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le compte a rebours a commence
Cndp : la course au pouvoir engagée entre Nkunda et
Ntanganda

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Tout en se faisant représenter aux concertations de
Nairobi de ce matin, la rébellion fixe aujourd’hui le
sort de Laurent Nkunda
Dans
le camp de la rébellion du Conseil national pour la
défense du peuple (Cndp), plus rien ne sera comme avant.
Le coup de force dont est l’objet la tête de ce
mouvement, le général déchu, Laurent Nkunda. Il est vrai
que, jusque mardi, la confusion est demeurée sur son
limogeage. A-t-il été défenestré ou pas ? En attendant
que toute la lumière soit faite sur cette affaire,
l’édifice Cndp a subi un grand choc qui risque de faire
écrouler sa fondation.
Bien que dans cet imbroglio, certaines sources
confirment l’échec du coup de palais mené par une
structure appelée haut-commandement militaire qui serait
dirigé par le général rebelle, Bosco Ntanganda, cette
tentative a lézardé le mouvement politico-militaire avec
toutes les conséquences que cela comporte pour son
avenir.
Selon les informations recueillies de bonne source, le
fameux haut-commandement du Cndp, réuni le dimanche
dernier dans le Masisi, au Nord-Kivu, a pris la
courageuse décision de démettre Laurent Nkunda de ses
fonctions et de maintenir en place toutes les structures
qui le composent. Les raisons évoquées pour justifier ce
changement à la tête du mouvement ne sont autres que le
mauvais leadership, la gestion chaotique. Etrange
coïncidence avec les accusations dont le même Nkunda
s’évertue à lancer contre le gouvernement congolais.
C’est sans doute l’histoire de l’arroseur arrosé. C’est
aussi le signe d’un profond malaise qui couve depuis
lors.
La tour de Babel
Longtemps occultées, les contradictions internes au sein
du mouvement rebelle ont fini naturellement par éclater
au grand jour. Chasser le naturel, dit-on, il revient au
galop. Cela est d’autant évident que les observateurs
avertis s’y attendaient tôt ou tard à cause de
l’intransigeance, de l’inflexibilité de Laurent Nkunda
qui, malgré les pressions de la communauté
internationale et le dégel dans les rapport bilatéraux
entre Kigali et Kinshasa, se refuse avec témérité à lire
les signes de temps.
Tel qu’il est constitué, le Cndp est un mosaïque
d’aventuriers aux intérêts divergents qui n’ont pour
point de ralliement que la soif du pouvoir. Il suffit
d’examiner le parcours de ces différents cadres pour
s’en rendre compte. Transfuge de la rébellion du Rcd,
Nkunda est lui-même entré en dissidence avec les Fardc
pour avoir refusé de rejoindre Kinshasa durant la
transition avant de créer le Cndp, mouvement
politico-militaire aux objectifs flous. Quant au chef
d’état-major du Cndp, le général rebelle Bosco Ntanganda
qui se dispute la tête de la rébellion avec Nkunda, il
n’a rejoint les rangs de la milice nkundiste, qu’il y a
deux ans. Auparavant, il a évolué en Ituri aux côtés de
Thomas Lubanga incarcéré, actuellement, dans les geôles
de la Cour pénale internationale à La Haye, en Hollande.
Il est lui aussi l’objet d’un mandat d’arrêt
international de la Cpi au même titre que son mentor en
état d’arrestation. Il en est le cas d’autres suiveurs
tels les Bertrand Bisimwa, la brochette des députés
provinciaux du Nord-Kivu et Diasilwa, le représentant du
Cndp en Belgique qui n’a pas su s’imposer au sein du Rcd
et a pratiquement été «écarté»… Avec un tel échafaudage,
il est difficile que l’on arrive à parler le même
langage.
La guerre des clans
Il est vrai que Laurent Nkunda a délégué une mission du
Cndp à Nairobi où s’ouvrent aujourd’hui les
concertations de paix avec le gouvernement congolais
sous l’égide de l’Onu et de l’Ua. On espère dès lors que
cette fois la formalisation du cessez-le-feu deviendrait
effective en vue du retour de la paix durable. Il
conviendrait, d’autre part, que le mouvement rebelle se
démarque des revendications aux contours flous qui l’ont
toujours caractérisé dans l’intérêt supérieur de la
nation.
La guerre des clans déclenchée au sein du Cndp ne doit
pas constituer un frein au processus de paix à moins
bien sûr que le Rwanda continue de jouer un rôle actif
dans l’ombre en voulant soit changer d’outsider sur
l’échiquier politique au Kivu soit modérer ses ardeurs
avec la nouvelle dynamique imposée par la communauté
internationale.
La rencontre de ce mercredi dans la capitale kenyane
demeure capitale pour le destin de la Rd Congo.
Ndong.M.N. |