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Ca sent le roussi à l’Assemblée nationale
12 députés «corrompus» à la porte de la prison
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La levée des immunités parlementaires pèse sur la tête
des élus du peuple concernés dont le sort est lié aux
conclusions du Parquet général
Les carottes sont décidément cuites pour les douze députés
nationaux accusés d’avoir trempé dans l’affaire de
corruption à la Direction Générale des Impôts (Dgi).
Réunie mardi le 30 décembre 2008, la plénière de
l’Assemblée nationale a décidé, après avoir entendu le
directeur général de cette régie financière, Claude
Kalubi qui est l’objet d’une mesure préventive de
suspension prise par le ministre des Finances, Athanase
Matenda, de les déférer devant la justice.
L’examen du rapport du comité des sages de la chambre basse
relatif à l’élaboration des prévisions des recettes de
la Direction Générale des Impôts au budget 2009 a abouti
-comme il fallait s’y attendre- à cette grave décision.
Cependant la plénière n’a pas pu franchir le Rubicon en
autorisant la levée des immunités parlementaires des
députés incriminés. Ce n’était sans doute que partie
remise d’autant plus que la procédure prévoit
l’ouverture d’instruction à leur charge.
Le procureur général de la République qui a déjà saisi le bureau de
l’Assemblée nationale à propos de ces 12 députés, entend
mener de sérieuses investigations sur la perception de
la somme de 25.000 usd répartis entre ces députés
membres du « sous-groupe Dgi »- proposée par
cette même régie dans le but de minorer les recettes
fiscales additionnelles de 46, 6 milliards de Francs
congolais à 11 milliards de Fc pour l’exercice 2009.
Cependant tel qu’évolue cette affaire, on tend vers l’enclenchement
de cette procédure. C’est inévitable, a révélé à Okapi
le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
Pour lui, cette décision ne pourrait être entérinée que
par la plénière suivant les dispositions afférentes en
la matière.
35 milliards des FC s’envolent en fumée
Au stade actuel, la question qui demeure est celle de savoir si les
députés dans leur ensemble pourraient lâcher leurs
collègues accusés de corruption. Au sommet de l’Etat, on
apprend de source fiable, qu’à l’heure de la lutte
contre la corruption menée par le chef de l’Etat, Joseph
Kabila Kabange, c’est de bonne guerre que les corrompus
de tous bords soient-ils du Parlement puissent subir la
rigueur de la loi. La gravité des faits reprochés aux
douze députés est telle que ce serait injuste qu’ils
aient à cautionner pour des raisons inavouées un manque
à gagner aussi important pour le Trésor public au
moment où l’Etat a énormément besoin des recettes pour
équilibrer en dépenses le budget 2009.
Comment pourrait-on justifier un tel préjudice causé en voulant
ainsi rabaisser les recettes de cette régie financière
qui, sous d’autres cieux, donnent l’’essentiel des
recettes de l’Etat. Faisant preuve de sabotage des
intérêts vitaux de la nation et des efforts du
gouvernement, les douze parlementaires concernés ont
malheureusement touché sous la table les sommes leur
proposées dans le but de réduire les recettes
additionnelles de 46,6 milliards jusqu’à 11 milliards de
Fc. Cette minoration est, dès lors, de 35 milliards de
Fc. On croit savoir de source indépendante que le
reliquat devrait être réparti entre les gestionnaires de
cette régie financière et les députés pointés du doigt.
Attitude peu recommandable pour des personnes censées
être appelées Honorables et servir d’exemple.
Dans sa justification à la commission économico-financière, le
président du « sous-groupe Dgi » aurait reconnu qu’il y
a eu effectivement une enveloppe perçue d’une valeur de
25.000 usd de la Dgi, à titre de collation et non pour
modifier les recettes prévisionnelles arrêtées. Lorsque
l’on se rend compte que le bureau de l’Assemblée
nationale avait alloué-comme d’habitude- d’importantes
primes aux députés, pas seulement du sous-groupe, mais
aussi de toute la commission économico-financière, pour
accomplir cette tache- ils en avaient même fait une
obligation avant de commencer l’examen du projet de
budget-, on n’arrive pas à s’expliquer cette boulimie à
l’argent facile au détriment des intérêts nationaux. Et
si le député Bulambo Kilosho qui a eu le courage dé
dénoncer dans une lettre ce scandale avait gardé sa
langue en poche, le pot aux roses ne serait sans doute
pas découvert. Heureusement qu’il y a, dans le cas
d’espèce, l’exception qui confirme particulièrement, la
règle. Aux députés de jouer la partie de la
transparence.
NMN
Les «12 députés» incriminés
1.BARIHIMA Jean Bosco, FR ;
2.MUGIRANEZA Jules, FR ; (1500 Usd)
3. PASI ZAPAMBA Jean Pierre, GPI ; ( 1500 Usd)
4. MAMBU MBUMI,PPRD ; (1000 Usd)
5.MPUNGWE MUITSHIKA, GPP (1000 Usd)
6.KAMBALE KALIMUMBALO, CDF ; (1000 Usd) ;
7. BUUNDA BAROKI, PPRD ; (2500 Usd)
8.MODUA MOLENGOMO, PPRD ; (2500 Usd)
9. NTUMBA Willy, FR ; (2OOO Usd)
10. MUKEBA TSHIKALA, PDD; (1000 Usd)
11. KASHIDI ASSUMANI, PPRD; (1000Usd)
12. LISANGA BONGANGA, ODR (2000Usd) |