevée sur une
note de véritable cafouillage sur le marché des
monnaies, singulièrement dans la ville de Kinshasa. Il
était en effet difficile de connaître avec exactitude le
taux de parité entre la devise nationale et le dollar
américain, monnaie étalon pour le marché congolais. De
840 à 850 Fc l’unité en début de semaine, la devise
américaine s’est échangée, le samedi, contre 750 Fc sur
les places fortes de la capitale. Alors qu’à travers la
cité, le taux variait entre 700 Fc et 720 Fc le dollar
américain ; d’aucuns avaient même affiché 690 Fc contre
l’unité de la monnaie américaine. Comme il est de
coutume, en pareille circonstance, des opportunistes en
profitent pour se forger une petite fortune indue sur le
dos de la masse ; ainsi des cambistes refusaient
d’afficher le taux de change. Tout se négociait à la
tête du client, en fonction certes de la force de
marchandage d’un chacun.
Il est indéniable que la reprise actuelle du Franc
congolais est la résultante de la politique appliquée
par la Banque centrale consistant en des interventions
sur le marché des monnaies. La première intervention,
traduite par l’injection de 20 millions de dollars
américains en deux tranches. Réalisée fin mars,
l’opération a produit un effet limitée, le dollar ayant
chuté de 850 Fc à 835 Fc. Cependant l’intervention de la
semaine passée a provoqué une chute de 16 % du dollar
américain face au Franc congolais. Rendez-vous est donc
pris pour la deuxième quinzaine du mois de mai si la
Banque nationale respecte le calendrier affiché. Bien
avant et en l’occasion, le Franc congolais s’appréciera
davantage, d’autant que le gouvernement aussi s’est
impliqué dans l’opération en réduisant ses dépenses au
strict minimum. C’est d’ailleurs la condition pour
donner de la chance à l’action de l’autorité monétaire.
Toute fois on ne doit pas méconnaître l’effet de la
réussite de l’offensive de charme menée par la
délégation gouvernementale auprès de la Banque mondiale
et du Fmi et qui s’est soldée par une ouverture de
crédit en faveur du pays. Les opérateurs économiques, au
départ dubitatifs en raison des perspectives sombres de
l’économie nationale, ont fini par retrouver confiance
dans le quitus des bailleurs de fonds au gouvernement
congolais. En conséquence, ils ont rompu avec la
thésaurisation et le recours excessif aux cambistes
prompts à la spéculation sur le taux de change. Selon
des sources crédibles, la Banque nationale est
déterminée à poursuivre l’opération jusqu’à son terme.
L’objectif étant de retire du circuit une somme
d’environ 60 milliards de francs congolais qui servent
de matelas à la spéculation sur le marché de change.
Déjà, l’autorité monétaire se targue d’avoir capturé un
peu plus de 20 milliards depuis le début de l’opération.
Evidemment, les yeux de tous sont tournés vers
l’autorité gouvernementale. On se pose clairement la
question de savoir si le pouvoir exécutif sera à même de
poursuivre la cure de dépenses limitées aux recettes
récoltées. Sans cet effort de sacrifice, précise-t-on,
les prétentions de la Banque centrale vont s’écrouler
comme un château des cartes. Bien plus, l’on invite le
gouvernement à encourager et à mieux gérer les
exportations du pays afin de consolider le matelas en
devises étrangères de la Rdc. L’on se réjouit déjà de la
timide embellie des cours des métaux précieux sur le
marché mondial ; le cas notamment des cours du cuivre
dont l’effet immédiat sera le retour en vogue des
opérateurs extérieurs dans ce secteur.
