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Bundu dia Kongo emprunte les couleurs d’un groupe
terroriste
l Les adeptes de cette loge
mystique chère à Ne Muanda Nsemi ont brûlé bureaux de territoire et écoles à
Sekebanza
Le
week-end dernier a été dramatique pour les habitants du territoire de Sekebanza,
district du Bas-Fleuve, dans la province du Bas-Congo. A la stupéfaction
générale, la population a assisté à la consumation de deux bureaux du territoire
et de deux autres d’écoles. Il s’agit des bureaux du responsable de l’Agence
nationale des renseignements (Anr) et de l’administrateur assistant en charge
des finances. Quant aux locaux dans les écoles, le malfrat a ciblé les bureaux
des directeurs. Selon les sources, rien n’a pu être récupéré de ces locaux ;
tout était calciné d’autant que la population était dans le profond sommeil
lorsque le bandit a opéré. Ce dernier n’est pas encore identifié clairement ni
appréhendé par les services spécialisés.
Toutefois, le pyromane a voulu s’identifier, vraisemblablement pour aider
l’autorité publique à appréhender la réelle signification de l’acte posé. Ainsi
sur les lieux du drame, il a laissé des écrits : « Kongo dieto, tutalomba »(Ndlr :
Notre Kongo, nous réclamons). Et comme signature on pouvait lire « bedeka »,
allusion faite aux initiales du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (Bdk),
dissout l’an dernier lors d’un conseil du gouvernement central dirigé par le
Président de la République. Il était reproché aux adeptes de ce mouvement de
narguer l’autorité établie, en procédant au remplacement des agents affectés par
l’Etat dans la province. Pire, ils avaient instauré une justice parallèle avant
de s’en prendre aux clergés des églises autres que celle de Bdk.
Avec la mesure d’interdiction de fonctionner ayant frappé Bdk et la traque des
auteurs des violences connues dans la province, maints adeptes se sont retirés
dans la forêt. Tandis que l’autorité morale, pour contourner la mesure, vient
d’accoucher, sur les cendres de Bdk, un autre mouvement dénommé Bdm (Bundu dia
Mayala), avec les couleurs d’un parti politique. Ce sont certainement les
fugitifs, mais aussi les hypocrites partageant avec nous la cité qui se sont
annoncés de la sorte. Une façon de rassurer quant à l’ancrage des préceptes du
mouvement dans le for intérieur de la masse des adeptes, pour paraphraser un
policier pour qui les adeptes de l’ancien Bdk n’ont pas encore capitulés. Il
importe de les tenir constamment à l’œil.
Mais la preuve est aussi là que le mouvement Bdk n’était pas pacifiste, comme
d’aucuns avaient entrepris de le faire croire après l’intervention de la police
nationale ; intervention dictée par l’ampleur des crimes commis sur des
populations innocentes. Si les autorités compétentes n’anticipent pas, le feu de
Sekebanza peut se révéler être le prélude à des actions plus dramatiques encore
et éparpillées sur l’ensemble de la province, voire à Kinshasa. Lorsqu’on y
regarde de près, le modus operandi de Sekebanza emprunte à la marque de grands
groupes terroristes connus dans le monde, dont l’Eta en Espagne. Suivant des
témoignages concordants, le Bundu dia Kongo de triste histoire disposait des
camps d’entraînement où des adeptes suivaient une formation para militaire.
Personne ne dispose cependant des éléments précis sur toutes les articulations
de cette formation. N’était-on pas entrain de former des terroristes ?
Rien n’est exclu, et l’on ne voit pas l’autorité morale du mouvement – avec son
capital d’intelligence – faire les choses à moitié, alors qu’il est derrière un
objectif précis et bien défini. Le moins qu’il puisse faire est de réunir tous
les atouts et moyens pouvant lui permettre de le réaliser. Peut-on négliger la
portée de l’ancrage de l’idéologie dans le cœur de la jeunesse de ce mouvement ?
James Momba
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