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Pris la main dans le sac
Deux espions rwandais aux arrêts en Rdc
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Des inquiétudes suscitées par la découverte d’un
réseau d’espionnage rwandais au Sud-Kivu au moment où
les deux pays s’emploient à échanger des ambassadeurs
De
source digne de foi, on annonce l’arrestation mardi
dernier à Butuza, dans le territoire de Walungu, au
Sud-Kivu de deux rwandais accusés d’espionnage et
découverts grâce à la vigilance de la population civile.
Porteurs des passeports délivrés par le Rwanda, les deux
prévenus revenaient des hauts plateaux de Burinyi après
une visite effectuée aux éléments des Fdlr présents dans
cette partie du territoire lorsqu’ils ont été
accueillis. Sitôt appréhendés, ils furent acheminés au
poste de commandement des Fardc au chef-lieu du
territoire situé à quarante-cinq kilomètres à l’Ouest de
Bukavu où ils sont gardés. Au terme de l’interrogatoire,
il ressort qu’il s’agit bel et bien d’un ancien
combattant des Fdlr et d’un civil rwandais tous venus du
Rwanda. On renseigne que ces deux « James Bond » venus
de l’autre côté de la frontière doivent être mis à la
disposition du commandement de la 10ème région
militaire.
Cette ténébreuse affaire d’espions rwandais survenant
curieusement à une période où Kinshasa et Kigali aient
décidé du renforcement de leurs relations bilatérales
après le spectaculaire dégel dans les rapports jadis
tendus entre les deux capitales et la relance de la
Communauté des pays des Grands Lacs (Cepgl) intrigue les
observateurs avertis. On ne s’explique nullement le fait
qu’en même temps que les deux pays s’accordent à renouer
des relations au niveau des ambassadeurs et à les
réchauffer qu’ils se donnent encore des coups fourrés
dans l’ombre. On s’interroge, dès lors, des mobiles
plausibles qui justifient cette opération dont, au stade
actuel, on ne connait ni les tenants ni les
aboutissants. Selon les premières indications, Il est
clairement précisé que les deux espions revenaient des
lieux où se trouvent les rebelles rwandais. Dans quel
but s’y étaient-ils rendus ? Combien de temps y ont-ils
séjourné ? Ces agents de liaison opéraient pour le
compte de quel commanditaire et de quels services ?
Répondre à toutes ces questions, c’est résoudre
l’énigme.
Dans tous les cas, cette découverte des agents au
service du Rwanda sur le territoire congolais fait
croire que le « contentieux » congolo-rwandais n’a
réellement pas encore été vidé, des agendas cachés
demeurent quand bien même, la politique marche de pair
avec les renseignements dans les relations inter-états.
Un observateur note qu’à chaque fois que la situation
avance dans le sens de raffermissement des liens, on
constate malheureusement qu’un volte-face inopportun
apparait au grand jour.
Le drame du Kivu qui est au centre des préoccupations
des gouvernants congolais retardant même les efforts de
la reconstruction et du développement de cette partie du
pays reste une équation à plusieurs inconnues. Cela a
sans doute pour fondement la corrélation des faits
s’entremêlant entre la conjonction des intérêts
militaires et d’argent justifiant l’exploitation
effrénée, par les uns et les autres, de fabuleuses
richesses que recèle la Rdc. D’où la présence dans ce
chaudron de la mort, des éléments des Fdlr, des civils
rwandais et des congolais réfractaires au changement
décidés à ne pas se départir de leurs basses ambitions.
NMN
Radioscopie du Gouvernement Muzito
Un bilan terne à cause de la crise financière mondiale,
mais aussi faute d’initiative !
Le
Chef de l’Etat a déclaré toute sa déception sur la
manière de travailler de bon nombre de ses
collaborateurs à tous les niveaux dont principalement au
Gouvernement. Et le remaniement qu’il voudrait engager
dans quelques semaines, si pas quelques jours sera une
véritable restructuration du gouvernement qui sera
assise sur la bonne gouvernance. Déjà la reprise au
niveau du cabinet du président de la République du visa
engageant certaines dépenses de l’Etat est un signal
fort de la nouvelle vision de la gestion du pays. Une
gestion qu’il compte personnellement contrôler, laquelle
appliquée de 2001 à 2003 lui a attiré toute la confiance
des partenaires extérieurs avec qui la Rdc a repris la
Coopération tant bilatérale que multilatérale. C’est
pour dire la déception du président de la République de
la manière « légère » que les fonds de l’Etat et les
affaires publiques sont gérés.