En attendant, la population demeure aux abois car les
prix sur le marché des biens de consommation courante
n’ont pas encore changé et gardent leurs affiches. De
tradition, les commerçants ne se hâtent pas à revoir à
la baisse les prix indexés sur le dollar américain,
quand bien même celui-ci connaît une décote sur le
marché de change. Ils prétextent toujours la fragilité
de la situation pour justifier leur attentisme. Au
regard des principaux indicateurs cependant, l’on espère
que la décote du dollar va se poursuivre, et le pouvoir
exécutif pourra, dans les prochains jours, revoir à la
baisse certains prix dont ceux des produits pétroliers.
Partant, les prix du transport en commun et ceux des
produits vivriers cultivés loin de Kinshasa connaîtront
la même spirale à la baisse.
James Momba
Transformation et dissolution des
entreprises publiques
Voici comment le sort des travailleurs est pris en
compte
Aboutissement d’une série de réflexions et de la
mise en application des quatre lois votées par le
Parlement (Sénat, Assemblée nationale) et promulguées
par le président de la République en juillet 2008, la
réforme des entreprises publiques a atteint sa vitesse
de croisière avec la publication, mardi 27 avril
dernier, de cinq décrets du Premier ministre. Cette
réforme touche essentiellement les statuts des
entreprises publiques dont certaines sont transformées
en sociétés commerciales, d’autres en établissements
publics, services publics ; d’autres sont tout
simplement dissoutes et mise en liquidation. Les
répercussions sociales de ces mesures n’ont pas été
négligées par le gouvernement qui a prévu « le maintien
en service du personnel salarié des entreprises
publiques transformées » et « la possibilité pour l’Etat
de transférer, dans les entreprises existantes ou à
créer, le personnel des entreprises dont l’option de
dissolution a été levée », sans oublier « la
constitution d’un fonds spécial pour régler tous les
problèmes sociaux pouvant résulter d’un désengagement
éventuel de I’Etat ». Tel que ressorti dans ce
communiqué de presse du cabinet du Premier ministre, le
sort des travailleurs de ces entreprises est pris en
compte par le gouvernement.
Communiqué de presse
Au cours du mois de juillet de l’année
passée, le Parlement (l’Assemblée nationale et le Sénat)
a voté quatre lois qui fixent le nouveau cadre juridique
des entreprises du Portefeuille.
Ces lois ont été promulguées le 07 juillet 2008 par Son
Excellence Monsieur le Président de la République.
En exécution de ces lois, Son Excellence Monsieur le
Premier ministre vient de signer cinq décrets dont :
l Le décret portant mesures transitoires relatives à la
transformation des entreprises publiques ;
l Le décret établissant la liste des entreprises
publiques transformées en sociétés commerciales,
établissements publics et services publics ;
l Le décret portant dissolution et liquidation de
quelques entreprises publiques.
Il est à noter que les principes majeurs contenus dans
ces différents décrets sont :
1) La détention et le contrôle du capital social par l’Etat,
qui reste le seul propriétaire des entreprises publiques
transformées en sociétés commerciales ou en
établissements publics ;
2) Le maintien en service du personnel salarié des
entreprises publiques transformées ;
3) La possibilité pour l’Etat de transférer, dans les
entreprises existantes ou à créer, le personnel des
entreprises dont l’option de dissolution a été levée ;
4) La constitution d’un fonds spécial pour régler tous
les problèmes sociaux pouvant résulter d’un
désengagement éventuel de I’Etat ;
5) Les mandataires de celles des entreprises publiques
qui sont transformées en sociétés commerciales ou en
établissements publics, demeurent en place jusqu’à leur
remplacement éventuel;
6) Pour les entreprises publiques devenues services
publics, des textes réglementaires seront pris pour
déterminer leur nouveau cadre organique et le statut de
leur personnel dans le respect du principe des droits et
avantages acquis.
Il convient de préciser que la classification actuelle
des entreprises, telle qu’arrêtée dans le décret
établissant la liste des entreprises publiques
transformées, n’est point définitive.
