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Lettre du Dircab du Chef de l’Etat
Le Mlc demande à Muzito de démissionner
La
nouvelle fait l’effet d’un petit séisme à la Primature
comme dans l’ensemble de l’espace politique congolais.
En effet, ce qui n’était que simples murmures, puisque
invérifiables, est désormais une certitude depuis que la
lettre du Directeur de cabinet du chef de l’Etat circule
sous les manches des initiés de la politique congolaise,
à commencer par les députés nationaux.
Si la très controversée Ghislaine Dupont, la
malencontreuse spécialiste « Congo Rd » d’une radio
périphérique n’était pas en mesure de confirmer
l’existence de cette lettre dans son intervention du
mercredi dernier sur les antennes de sa radio, il n’y a
plus ombre d’un seul doute, après la motion lue hier à
la tribune de l’Assemblée nationale par le député
Jean-Lucien Bussa du Mlc, quant à la matérialité de
cette lettre.
Selon le député national Bussa, il existe une
correspondance de la présidence de la République
adressée au Premier ministre Adolphe Muzito, par
laquelle le premier fait savoir au second de
l’obligation qui lui incombe désormais de faire avaliser
à la présidence de la République toutes dépenses
dépassant une certaine hauteur. En d’autres termes,
Adolphe Muzito n’est plus autorisé à actionner à sa
guise le compte de l’Etat. Il doit désormais se référer
aux services du numéro un de l’Etat.
Interprétant cette démarche du cabinet du chef de l’Etat
comme un désaveu du Premier ministre par le Président de
la République, le député du Mlc demande à Adolphe Muzito
de démissionner de ses fonctions puisqu’on lui a retiré
la substance même de son pouvoir. Comment peut-il se
prévaloir de sa qualité du chef de l’exécutif national
s’il n’est pas en mesure d’exercer son autorité dans
toute sa plénitude ? En effet, en vertu de l’article 90
de la Constitution, la politique de la nation est fixée
en concertation avec le Président de la République,
certes, mais c’est le Premier ministre qui la met en
œuvre. Or, il lui sera difficile de la mettre en œuvre
s’il ne maîtrise pas totalement les arcades de l’Etat.
Le Président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab,
n’a pas manqué de souligner la pertinence de l’analyse
de Jean-Lucien Bussa. Toutefois, restant dans la
légalité qui prône la séparation des pouvoirs au sein de
l’Etat, Boshab a fait remarquer à Bussa Jean-Lucien que
si problème il y a, cela ne concerne pas le pouvoir
législatif. L’Assemblée nationale est donc incompétence
pour demander la démission d’un membre du Gouvernement
suite à une affaire qui concerne exclusivement le
Gouvernement. C’est cette position qui a été suivie par
la plénière qui n’a pas réservé de suite à cette demande
par pragmatisme.
Mais au-delà de toute considération juridique, force est
de constater que sur le plan politique, les députés
nationaux ont toutes les raisons de s’inquiéter de
l’avenir d’Adolphe Muzito à la tête du Gouvernement. Si
nous n’étions pas au mois de juin, il est sûr que cette
lettre aurait moins inquiété qu’aujourd’hui. En effet,
cette lettre tombe au moment où le microcosme politique
congolais attend avec impatience le remaniement du
Gouvernement annoncé par le chef de l’Etat lui-même dans
ses différentes interviews accordées à la presse
internationale. Kabila a parlé du mois de juin comme
date du remaniement, et c’est ce qui inquiète. En outre,
les élus nationaux ont en mémoire le coup de colère du
chef de l’Etat contre son entourage où il ne compte pas
plus de quinze personnes, pas même cinq, a-t-il encore
dit, déterminées à l’aider dans l’accomplissement de sa
tâche. Adolphe Muzito peut se sentir concerné par cette
double annonce de coup de balais sévère qui se prépare
même s’il ne fait pas partie de ce que l’on peut appeler
entourage du Rais.
Le mauvais état de l’économie du pays doublé de la
lenteur dans l’exécution de tous les programmes du
Gouvernement sont autant d’indicateurs qui poussent
certains politiques à interpréter cette lettre comme un
désaveu du Premier ministre qui n’aurait pas accompli
les missions qui lui ont été fixées à sa prise des
fonctions. En cela, Muzito a des soucis à se faire
d’autant plus qu’il lui est reproché d’avoir engagé à la
Primature un personnel historiquement pléthorique qui
fait de lui l’homme politique congolais le plus entouré
de l’histoire. Ayant une ‘’cour’’ mieux garnie que celle
du chef de l’Etat, Muzito aurait commis le plus grand
crime de son mandat.
