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Au cours d’une
conférence de presse tenue au Parlement européen
Mme Rosemary Museminali révèle le mystère des
relations entre le Rwanda et la Rdc
- Pour la ministre rwandaise des Affaires étrangères,
il n’y aura pas de révision des frontières entre les
deux pays ; l’opération militaire rwando-congolaise
contre les Fdlr a été utile ; et le général dissident
Nkunda sera extradé en Rdc
(De notre
correspondant auprès de l’Union européenne, Jean Boole
Ekumbaki)
La
ministre rwandaise des Affaires étrangères vient de
séjourner à Bruxelles où elle a tenu en fin de semaine
dernière une conférence de presse au Parlement européen.
Tous les sujets concernant l’objet de sa mission dans la
capitale européenne, et les relations de son pays avec
la République démocratique du Congo ont été passés au
peigne fin.
«Je conduis une délégation de quatre personnes de mon
pays afin d’expliquer au Parlement européen ce que nous
faisons chez nous, certes, avec aussi l’appui de l’Union
européenne ». C’est par cette sorte de mise au point que
Mme Rose Museminali a commencé sa conférence de presse
au Parlement européen. Un éclairage nécessaire, car
d’aucuns ici pensaient que la venue en Europe de la
ministre des Affaires étrangères du Rwanda était
relative à l’affaire de la chargée du protocole du
président Kagame, Mme Rose Kabuye, c’est-à-dire dans le
cadre des démêlées juridico-politiques avec la France,
mais également avec l’Espagne, pays qui a également
lancé des mandats d’arrêts internationaux contre
certaines personnalités rwandaises.
Répondant à une question à ce sujet, Mme Museminali a
dit qu’elle n’avait rencontré aucun Espagnol dans le
cadre de ce dossier, même si une possibilité de
rencontre était quand -même prévue entre elle et
quelques eurodéputés de ce pays. Sur ce chapitre, la
ministre des Affaires étrangères a rappelé que son pays
n’a jamais rompu ses relations avec l’Espagne comme il a
eu à le faire avec la France. Même avec ce dernier, il y
a toujours des contacts : « nous voulons reconstruire
avec la France ». En illustration, elle cite le cas de
Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires
étrangères, qui a fait un voyage dans son pays et la
rencontre aux Etats-Unis entre les présidents Nicolas
Sarkozy et Paul Kagame. « Avec la France, nous voulons
des rapports basés sur le respect mutuel. Toutefois,
nous ne souhaitons pas lier cela à l’affaire Kabuye »,
a-t-elle précisé.
S’agissant justement de cette affaire, Mme Museminali
s’est réjouie de ce que Mme Rose Kabuye soit rentrée
dans son pays, lequel a contribué à sa libération.
« Elle continuera avec les autres à contribuer à sa
reconstruction ». Pour elle, cette affaire n’est plus
dans les tribunaux, sa condamnation a été levée.
Revenant à l’objet officiel de sa mission, Mme la
ministre a loué les bons rapports existants entre son
pays et l’Union européenne : « Nous visitons le
Parlement européen afin de renforcer l’amitié entre les
Rwandais et ceux qui représentent les citoyens
européens. A cet effet, depuis 15 ans l’Union européenne
soutient les efforts du Rwanda ».
Pas de tutelle rwandaise sur la Rdc
« Vous avez signé, le 28 mars 2009, avec votre homologue
congolais, un communiqué dans lequel vous prévoyez la
révision des frontières entre votre pays et la
République démocratique du Congo ». Cette question posée
sous forme d’interpellation par un journaliste guinéen,
amène la ministre rwandaise des Affaires étrangères à
parler des relations rwando - congolaises. Surprise,
elle commence par démentir l’information : « Je n’ai
pas signé un tel document. Le 28 mars 2009, on parlait
de l’appréciation de ce que font le Rwanda et la Rdc ;
il n’est pas question pour nous de revoir les frontières
entre le Rwanda et la Rdc ». Rassurante, Mme Museminali
a tenu tout de même à préciser les choses : « Par
ailleurs, ce problème a été évoqué dans le sens où il y
a des maisons dans certains villages dont le salon est
au Rwanda et la chambré à coucher en Rdc. S’il faut
déplacer des bornes, on pourrait le faire ». L’évocation
de cette question, a-t-elle rassuré, n’a pas dépassé dix
minutes. Histoire de minimiser son importance.
A la question de savoir si Laurent Nkunda sera extradé
vers le Congo, la réponse de la ministre rwandaise a été
aussi directe. « Oui, Nkunda sera envoyé dans son pays.
Mais, il y a des difficultés juridiques tant du côté
congolais que rwandais. Nous allons consulter nos
juristes respectifs afin d’éviter des erreurs. Nos
ministres en charge de la justice vont certainement se
rencontrer à ce sujet ».
Parlant des relations diplomatiques entre Kinshasa et
Kigali, Mme Museminali a fait savoir que son pays a, en
2004, désigné un ambassadeur qui n’a jamais reçu
l’agrément du gouvernement congolais. Toutefois, à
présent, il y a des avancées significatives.
Enfin, la ministre rwandaises des Affaires étrangères a
dit tous les biens qu’elle pense de l’opération
militaire entre le Rwanda et la Rdc afin d’anéantir les
Fdlr, à l’Est du pays. Cette opération, a-t-elle
souligné, nous a permis de détruire les bases et les
infrastructures de ces forces négatives. L’armée
congolaise et la Monuc vont s’atteler à la tache de
neutraliser les Fdlr.
Tout en excluant la possibilité de solliciter pour le
moment l’aide de l’armée congolaise en cas de mêmes
difficultés dans son pays, le chef de la diplomatie
rwandaise a soutenu privilégier, en tant que voisins
avec la Rdc, le développement de notre coopération dans
bien d’autres domaines.
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