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Vers la première révision de la
Constitution
l A
la base, le passage à 26 provinces dans un délai de 10
mois. C’est l’Assemblée nationale qui donne le ton.
Le
député national Munayi Muntu Monji Thomas, membre du
groupe parlementaire Cdf, a donné le ton au cours de la
plénière de l’Assemblée nationale du lundi 4 mai 2009.
Pour cet élu de la majorité, il y a plus qu’une
nécessité de modifier les dispositions du premier alinéa
de l’article 226 de la Constitution qui stipule : « Les
dispositions de l’alinéa premier de l’article 2 de la
présente Constitution entreront en vigueur endéans
trente six mois qui suivront l’installation effective
des institutions politiques prévues par la présente
Constitution ».
En effet, s’il faut s’en tenir au délai prescrit par
l’alinéa précité, la mise en place des 26 provinces
telles que prévues par la Constitution en vigueur
devrait intervenir l’année prochaine, soit exactement
trois ans après la mise en place de la dernière
institution politique prévue par la Constitution
actuelle, à savoir le Sénat. Or, selon l’Honorable
Munayi, il existe des nombreux obstacles pour la
matérialisation de cette exigence constitutionnelle
entre autres l’inexistence d’infrastructures fiables
devant accueillir les institutions des nouvelles
provinces ainsi que la modicité des moyens financiers de
l’Etat à la lumière de la crise financière mondiale qui
frappe l’ensemble des pays de la planète y compris la
Rdc.
Dans ces conditions, estime-t-il, il serait beaucoup
plus logique et de bonne gouvernance, de penser déjà à
adapter les textes en vigueur avec la réalité du terrain
pour éviter de se trouver en porte à faux avec les
textes du pays au lendemain du délai butoir et
constitutionnel de 2010. Il a émis le souhait de voir
cette modification prôner une mise en place graduelle de
la nouvelle territoriale en tenant compte de l’état de
viabilité de chaque province au lieu d’une mise en place
générale.
Si le Président de la chambre basse du Parlement s’est
borné, en guise de commentaire, à demander à
l’initiateur de la motion de déposer le texte de la
révision au bureau pour que l’Assemblée nationale s’y
prononce, on ne pourra pas en dire autant des nombreux
congolais qui risquent de ne pas banaliser cette motion
dont les conséquences sont intimement liées à leur vécu
quotidien.
Passage difficile
L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale,
Christophe Lutundula Opala, avait, lors de son discours
d’ouverture de la session de septembre 2008, invité les
députés ainsi que toutes les institutions de la
République à se pencher sur le problème de la création
des 26 provinces avant qu’il ne soit trop tard. Il avait
relevé les difficultés d’ordre technique et financière
qui ne faciliteront pas un passage facile à 26
provinces.
Voilà qu’à sa suite, le député Munayi vient de poser en
terme clair cette question que bon nombre de politiciens
et dirigeants évitent d’en parler. Mais avant d’en
arriver là, l’opinion se demande si le député Munayi a,
préalablement, mesuré la portée de sa motion et s’il a
jaugé les obstacles qui se dressent sur le chemin de
l’aboutissement d’une initiative de révision
constitutionnelle. La tâche du député Munayi est loin
d’être une partie de plaisir.
En effet, sur le plan purement technique, il se dresse
sur son chemin les dispositions de l’article 218 de la
Constitution qui durcissent les conditions d’une
révision constitutionnelle. En tant que membre de la
chambre basse, il lui faudra annexer à son texte 250
signatures représentant la moitié des membres composant
cette chambre. Or, l’expérience renseigne que pour des
questions aussi stratégiques il lui faudra avoir l’aval
de la haute hiérarchie de la majorité à l’Assemblée
nationale, c’est-à-dire de l’Amp qui ne peut accepter
que ses membres s’engagent à la légère. La question
fondamentale qui se pose à ce niveau est celle de savoir
si la plate-forme majoritaire dont le gouvernement est
son émanation, est disposée à passer dans quelques dix
mois aux 26 provinces, ou s’il faudra que l’on y aille
graduellement.