En effet, à la faveur des mesures qui seront prises pour
accroître et stabiliser leur niveau d’activités,
quelques entreprises publiques transformées aujourd’hui
en établissements publics, pourront parallèlement donner
naissance pour leurs activités marchandes et après une
période de transition, à des sociétés commerciales. Tel
pourraît être le cas de :
a) L’Office Congolais de Contrôle «OCC » : ses activités
de laboratoire d’analyses peuvent donner lieu à la
création d’une société commerciale qui, comme les
laboratoires privés, effectuera ses prestations contre
rémunération ;
b) Le Fonds de Promotion de l’Industrie «FPI » : en tant
que institution financière octroyant des crédits à des
tiers, il peut, après une période de stabilisation,
fonctionner comme une société commerciale ;
c) L’Office National du Café «ONC» ;
d) Le City-train.
Ainsi donc, les activités marchandes de ces entreprises
peuvent, à l’avenir, constituer l’objet social des
nouvelles sociétés commerciales, après un laps de temps
nécessaire pour leur restructuration et leur adaptation
aux règles du marché sans subvention de l’Etat ni
parafiscalité.
De même, il est prévu que les activités de régulation
assumées par certaines entreprises publiques, devenues
sociétés commerciales puissent entraîner la création des
établissements publics pour la prise en charge desdites
activités. Cela pourra être le cas de COHYDRO, SNEL et
REGIDESO, dont les activités à caractère régalien
peuvent donner naissance à des établissements publics
jouant le rôle d’autorités de régulation en la matière.
Par ailleurs, les contrats de gestion en cours, en vue
de la stabilisation de certaines entreprises publiques,
devront être réadaptés pour tenir compte de nouvelles
dispositions des lois et des décrets susvisés.
Il y a lieu de signaler que le désengagement de l’Etat
ne consiste pas uniquement en une cession totale ou
partielle de ses actions ou parts sociales ou en une
cession des actifs, mais il peut aussi aboutir à une
renonciation à la souscription d’une augmentation du
capital social, à une concession de service public ou à
un transfert de gestion aux tiers.
Dans ce cadre, en perspective des décisions de
désengagement de l’Etat, il sera mis fin à toutes les
situations de monopole d’Etat pour des raisons
d’efficacité. Ces mêmes raisons vont justifier le
redimensionnement sectoriel et/ou géographique des
entreprises transformées.
En fait, le désengagement sera réalisé progressivement,
et ce après un examen au cas par cas, de la situation
des entreprises du portefeuille concernées. Ce processus
sera mené en association avec les syndicats du personnel
desdites entreprises, dans la perspective de
l’élaboration des plans sociaux visant la sécurisation
des emplois et avantages sociaux de travailleurs.
Pour I’instant, la signature des décrets précités vise
essentiellement la mise en place des mesures
transitoires afin de permettre à l’Etat, unique
propriétaire des entreprises publiques transformées en
sociétés commerciales ou en établissements publics,
d’entamer notamment le processus qui doit conduire à
faire de ces entités des véritables vecteurs de
développement. Ce processus qui s’exécutera dans la
transparence, comportera les étapes suivantes :
- Confection des statuts des entreprises publiques
transformées ;
- Evaluation de leur patrimoine avec triple
certification : celle des commissaires aux comptes, des
auditeurs externes et des experts indépendants ;
- Mise en place des programmes d’extension des activités
desdites entreprises, de leur redimensionnement et/ou de
l’expansion de leur production, et évaluation des coûts
des opérations d’extension ou d’expansion;
- Elaboration des cahiers de charges avec le concours de
tous les partenaires sociaux ;
- Appels d’offres internationales ;
- Dépôt des soumissions ;
- Désengagement après le choix de la soumission la plus
avantageuse.
La finalité de ce processus est de garantir le bien-être
de la population congolaise, qui, jusqu’à ce jour, n’a
pas joui des fruits de la gestion des entreprises
publiques dans leur ancienne configuration.
Fait à Kinshasa,
le 27 avril 2009
Le Cabinet du Premier
Ministre
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