Offensive conjointe contre les Fdlr

La Rdc menacée par le guet-apens du gouvernement rwandais ?

Le succès de l’attaque conjointe des armées congolaise, ougandaise et soudanaise contre les rebelles ougandais opérant à partir du territoire de la Rdc semble faire école. En effet, le gouvernement rwandais vient de s’engager avec l’Etat congolais pour une opération similaire contre les rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr). Une première dans la mesure où le pouvoir de Kigali avait jusque-là multiplié des subterfuges pour éluder toute collaboration avec les autorités congolaises dans un dossier qui prétendument le tient à cœur. Il est indéniable que des pressions extérieures ont eu raison des tergiversations des autorités rwandaises, enchantées par la poursuite du climat de désordre dans la sous région.

Qu’à cela ne tienne, l’on doit se convaincre aujourd’hui du cheminement du conflit de l’Est vers son terme, avec la victoire espérée sur les rebelles rwandais ayant servi de prétexte à Paul Kagame pour entretenir les troubles en Rdc, en forgeant des mouvements rebelles de paille. Depuis 1998, on le sait, la Rdc a maille à faire avec des rebellions aux revendications floues matérialisées dans le Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd) puis actuellement dans le Congrès national pour la défense du peuple (tutsi indiscutablement) (Cndp). Kigali est reconnu également maître du groupe armé Front des patriotes intégrationnistes (Fpi) mené par Thomas Lubanga, aujourd’hui dans les geôles de la Cour pénale internationale (Cpi), aux Pays-Bas.

Au moment où l’opinion nationale et internationale jubile de la fin prochaine de la rébellion rwandaise, la société civile du Sud-Kivu vient recentrer les espoirs que nourrit l’accord congolo-rwandais sur ce dossier. A l’en croire, le succès enregistré dans l’attaque conjointe contre les rebelles ougandais n’autorise nullement un optimisme quant au front contre les Fdlr. Non pas que les rebelles rwandais sont autrement plus redoutables que les éléments de l’armée de résistance du Seigneur (Lra). La société civile du Sud-Kivu décèle le piège ailleurs : la complicité entre le gouvernement rwandais et les Fdlr. Il est à redouter une complicité entre les deux corps armés qui prendraient pour cible sur le champ de bataille les soldats congolais.

La crainte est fondée, d’autant que des signaux fiables établissent une certaine osmose entre les officiels rwandais et les rebelles qualifiés de génocidaires par le pouvoir de Kigali. En effet, toutes les sources fiables reconnaissent que les deux parties sont engagées dans des transactions commerciales importantes. Au point que les minerais exploités par les Fdlr sur le sol congolais sont écoulés par les rebelles sur le marché de Kigali, sans que ces derniers ne soient inquiétés par des services de sécurité de ce pays.

En clair, le succès de l’attaque contre les Fdlr reste tributaire de la sincérité du gouvernement rwandais dans cet accord avec la partie congolaise, car Kigali est reconnu maître dans l’art d’évoluer indéfiniment dans les revendications. Et Kinshasa doit puiser dans la sagesse qui conseille de recourir à des longues fourchettes lorsqu’on doit partager un repas avec le diable.            

James Momba