|
Pour faire face à la crise financière internationale
Le gouvernement provincial du Katanga réduit la taxe à
l’exportation de 28 à 1 %
Suite
à la crise financière internationale qui frappe
dangereusement l’économie congolaise, en général, et la
province du Katanga en particulier, le gouverneur de
cette province minière de la Rdc, Moïse Katumbi Chapwe
vient de prendre une décision salutaire. En effet, il
vient de décider la réduction de la taxe à l’exportation
qui était fixée à 28 %. Loin d’en vouloir au gouverneur
de la province cuprifère qui a voulu freiner le
mouvement de fermeture des entreprises minières, une
certaine opinion pense que le gouvernement que préside
Adolphe Muzito devrait prendre des mesures générales qui
concerneraient tous les secteurs d’activité du pays.
C’est la Rfi qui a été choisie pour annoncer cette
nouvelle au monde lundi dans son édition de la matinée.
Une nouvelle qui est sensée d’une part empêcher la
fermeture de quelques entreprises minières qui restent
encore en activité au Katanga, et d’autre part
promouvoir les investissements dans cette province riche
en minerais. Entretemps plusieurs questions méritent
d’être soulevées comme celle de savoir si cette mesure
était opportune ? Aussi le gouvernement devra expliquer
au peuple congolais si les minerais qui sont à
Mbuji-Mayi, l’Est du pays ou à Kinshasa ne sont pas
frappés par la crise financière internationale de la
même façon ?
Et pourtant une mission du Fonds monétaire
internationale (Fmi) a séjourné dernièrement dans la
province du Katanga. A l’occasion elle avait indiqué que
la situation n’allait pas s’améliorer de si tôt dans la
mesure où il y a une réduction sensible des
investissements directs étrangers, particulièrement dans
les sociétés minières (chute des prix et faiblesse de la
demande dans les pays développés). Ceci s’accompagnera
d’une réduction de la demande pour les produits bruts
que sont le cobalt, le cuivre et le pétrole. Toutefois,
le Fmi reconnait que cette situation a eu comme
conséquence, la fermeture de quelques petites
entreprises artisanales, celles qui avaient comme
principale activité la vente des produits miniers dans
les comptoirs de la province du Katanga.
Mais pour les grandes entreprises, qui à ce jour,
disposent encore d’un stock des produits miniers
qu’elles transforment, le Fmi avait noté que pour les
entreprises, une fois le stock des produits miniers
épuisé, elles seront obligées de fermer. Ce qui influera
négativement sur la vie des salariés qui seront obligés
d’aller au chômage. Cette fermeture est envisageable
dans la mesure où la situation sur le terrain ne
s’améliorait pas, au cas contraire ces entreprises
seront des vecteurs du développement de la province.
Pour d’autres personnes, l’actuelle crise risque même
d’être bénéfique pour les entreprises congolaises, dans
la mesure où elles se doteront des structures solides et
l’Etat édictera pour toujours des lois protectrices à
leur intention.
La Rdc a adopté une politique budgétaire prudente
En Rdc, les politiques budgétaires pour 2009 sont
articulées sur la base du principe de prudence, afin de
contribuer à la stabilité du cadre macroéconomique. La
mesure prise par le gouverneur du Katanga a-t-elle tenu
compte de cette prudence budgétaire ? Voilà pourquoi le
souhait serait celui de voir le gouvernement central
adopter des mesures de portée générale qui
concerneraient tous les secteurs économiques en Rdc,
dont notamment le secteur du bois, celui de la
télécommunication, sans oublier celui des mines.
Force est de souligner qu’en 2009, le gouvernement a
décidé de fiscaliser les revenus des membres des
institutions politiques, des cabinets politiques et
assimilés. Il s’agit d’une mesure prévue par le code des
impôts, mais qui n’a jamais été appliquée dans notre
pays. Pour rompre avec le passé et promouvoir le civisme
fiscal par l’exemple, cet impôt sera désormais perçu.
Les recettes attendues à ce titre s’élèvent à 17,3
milliards de FC.
Réduire le taux d’impôts pour tout le monde
En Rdc, les entreprises de tous les secteurs confondus
sont soumises au paiement de plusieurs impôts et taxes,
notamment à l’impôt sur les bénéfices au taux de 40 %,
l’impôt exceptionnel sur les rémunérations du personnel
expatrié (au taux progressif), l’impôt mobilier au taux
de 20 %, l’impôt sur le chiffre d’affaires au taux de 30
%, l’impôt sur les revenus locatifs au taux de 20 %, à
l’impôt sur les véhicules, aux droit de douanes, etc. A
propos de l’impôt sur les bénéfices, le souhait est de
le baisser très sensiblement de 40 à 30 % pour attirer
plus d’investisseurs dans des secteurs stratégiques pour
le développement du pays. Entretemps, l’on devra
consacrer les amortissements dégressifs pour les
sociétés de télécommunications, en vue de leur permettre
de s’autofinancer et d’investir davantage. L’impôt
exceptionnel sur les rémunérations du personnel expatrié
peut être réduit de 10 % au lieu de 25 % aujourd’hui.
Quant à l’impôt mobilier, il faudra atténuer la double
imposition économique par le système d’avoir fiscal des
dividendes pour encourager les investissements dans
différents secteurs. D’après le principe de « non bis in
idem », une même manière imposable ne peut être frappée
plus d’une fois dans le chef du même contribuable pour
un impôt de même nature. Or les dividendes distribuées
par les sociétés en Rdc sont soumises à la fois à
l’impôt mobilier et à l’impôt professionnel sur les
bénéfices. Ce qui est de nature à décourager les
investisseurs qui devront aussi signer les conventions
fiscales internationales préventives contre la double
imposition des revenus. Enfin, le gouvernement devra
prévoir un régime spécial en faveur des sociétés mères
et filiales implantées en Rdc par l’entremise des
conclusions des conventions fiscales. Ramener l’ICA sur
les prestations d’assistance de 30 % à 18 % comme toutes
prestations ordinaires en attendant l’avènement de la
taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le système fiscal
congolais. L’impôt sur le chiffre d’affaires prestations
de services, et en particulier pour prestation
d’assistance au taux de 30 M paraît exorbitant pour les
sociétés, surtout qu’il y a des secteurs qui requièrent
une technologie hautement sophistiquée.
Concernant les droits de douane, le gouvernement peut
exonérer momentanément les droits et taxes à
l’importation des machines, outillages et le matériel
ainsi que les pièces de rechange de première dotation
liés à l’exploitation d’une société.
L’exemple katangais nécessite donc que l’on généralise
pour toute l’économie nationale afin de permettre aux
opérateurs économiques de se relancer sans grand dégât.
Jean-Marie Nkambua/ L’Avenir du 7 janvier 2009 |