Le Chef de l’Etat, Premier ministre, ministres, députés et sénateurs désormais astreints au paiement de l’impôt
La Rdc a vécu longtemps, très longtemps de ses richesses naturelles, ne tenant pas du tout compte de l’importance de l’impôt, de sorte que les mauvaises habitudes se sont instaurées principalement dans les milieux des dirigeants politiques qui refusent expressément de payer l’impôt ou une autre taxe et facture publiques. La crise financière qui frappe le monde entier suivie de la baisse sensible des cours des matières premières sont là pour pousser les Congolais à changer les habitudes de vie. Comme aucun pays au monde ne s’est développé sans impôt, le gouvernement congolais a compris qu’il en faut autant pour la Rdc. Le président Joseph Kabila qui avait voulu prêcher par l’exemple en 2003 en allant payer personnellement son impôt à l’ex-Direction générale des Contributions (Dgc), n’était malheureusement pas suivi par d’autres dirigeants du pays qui avaient plus besoin d’amasser de l’Etat que de lui en donner. Aujourd’hui, face à la réalité de la crise, chaque congolais doit apprendre à payer son impôt, et les dirigeants politiques en premier. Et pour maximiser les recettes, désormais, a annoncé le ministre du Budget, Michel Lokola, l’Etat retiendra un impôt sur le salaire du Chef de l’Etat, du Premier ministre et des ministres, des parlementaires, ainsi que de tout le personnel politique en général.
Cette décision est entrée en exécution dès le mois de mars 2009 qui a vu les salaires des dirigeants et personnels politiques être coiffés de 30%, soit environ 100.000 dollars américains ont été encaissés par la Direction générale des Impôts pour le compte de l’impôt se rapportant aux rémunérations du personnel politique du mois de mars, selon le ministre du Budget.
Cette mesure n’a pas manqué de provoquer des remous dans les milieux politiques. Certaines mauvaises langues ont même accusé le président sortant de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, d’inciter les députés à se rebeller contre la mesure. Ce qu’a rejeté ce dernier, hier mardi au cours de la plénière. Pour lui, il est un devoir pour tout Congolais, y compris les députés, de s’acquitter des impôts. Toutefois, il a fait remarquer qu’étant en régime déclaratif pour les impôts, il appartient à chaque institution, et non au ministère du Budget de prélever les impôts de son personnel. Ce qui se fera désormais, selon la décision du Premier ministre lui transmise par correspondance.
Le ministre du Budget qui répondait à Radio Okapi, a déploré la tendance baissière des recettes publiques pour l’exercice budgétaire en cours. « Nous avions d’abord commencé à observer la situation au premier trimestre de l’année. Nous sommes entrain de connaître la baisse du niveau des recettes en termes réels. C’est pourquoi, il faut nécessairement que, du côté des dépenses, nous soyons aussi rationnels. C’est pourquoi, j’aimerai vous informer que les institutions politiques avaient touché seulement la moitié des frais de fonctionnement aux mois de janvier et février. On a essayé tout simplement de se rattraper au mois de mars parce que c’était le mois fiscal avec le dépôt de bilan. »
Comme on peut le constater, la situation financière de l’Etat reste moins assurante ; entretemps, la situation du marché des biens et services n’est pas aussi fameuse, avec la dépréciation continue du franc congolais et la dernière décision de majoration des prix du carburant prise le samedi 04 avril dernier. Ce qui a poussé La Voix des Sans Voix à demander au gouvernement congolais de prendre des mesures adéquates d’encadrement en vue d’assurer la stabilité des prix des biens et services; aussi d’indexer les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat, policiers, militaires et agents des services de sécurité aux taux réel du dollar américain.
A ce sujet, le ministre de la Fonction publique, Michel Botoro Bodias pense que la solution à ce problème réside plutôt dans des mesures politiques « courageuses » pour stabiliser le franc congolais. « Le souci pour nous n’est pas de « dollariser » le milieu congolais, mais de pouvoir donner de la valeur à notre monnaie. Toutefois, si aujourd’hui il s‘avère que le taux de change est très élevé et le salaire continue à être payé au taux de 500 Fc, c’est dans le souci de nous mettre tous ensemble dans une lutte, afin de pouvoir redonner de la valeur à notre monnaie. Le budget de 2009 avait été voté au taux de 60, aujourd’hui le dollar s’échange à 80, voire 82. Je pense, à mon sens, qu’il faudra plutôt chercher, à travers des mesures politiques courageuses à ramener notre monnaie à sa stabilité. »

La République
 




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