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Du 12 au 15
janvier 2009, à La Haye, Pays-Bas
Jean-Pierre Bemba Gombo de nouveau face aux juges de la
Cpi
Enfin,
la Cour pénale internationale va se pencher sur
l’affaire qui oppose le procureur Luis Moreno O’Campo au
sénateur congolais et président du Mouvement de
libération du Congo, Jean-Pierre Bemba Gombo. Ceci après
deux reports aux mois de novembre et décembre 2008.
Arrêté en mai dernier dans la banlieue bruxelloise, la
Cpi a procédé à son transfèrement à La Haye, banlieue de
la capitale des Pays-Bas.
Après quelques audiences relatives à sa demande de mise
en liberté provisoire maintes fois rejetée, le prévenu
devait être fixé sur le poids judiciaire des préventions
qui pèsent sur sa personne. Reportées plus d’une fois,
les audiences de confirmation ou d’infirmation des
charges sont donc fixées du lundi 12 au jeudi 15
prochains.
Pour le rappel des faits, le politicien congolais,
candidat malheureux à la présidentielle de 2006, est
accusé d’avoir engagé les troupes du Mlc, alors
mouvement rebelle, en République Centrafricaine où le
président d’alors Ange-Félix Patassé se débattait pour
le maintien de son pouvoir menacé par l’actuel chef d’Etat
François Bozizé. C’était en octobre 2002 et en mars
2003.
Alors que cette rébellion ne fut pas écrasée, les
soldats congolais sont accusés d’avoir commis des crimes
de guerre et de crimes contre l’humanité. Le commandant
en chef de ces troupes, entendez Jean-Pierre Bemba, doit
répondre des viols d’un millier de femmes et jeunes
filles, des tortures, des pillages et des meurtres
perpétrés tant à Bangui, la capitale de la Rca, que dans
quelques villages de l’intérieur de ce pays voisin.
Au cours de ces audiences de confirmation, la chambre
préliminaire de la Cour pénale internationale donnera
l’occasion au procureur Luis Moreno d’étayer le dossier
en sa possession. Le collectif d’avocats de la partie
civile, comprenant les victimes des exactions de
diverses natures commises par les hommes du Mlc, vont
certainement formuler leurs accusations. C’est à l’issue
de cette présentation des faits et des preuves que les
juges de la chambre préliminaire pourront décider de la
pertinence d’un procès ou pas.
Comme on le voit, ces quatre jours sont tout à fait
importants pour la suite que ce dernier va prendre. La
défense, les avocats du prévenu, n’ira pas de mains
mortes en pareils cas. Elle va actionner ses batteries
lourdes pour faire parler la poudre… judiciaire. Mais,
la partie ne sera pas facile pour elle, malgré le décès
par accident de circulation du principal accusateur,
l’avocat centrafricain Goungaye Wamfiyo, président de la
Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Il n’a pas
emporté dans sa tombe les éléments de preuve qu’il a
amassés ici et là.
Eden Nsi Bamfumu |