Le lundi dernier, les deux têtes de l’Exécutif se sont
rencontrés et ont échangé à ce sujet. Le Gouvernement
Muzito I est sur le point de rendre le tablier pour
mauvaise gouvernance et incapacité de maximiser les
recettes de l’Etat, d’intérioriser et de mettre en œuvre
les cinq chantiers de la République dans un
environnement de crise financière mondiale.
Certes, la marge de manœuvre du Président de la
République paraît réduite au regard des contraintes des
alliances politiques signées au niveau de la majorité,
mais avec une situation générale du pays peu reluisante,
le président de la République peut user de ses
prérogatives pour réajuster la trajectoire que prend le
gouvernement. Le président de la République avait voulu
du gouvernement Muzito, un gouvernement des missions
devant s’atteler aux grandes priorités.
Ce gouvernement s’est-il réellement attelé aux urgences
et quels sont les résultats ? Pour répondre à bien à ce
questionnement, nous nous sommes intéressés à demander
l’opinion des compatriotes de Kinshasa sur le travail de
chaque membre du gouvernement. Nos enquêteurs ont
parcouru 16 communes de la ville province de Kinshasa du
18 mai au 01 juin 2009 obtenant les avis de la
population soit sur les ministres connus par leur nom,
soit sur son secteur au cas où le nom n’était pas bien
connu de certains d’entre les ministres.
Enseignants, étudiants, médecins, journalistes,
fonctionnaires, paysans, ouvriers, chômeurs habitant les
communes de la Gombe, Ngaliema, Lemba, Matete, N’djili,
Kalamu, Nsele, Mont-Ngafula, Kinshasa, Lingwala, Masina,
Kasa-Vubu, Limete, Ngaba, Kisenso et Kimbanseke, ont
donné leur avis et même côté chaque ministre membre du
gouvernement. Globalement, des avis sont défavorables
pour bien des ministres. Mais, la population regrette
aussi que ministres et Premiers ministres qui passent au
gouvernement depuis l’indépendance semblent privilégier
la politique de leur ventre que celle de la population.
Comme solution, bon nombre mettent l’accent sur un
contrôle accru de ces ministres pour barrer la route à
l’enrichissement sans cause. Car, comment expliquer que
quelqu’un, suite à son passage au gouvernement, s’en
sort toujours avec une multitude de villas construites
et de belles cylindrés dernier cri achetées, comme pour
se moquer de la population appauvrie ?
La cotation peut ne pas refléter entièrement la
prestation du ministre, mais elle vaut de la peine par
le fait qu’elle est l’expression de l’opinion. Si lors
de notre enquête réalisée sur le même sujet en octobre
2008, la côte supérieure était 7/10, du gouvernement
Muzito I, la meilleure côte est descendue à
6,5/10.
T.L.
1. Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires
étrangères. 6/10
Depuis qu’il occupe le poste, l’ancien député Thambwe
Mwamba a réchauffé les relations extérieures de notre
pays. Et c’est en cascade que l’on assiste à la reprise
des relations diplomatiques par ci, au réchauffement des
relations par-là. Et notre pays est de plus en plus
présent dans les grandes assemblées et rencontres
internationales où il s’illustrait auparavant par des
absences injustifiées.
Seulement on lui reproche de n’avoir encore rien fait
pour décanter la situation de nos diplomates en poste à
l’extérieur du pays où bon nombre vivent en clochards.
L’opinion regrette aussi le fait que le ministre des
Affaires étrangères ait mis en vente un passeport dit
biométrique qui ne serait pas encore accepté dans
certaines ambassades et à un prix exorbitant, en plus
des pourboires exigés par ses fonctionnaires dont il n’a
pas su combattre le comportement. On lui reproche aussi
l’absence de déclarations fortes face aux provocations
diverses dont le pays est victime à ses frontières.