En définitive, Jean-Lucien Bussa n’a pas tort d’éveiller
l’attention de Muzito même si ce dernier n’a jamais eu
l’intention de démissionner. il n’est pas mieux loti que
ses ministres qui s’attendent à un chambardement dans
les jours voire les heures à venir. La lettre du
Directeur de cabinet est dans ce cas, l’acte qui annonce
la fin pour Muzito.
La République
Les Nouvelles plaques d’immatriculation des véhicules
posent problèmes
La
Direction générale des impôts a mis en circulation
depuis bientôt deux mois, des nouvelles plaques
d’immatriculation pour véhicules automobiles et pour les
motos. L’opinion n’a pas relevé très vite la nette
différence qui caractérise ces nouvelles plaques avec
les anciennes. En effet, sans être expert, on en vient à
la conclusion que la Dgi s’est mis au diapason des
autres pays en fournissant aux automobilistes congolais
des plaques personnalisées, facilement localisées et
accompagnées d’une vignette de sécurité à placer sur le
pare-brise comme « troisième plaque ».
Tout le monde, malheureusement, ne partage pas le même
optimisme. Si le commun des mortels n’y voit qu’un
exploit, les automobilistes et les politiques ont un
autre entendement de la question. Les premiers déplorent
les charges financières supplémentaires qui leur sont
imposées, puisqu’ils sont appelés à changer constamment
de plaques d’immatriculation à la mise en place d’un
nouveau système. Les nouvelles plaques d’immatriculation
sont, en effet, délivrées moyennant le paiement d’une
somme de 100 dollars américains tandis que la somme de
60 dollars américains est déboursée pour le changement
de plaques. Ces sommes ne sont pas négligeables dans les
circonstances actuelles de crise financière
internationale.
Pour les politiques, au contraire, l’opération de
renouvellement des plaques d’immatriculation pose
beaucoup de problèmes allant de la diminution des
ressources de l’Etat au respect des lois et règlements
en vigueur en Rdc. En effet, l’un d’entre eux, en la
personne du député national Mukonkole Martin a posé le
problème à la plénière de l’Assemblée nationale d’hier
jeudi 4 juin 2009. Pour ce député national, l’opération
de changement de plaques d’immatriculation n’est rien
d’autres que la mise en œuvre de l’Accord conclu le 4
mars 2006, entre la Rdc, à travers le ministère des
Finances via la Dgi, et la firme allemande Utsch Movers.
Concrètement, ces plaques sont livrées à la Dgi par
cette firme qui va jouir, pendant dix ans, du monopole
de la fabrication de ces plaques. La société allemande
va également bénéficier de l’exonération dans
l’importation des intrants servant à la fabrication de
ces plaques et des cartes roses. Quant à la
rémunération, la firme allemande bénéficiera, par
exemple, selon la circulaire du ministre des Finances,
de 65 dollars sur les 100 dollars à payer par le
contribuable pour acquérir une nouvelle plaque. Le
Trésor public n’aura que 35 dollars. Sur l’ensemble des
opérations d’acquisition, de changement et de mutation
des plaques d’immatriculation, Utsch Movers va engranger
103 dollars sur les 180 dollars attendus.
L’élu national a relevé le caractère inégalitaire et
déséquilibré de cette clé de répartition des recettes et
démontré que cet Accord ne comporte aucun avantage pour
l’Etat. Aussi, a-t-il souhaité que ce dossier soit
transféré à la commission Ecofin de la chambre basse du
Parlement qui devra en étudier les implications
financières sur le budget national. Il a également
souhaité la surséance de cet Accord dans la mesure où il
comporte des clauses nuisibles à l’Etat.
La plénière a préféré que le ministre des Finances
vienne en personne répondre de ces accusations au lieu
que le dossier aille à l’Ecofin. Ainsi, Athanase Matenda
viendra répondre à la question orale avec débat en
rapport avec cette opération. Il viendra donner un autre
son de cloche en cette période où le Gouvernement est
attaqué sur ces choix de confier à des privés
l’exploitation des secteurs qui relèvent de la
souveraineté de l’Etat comme l’impôt réel.
Charles Mukonkole
Est du pays
Les civils congolais victimes des exactions des forces
en présence sur le terrain
La
situation humanitaire demeure préoccupante dans les
provinces du Nord et Sud Kivu ainsi que dans la Province
Orientale. L’insécurité installée dans les territoires
de Kalehe et de Shabunda dans le Nord Kivu s’est
étendue aux territoires de Kabare et Walungu, dans la
région à la lisière du parc national de Kahuzi-Biega, a
informé le bureau de coordination des affaires
humanitaires des Nations unies, Ocha, le mercredi 03
juin 2009.
