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Dossier corruption des députés
La bande à Lisanga dans le collimateur du PGR
En
vertu des articles 107 de la Constitution, 110 de
l’ordonnance- loi no 82- 017 du 31 mars 1982 relative à
la procédure devant la Cour suprême de justice et 98 du
code d’organisation et de compétence judiciaire, le
Procureur général de la République a saisi le Président
de l’Assemblée nationale pour pouvoir mener
l’instruction préjuridictionnelle en rapport avec le
dossier de corruption de douze députés nationaux. Datée
du 31 décembre 2008, cette lettre sollicite la mise à la
disposition de la justice des Honorables députés
nationaux Jean Bosco Barihima, Jules Mubirandeza, Pasi
Zapamba, Mbambu Mbumi Jean-Paul, Mpungwe Mwitshika,
Kambale Kalimumbalo, Buhunda Banoki, Modwa Molengomo,
Ntumba Willy, Mukemba Ntokala, Kassidy Assumani et
Lisanga Bonganga.
Conformément aux prescrits des articles 147 à 150 du
code pénal congolais livre III tel que modifiés et
complétés par la loi no 05-006 du 22 mars 2005, les
députés concernés sont poursuivis pour corruption. Etant
donné que les députés nationaux sont considérés comme
des agents publics puisque travaillant pour le compte de
l’Etat et rémunérés par celui-ci, ils tombent donc sous
le coup de l’article 147 précité.
Et dans la mesure où les conclusions de la séance
plénière du 31 décembre 2008 de l’Assemblée nationale
avait mis à la disposition de la justice les 12 députés
incriminés, on peut soutenir que la levée des immunités
parlementaires de ces députés est une question qui ne se
pose plus et que le Procureur général de la République
peut déjà lancer des convocations et ouvrir une
instruction à cet effet. Une séance plénière est tout de
même prévue aujourd’hui à la chambre basse du Parlement
pour examiner cette demande du Procureur. Mais il faut
tout de même préciser qu’à ce stade, les députés cités
dans cette affaire bénéficient de la présomption
d’innocence jusqu’à ce que leur culpabilité ait été
prouvée par un tribunal. Il faut également préciser que
le Procureur général de la République pourra, une fois
la procédure enclenchée, instruire à charge ou à
décharge. Il n’est pas dit que tous ceux qui sont cités
sont d’office coupables ; la preuve de leur culpabilité
doit être faite, principalement par le Pgr, partie
principale au pénal.
La fin de l’instruction préjuridictionnelle renseignera
sur la piste choisie par le Pgr dans sa requête aux fins
de fixation de la date d’audience. Mais dores et déjà,
il faut reconnaître que le soupçon qui pèse sur ces élus
nationaux est tellement grave qu’il faudra absolument un
procès pour soit les laver de ces accusations, soit
encore rétablir la dignité et l’honneur souillé de
l’institution Assemblée nationale. Certaines sources
renseignent que la détermination des autorités est sans
pareille pour cette fois-ci. Tout sera fait pour redorer
le blason terni de la République démocratique du Congo
et à la lutte contre la corruption. Les douze députés
seraient donc des sacrifiés à l’autel de la renaissance
du Congo. Sacrifice est le terme approprié, car si la
classe politique l’avait voulu, elle aurait étouffée
dans l’œuf cette histoire dont les échos n’auraient pas
franchis le bureau de la commission Economico-financière
de l’Assemblée nationale. C’est à un revirement
spectaculaire des mentalités auquel l’opinion congolaise
assiste. Pourvu que cela dure.
Toutefois, des révélations ne cessent de tomber quant à
l’ampleur de la corruption et à l’organisation montée
pour le partage du butin. Il semble, selon certaines
sources, que le Directeur Général de la Dgi aurait remis
la somme de 75.000$ au groupe incriminé au lieu de
50.000$ avancés. Cet argent, remis à un intermédiaire,
aurait atterri entre les mains du député Lisanga
Bonganga qui aurait ponctionné la somme de 25 000$ avant
de remettre ensuite le reste, soit 50 000$ à son
collègue Jean Bosco Barihima. Celui-ci empochera à son
tour 20 000$ avant de distribuer à ses collègues les
miettes qui restaient. C’est l’Honorable Bulambo,
mécontent de la somme de 4 000 dollars qui lui était
remis, qui va dénoncer la corruption.
Ce n’est donc pas par souci d’honnêteté que l’affaire a
été révélée. C’est par manque de transparence dans le
partage du magot de la honte que l’un des membres de la
bande, mécontent, a vendu la mèche. Il revient donc dans
ces conditions d’établir la frontière entre l’honnêteté
et la cupidité, l’envie d’avoir plus. Il serait
souhaitable d’entendre l’Honorable Bulambo pour se
convaincre de ses intentions véritables. Il appartiendra
au Pgr de dire si oui ou non ce dernier pourrait être
considéré comme un inculpé au même titre que les autres,
car l’intention coupable était bien perceptible dans son
chef. Mais cette question sera laissée à la discrétion
du magistrat instructeur. Comme on peut le constater, ce
n’est pas le journal La République qui en veut au député
Lisanga, comme l’a prétendu ce dernier à la tribune de
l’Assemblée
nationale, le 31 décembre dernier, mais bien ses actes
posés qui appellent l’attention de la justice.
ZM |