Départ confirmé du Président de l’Assemblée nationale
Vital Kamerhe quitte définitivement le Bureau le 20 avril

l Avant le départ du Bureau, seront organisées du samedi 11 au lundi 13 avril, l’opération de dépôt des candidatures; 14 avril : affichage des listes des candidats; mercredi 15 et jeudi 16 avril : campagne électorale; vendredi 17 avril : vote du nouveau Bureau et proclamation des résultats.
Le processus de remplacement du Bureau démissionnaire de l’Assemblée nationale dirigé par Vital Kamerhe vient d’entrer dans sa phase décisive après l’adoption hier mardi 7 avril 2009 par la plénière, du calendrier des opérations électorales devant aboutir à l’installation d’un nouveau bureau. Il a fallu attendre, pour ce faire, près d’une semaine depuis la démission du speaker de la chambre basse du Parlement, le 25 mars dernier, pour voir enfin les députés parvenir à un compromis sur le calendrier électoral, c’est-à-dire se mettre d’accord sur le départ de Vital Kamerhe du perchoir de l’Assemblée nationale.
C’est la signification du vote intervenu hier au Palais du peuple à l’issue d’un débat houleux au cours duquel l’opposition et la majorité se sont entredéchirées autour de deux mots cruciaux contenus dans le projet de résolution instituant le groupe technique de travail. En effet, les deux forces politiques en présence à l’Assemblée nationale ont mis tout l’après-midi du mardi 7 avril 2009 pour débattre de l’opportunité ou non d’insérer à l’article 1er de la résolution précitée, les mots supervision ou assistance. Dans un débat anachronique, qui a rappelé à l’assistance certains débats stériles de la deuxième République, l’opposition voulait voir à l’article 1er la plénière accorder au groupe technique de travail le statut d’un simple organe d’assistance du bureau démissionnaire dans la conduite des opérations de vote et du processus de remplacement de l’actuel bureau. Ce rôle, qui était pourtant mieux spécifié à l’article 4 de la dite résolution, ne devait pas placer ce groupe technique dans une position hiérarchiquement supérieure par rapport au bureau. Dans l’entendement des opposants, Vital Kamerhe et son équipe démissionnaire devaient continuer à conserver tous les leviers du pouvoir même s’ils acceptaient que ceux-ci abandonnent une partie de leurs attributions au groupe technique de travail.
Mais contrairement aux opposants, la majorité a estimé que le bureau ne pouvait que se limiter à superviser les activités de ce groupe, qui devait de ce fait travailler en pleine autonomie par rapport au bureau. La concession faite par la majorité à ce stade étant de maintenir le bureau démissionnaire pendant cette période pour des raisons strictement protocolaires en dehors desquelles il ne pouvait en rien interférer dans les opérations électorales. La supervision voulait signifier, en termes politiques, que la majorité prenait des précautions pour s’éviter une surprise désagréable de la part de ce bureau pour lequel il n’avait plus confiance.
Le débat passionné qui s’en est suivi a été à l’image de celui qui avait eu lieu, le samedi 4 avril 2009 au cabinet du Rapporteur de l’Assemblée nationale lorsque les membres du groupe politique spécial, en fait les présidents de tous les groupes parlementaires, s’y étaient retrouvés pour adopter le projet de résolution à soumettre à l’adoption de la plénière en application de la décision prise par la même plénière 48 heures plus tôt. L’impasse était totale hier, près de deux heures après l’ouverture du débat, comme elle a été le samedi dernier voire le matin de la plénière. Les deux parties campant sur leurs mots, Vital Kamerhe a été amené à suspendre la séance pour se concerter avec les présidents des groupes parlementaires qui eux avaient cru s’en remettre à la plénière pour trancher. Les trente minutes qui étaient sollicitées par le bureau ont en fait aboutir à trois heures des concertations à l’issue desquelles opposition et majorité sont parvenues à un compromis somme toute simple. Les mots qui fâchent ont été purement et simplement élagués du texte. Etant donné que l’article 4, devenu après amendement le deuxième alinéa de l’article 1er, fixe de manière claire les attributions de ce groupe technique de travail, la plénière ne voyait plus de raison de maintenir les mots supervision ou assistance dans le texte.
Ce malentendu balayé, le projet de résolution portant création du groupe technique de travail a été adopté après les amendements des Honorables députés et, dans la foulée, le calendrier des opérations de vote a été adopté. Ainsi, l’opération de dépôt des candidatures aux différents postes du bureau débutera le samedi 11 avril 2009 à 10 heures et se clôturera le lundi 13 avril 2009 à la même heure. Quant à l’affichage des listes des candidats retenus, elle interviendra le mardi 14 avril 2009 alors que la campagne électorale se déroulera pendant 48 heures, soit le mercredi 15 avril et le jeudi 16 avril 2009. C’est le vendredi 17 avril 2009 que le vote proprement dit aura lieu à la chambre basse ; il sera suivi de la proclamation des résultats et de la présentation des membres du bureau élus par le président sortant à la plénière. L’installation effective du nouveau bureau interviendra quant à elle le lundi 20 avril 2009.C’est donc à cette date que Vital Kamerhe cédera définitivement son fauteuil au nouveau président.
Au 20 avril 2009, la chambre basse du Parlement aura perdu un mois et 5 jours depuis l’ouverture de la session ordinaire de mars 2009, dans des querelles qui n’auraient pas leur raison d’être si Vital Kamerhe avait compris un peu plus tôt que la démocratie ne donne pas le droit à un homme de voguer à contre courant de ceux qui vous ont élu. Cette perte de temps inutile a causé du tort au Parlement et au pays en général. Il reviendra au nouveau bureau d’accélérer les dossiers urgents.
Charles Mukonkole




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