Face à cette situation, cette source précise que huit
cents milles personnes, dont trois cent cinquante dans
le Nord Kivu et quatre cents cinquante milles dans le
Sud Kivu, ont été forcées de se déplacer depuis le début
de cette année 2009. A en croire Ocha, ces déplacements
sont dus principalement aux opérations contre les Forces
démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) et aux
attaques de ces derniers contre les populations au Nord
Kivu. Tandis qu’au Sud Kivu, ces déplacements sont la
conséquence des attaques et des exactions des Fdlr,
ainsi que des abus d’éléments des Forces armées de la
République démocratique du Congo (Fardc), précise Ocha.
Quand bien même leurs incursions ont baissé d’intensité,
les combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (Lra)
continuent de tuer et de piller les populations
congolaises dans le district de Haut Uélé dans la
Province Orientale.
Dans cette vague d’insécurité, plusieurs attaques
attribuées aux Fdlr ont été menées contre plusieurs
ouvrages dans le territoire de Mwenga dans la nuit du
31 mai au 1er juin
2009. Dans ces attaques, quatre ponts ont été détruits
sur la route Bukavu-Mwenga, le centre de santé de Sungwe,
situé à 5 km de Mwenga a été pillé ainsi que plusieurs
habitations. Cette situation perturbe les activités du
territoire a tel point qu’une mission de l’inspection
provinciale de la santé qui devait se rendre dans la
zone pour vacciner des enfants a été annulée. Selon les
autorités locales de Shabunda, les Fdlr ont pris en
otage les habitants de Luyuyu, Katusi et Lubila dans le
groupement de Baliga, au Nord Est de la ville depuis le
début du mois de mai. En plus, ces Fdlr profèrent des
menaces de mort contre ceux qui tenteraient de se
déplacer.
Ocha indique également que la confusion entre les
troupes régulières de la dixième région militaire et
celles relevant de l’opération Kimia II ne facilite pas
le plaidoyer des humanitaires auprès de la hiérarchie
des Fardc. Les uns et les autres se rejettent la
responsabilité des exactions contre les populations. Il
en est de même dans le Nord Kivu où l’insécurité
grandissante est devenu un obstacle majeur pour l’action
humanitaire en faveur des populations congolaises. La
ville de Goma a connu une nouvelle attaque très violente
au domicile du personnel d’une Ong internationale.
L’incident est le quatrième du genre depuis le début de
cette année et témoigne du contexte sécuritaire
précaire dans lequel évoluent aussi bien les populations
autochtones que les travailleurs humanitaires, ce qui
constitue également une entrave à l’action humanitaire.
Dans cette vague d’insécurité et de violence, les civils
congolais demeurent les premières victimes des exactions
des forces en présence sur le terrain.
Campagne Kimia II en oeuvre
Dans le cadre de la campagne Kimia II, une opération
conjointe Fardc-Monuc a eu lieu le 28 mai dernier dans
le territoire de Lubero. Cette opération visait une zone
de regroupement des Fdlr identifié à Mashuta à 28 km, à
l’Ouest de Kanyabanyonga, a indiqué le porte parole de
la Monuc, Mounoubai Madnodje. Il a tenu a préciser que
Kimia II n’est pas une opération mais une campagne qui
englobe aussi bien le Nord que le Sud Kivu. En tant que
telle, cette campagne s’inscrit dans le temps et dans
l’espace et comprendra plusieurs opérations, dont celle
de Mashuta en est un exemple. Les différentes opérations
qui auront lieu dans les prochains jours continueront à
faire l’objet d’une planification commune entre les
Forces armées de la Rdc et la Mission onusienne, a-t-il
noté.
Le retour d’une paix durable en Rdc et dans la région
des grands lacs préoccupent à la fois les congolais que
des expatriés qui travaillent au Congo. C’est dans ce
cadre que le représentant spécial du secrétaire général
des Nations unies au Congo, Alan Doss a quitté Kinshasa,
le mercredi 03 juin pour un voyage de travail qui le
conduira successivement à Bujumbura au Burundi, à
Bukavu, à Shabunda et à Goma. A Bujumbura, Alan Doss a
tenu une conférence sur « La région des grands lacs :
au-delà des réponses d’urgence ». A Bukavu, il prendra
part à une réunion interne qui passera en revue les
aspects militaires et de protection de Kimia II. A
Shabunda, en compagnie du ministre de la défense, M.
Doss présidera une réunion sur l’évaluation de Kimia II
au Sud Kivu. En compagnie de la délégation
gouvernementale, le patron de la Monuc se rendra enfin à
Goma pour la même réunion au Nord Kivu avant de rentrer
à Kinshasa le dimanche 7 juin.
Marthe Bosuandole
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