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Affaire Bemba
Ziguélé, ancien Premier ministre centrafricain,
implique Patassé
Dans
le feuilleton judiciaire de Jean-Pierre Bemba à la Cour
pénale internationale, l’issue semble jusqu’ici
incertaine tant aucun éclairage ne vient apporter de la
lumière sur la suite de la procédure après la
requalification des charges sollicitée par les juges.
Faut-il pour autant dire que l’affaire est close au
regard de l’évolution de la situation ? Ce serait sans
doute prématuré de tirer une telle conclusion tant que
l’ouverture d’un procès n’est jusqu’à ce jour pas
annoncée et tant que perdurera aussi la date de l’arrêt
des juges. C’est dans cette ambiance trouble que
l’ancien Premier ministre centrafricain, Martin Ziguélé
qui a évolué lors des événements de Bangui aux côtés de
l’ancien président, Ange-Félix Patassé vient de jeter un
pavé dans la mare. Dans un entretien accordé hier sur
Rfi, l’homme d’Etat centrafricain qui est dans la
réserve de la république a, à propos de l’implication
des dirigeants centrafricains de l’époque dans ce qu’il
est convenu d’appeler l’affaire Bemba, du nom de
l’ancien vice- président congolais, arrêté à Bruxelles
et transféré, le 3 juillet 2008, par la Cpi à La Haye,
défini le rôle joué par Patassé. Pour lui, l’ancien chef
d’Etat centrafricain faisait partie jadis de la chaîne
de commandement militaire en tant que chef des armées.
De ce fait, il doit, lui aussi, répondre de ce dossier.
Martin Ziguélé a déclaré, d’autre part, que lors du
conclave politique de réconciliation qui s’était tenu
l’année dernière à Bangui auquel Patassé avait pris
part, il avait reconnu que si la Cpi estimait nécessaire
de l’entendre à ce sujet, il n’hésiterait pas à
s’assumer. Quant à l’ancien Premier ministre
centrafricain, lui-même, il s’est auto-exclu du fait
qu’il ne faisait pas partie de la chaîne de commandement
militaire. Ces graves accusations démontrent que
l’implication des autorités centrafricaines, à un
certain niveau, dans ce feuilleton ne fait l’ombre
d’aucun doute. Cependant cela ne pourrait être possible
que si la Cpi portait Patassé sur les bans des accusés.
Or, jusqu’ici, rien n’a apparemment été entrepris dans
ce sens sauf bien sûr l’annonce de la poursuite des
enquêtes sur le terrain.
Empoignades entre l’accusation et la défense
Lors des audiences préliminaires de janvier 2009 en
perspective d’un éventuel procès et cela dans l’attente
de la décision des juges, les avocats de Jean-Pierre
Bemba, accusé de crimes contre l’humanité et de crimes
de guerre, avaient exclu la responsabilité de leurs
clients dans les présumés crimes commis par ses troupes
en République centrafricaine entre 2002 et 2003. Selon
la défense, ce n’est pas Bemba, mais l’ancien président
centrafricain, Ange-Félix Patassé qui « donnait les
ordres relatifs aux opérations militaires et fixait les
cibles sur le terrain ». Patassé actuellement en exil au
Togo avait, en effet, demandé l’aide du Mlc pour faire
face à la rébellion de François Bozizé. Me Aimé
Kilolo-Musamba a affirmé que ce sont les autorités
centrafricaines, sur les instructions directes de leur
chef d’Etat, qui ont fourni le matériel nécessaire
(véhicules, nourritures, uniformes…) aux miliciens du
Mlc. La défense avait cité, par la même occasion, la
Libye qui aurait livré l’armement et les munitions aux
hommes de Bemba.
Pour leur part, les procureurs de la Cpi, dans leurs
accusations, avaient tenté de prouver que Jean-Pierre
Bemba et Ange-Félix Patassé avaient, tous les deux,
l’intention de commettre des crimes contre la population
centrafricaine. Ils auraient, selon eux, mis un plan
commun pour « traumatiser et terroriser » cette
population et l’empêcher de soutenir la rébellion de
François Bozizé, actuel président centrafricain. Dans l’entretemps,
le suspense perdure dans cette affaire qui est encore
loin de livrer tous ses secrets.
NMN
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