Prouesse politiques
Certes, nombreux sont les politiciens qui ont promis des
provinces à leurs électeurs auprès de qui on retrouvera
demain des futurs ministres et autres conseillers,
fonctionnaires provinciaux. Il est vrai que le calcul
politique de bon nombre de dirigeants et hommes
politiques donne une ouverture au passage rapide à 26
provinces. Certes, bon nombre de Congolais fêteront la
transformation de leurs anciens districts en provinces.
Mais, à l’heure actuelle où le chronogramme de passage à
26 provinces présenté antérieurement devant l’Assemblée
nationale par l’ancien ministre de l’Intérieur, Kalume
Numbi, s’avère n’être qu’un document remis aussitôt dans
les tiroirs, et que rien n’a été fait pour préparer
l’accession à cette multiplicité de provinces, peut-on y
accéder sans casse? Autrement dit, le gouvernement
central et les gouvernements provinciaux ont-ils préparé
l’avènement de nouvelles administrations, nouveaux
dirigeants et fonctionnaires de nouvelles entités
provinciales? Ce qui n’est pas trop sûr, dès lors que le
gouvernement a encore mal à partir avec les exécutifs
provinciaux actuels en ce qui concerne la retenue des 40
% et le partage des charges.
Dans la précipitation, la Rdc risque de se retrouver
avec des provinces où on ne sait pas installer le
gouvernorat, l’administration, les ministères et
l’assemblée provinciale ; où des gouverneurs et
ministres auront comme moyens de locomotion motos ou
vélos avec drapeau officiel transporté à la main; des
provinces enclavées sans route ou autres voies de
communication susceptibles de communiquer avec la
capitle et le reste du pays.
Au Nigeria, avons-nous appris d’un conseiller
d’ambassade, l’expérience de la création d’une multitude
d’Etats est plus malheureuse qu’elle est à la base de
beaucoup de conflits actuels entre ethnies et autres.
Certains Etats se sont retrouvés, lors du découpage,
très pauvres et accèdent difficilement aux produits de
la caisse de péréquation.
Pour notre pays, nous osons croire que le plus pressé
doit être d’interpeler le ministre de l’Intérieur pour
qu’il s’explique sur le niveau des préparatifs du
passage à 26 provinces. C’est à la suite de cela que la
motion du député Munayi aura un sens, car, l’état de
lieu actuel des futures provinces pourrait bien motiver
sur l’opportunité ou pas d’une révision
constitutionnelle sur ladite matière.
C’est après cela que le député devra soumettre son
initiative à ses collègues députés et aussi au Sénat qui
devront se prononcer respectivement sur le bien-fondé de
sa proposition à la majorité absolue. Comme on le voit,
le constituant a verrouillé et durcit l’initiative de
révision en prévoyant même le referendum ou, à défaut,
le vote du Congrès qui doit se prononcer, en définitive,
à la majorité de trois cinquième des membres les
composant.
Car, ne l’oublions pas, la question du nouveau découpage
territorial a suscité beaucoup d’espoir auprès de la
population du pays qui a vu en cela la possibilité de
résoudre l’épineux problème du développement de
l’arrière-pays où certains coins ne bénéficient pas de
la richesse nationale dans la configuration actuelle de
la territoriale.
Charles Mukonkole et T.L.