2. Raymond Tshibanda Tunga Mulongo, ministre de la
Coopération internationale et Régionale. 6 /10
Le ministre Tshibanda est très souvent vu aux côtés des
anciens rebelles du Cndp et des groupes armés avec qui
il a signé des accords de paix au profit du
gouvernement. Si l’opinion lui est reconnaissante pour
cela, elle l’accuse néanmoins d’un manque de fermeté par
rapport à tous les anciens groupes armés et rebelles,
qui tout en exigeant beaucoup du Gouvernement, n’ont pas
totalement abandonné à se comporter en rebelles à l’Est
du pays. On lui reproche aussi une absence quasi-totale
à la dynamique de la Communauté économique des Etats de
l’Afrique Centrale dont le président de la République
est le président en exercice.
3. Célestin Mbuyu, ministre de l’Intérieur et
Sécurité. 5/10
L’opinion qui ne le connaît pas assez, s’en tient à
l’insécurité que le ministre Mbuyu n’arrive pas à
anéantir tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays. En
dehors de quelques points marqués dans la lutte contre
les « kuluna », tous les spectacles d’insécurité que
connaissent nos populations à l’Est du pays
principalement sont mis sur le dos du ministre ayant la
sécurité dans ses charges. Tout comme les tracasseries
policières à Kinshasa et l’anarchie qui règne dans les
postes d’entrée du pays (aéroport, Beach, port) avec la
pléthore des services et des tracasseries de tous
ordres.
4. Charles Mwando Nsimba. 5/10
Le ministre Mwando est aussi plus jugé par la
prestation de nos militaires dans les différents fronts.
L’opinion reproche au ministre l’absence de politique
claire d’encadrement des troupes et du paiement de leurs
soldes avec les conséquences que subissent les
populations civiles, principalement à l’Est du pays.
On lui reproche aussi le silence et le manque d’actions
envers ses homologues des pays qui ne cessent d’occuper
ou de menacer des portions de territoire de notre pays,
notamment l’Angola, l’Ouganda et le Burundi.
5. Antipas Mbusa Nyamwisi, ministre de la
Décentralisation et de l’Aménagement du territoire. 4/10
Bien connu du public, le ministre Mbusa est, selon une
bonne frange de l’opinion, totalement absent de son
secteur, en dehors d’un séminaire qu’il a organisé sur
la décentralisation. Or, soutient l’opinion, à la veille
du passage de 11 à 26 provinces, il devrait jouer un
rôle clé dans la sensibilisation et dans les contacts à
la base sur tout le territoire national pour évaluer et
mesurer le degré de faisabilité du découpage
territorial. Malheureusement, soutient l’opinion, le
ministre Mbusa, à travers son silence coupable, laisse
la population dans l’incertitude du lendemain, ne
sachant pas si les 26 provinces seront effectives
l’année prochaine et dans quels formats. Tout comme le
ministre Mbusa ne lui renseigne pas sur les goulots
d’étranglement qui bloquent l’applicabilité de la
retenue de 40 % au profit des provinces et l’effectivité
des lois déjà promulguées par le chef de l’Etat sur la
décentralisation.
6. Luzolo Bambi Lesa, ministre de la Justice. 6,5/10
Le ministre Luzolo est bien côté dans l’opinion où on
salue la justice de proximité qu’il a instaurée pour
juger en urgence les cas des « kuluna ». Et le fait de
prendre les dispositions nécessaires pour les
emprisonner loin de leur ville d’opérations. On salue
aussi son courage quand il faut défendre la cause
nationale dans instances internationales de justice ; et
les efforts qu’il fournit pour assainir la justice dans
notre pays où l’indépendance de la justice et la
séparation des pouvoirs est interprétée par bon nombre
de magistrats comme une licence pour en abuser. Le point
faible de son mandat est de ne pas avoir beaucoup fait
pour remettre de l’ordre en organisant des concertations
avec les législateurs pour trouver des issues de
contrôle effectif des actes des magistrats en dehors de
leur corporation ou parallèlement à celle-ci qui est le
Conseil supérieur de la magistrature où la crainte de la
confraternité est bien réelle dans un pays où les
magistrats ont perdu toute crédibilité.
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