EN SEJOUR A KINSHASA
La délégation du Cndp vient concrétiser les accords
politiques conclus avec le gouvernement
Depuis
dimanche soir, une délégation composée de sept membres
du Congrès national pour la défense du peuple (Cndp)
conduite par son président national, Désiré Kamanzi,
séjourne à Kinshasa où il a entamé lundi des pourparlers
avec la partie gouvernementale. Selon le ministre de la
Coopération régionale et internationale, Raymond
Tshibanda, qui avait fait mention de cette visite, la
semaine dernière, l’objectif du séjour dans la capitale
de cet ancien mouvement rebelle qui s’est mué en parti
politique, est de finaliser les accords politiques
conclus, le 23 mars dernier, à Goma. C’est une première
car, depuis la fin de la guerre du Nord-Kivu, le 15
janvier dernier, c’est la première fois qu’une mission
de ce genre séjourne à Kinshasa. C’est un signe probant
qui atteste du nouvel esprit régnant dans les relations
entre les deux composantes. Ce faisant, il s’agit de
concrétiser les aspirations exprimées lors des
discussions qui ont abouti entre les deux parties à la
conclusion dudit compromis. Au plan purement politique,
il est entendu que le consensus qui s’est dégagé sur les
principales questions entre le gouvernement et le Cndp
va être réaffirmé à l’issue des conciliabules. Mais,
d’ores et déjà, une commission paritaire national de
suivi a été mise en place, tel que prévu dans l’accord,
présidé par le ministre,Raymond Tshibanda.
Dans l’accord de paix du 23 mars dernier, il est
clairement indiqué dans l’article 1 alinéa 3 ce qui
suit : « …les parties acceptent le principe de
participation du Cndp dans la vie politique en Rdc. Les
modalités en seront fixées d’un commun accord ». Que
sous-entend ce langage ? De toute évidence, tout porte à
croire que le Cndp doit jouer, dans les prochains jours,
un rôle actif sur l’arène politique nationale.
Dans un entretien accordé récemment à notre confrère Le
Potentiel, le porte-parole de ce parti, Jean Munyampenda
ne cache pas les ambitions du Cndp de jouer un rôle de
premier plan au sein du gouvernement qu’il voudrait doté
d’ « une stabilité confortable et capable d’opérer des
réformes dans les secteurs névralgiques du pays ». Tel
est le cas particulièrement dans l’armée, dans
l’administration publique, dans la justice et dans la
police. Cela procède sans doute du choix opéré par les
siens qui n’est ni représenté à l’Assemblée nationale ni
au Sénat. « …Il est important de s’allier au
gouvernement majoritaire pour faire passer nos idées.
C’est une question de nécessité politique » a-t-il
reconnu.
Au cours des discussions de Kinshasa, il est sûr
qu’outre le problème de retour des réfugiés congolais
des pays voisins de la Rdc, le retour des déplacés
internes dans leurs milieux d’origine et autres, la
question de la libération des prisonniers politiques et
d’opinion et celle de l’amnistie figurera en bonne
place. S’agissant notamment de ce dernier cas, le rejet
par le Sénat après adoption par l’Assemblée nationale du
projet de loi sur l’amnistie générale pour des faits de
guerre au motif que la mesure est jugée par trop
« sélective » constitue, à ce stade, un écueil qui ne
manquerait pas d’être abordé. Dans l’attente de la
décision de la commission paritaire du parlement sur la
conciliation des positions de deux chambres, il y a lieu
de reconnaitre qu’il existe une « base juridique » tel
qu’énoncé dans la lettre no 0226/JFM84/D/CAB/KIN/J/ 2009
datée févier 2009 du ministre de la Justice, Luzolo
Bambi. Dans cette correspondance, il confirme
« l’engagement du gouvernement d’accorder l’amnistie aux
membres des groupes armés ayant opéré au Nord-Kivu et au
Sud-Kivu notamment le Cndp pour consolider la paix et
assurer la concorde nationale ». A ce propos, le Pgr et
l’auditeur général des Fardc ont été instruits par ce
ministre « de ne pas engager des poursuites contre les
membres des groupes armés et d’arrêter celle déjà
initiées ». Tenant compte du climat de confiance régnant
entre les deux parties, il est certain qu’ils arriveront
à se mettre d’accord sur l’essentiel.
Ndong.M.N.
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