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Appelé à travers une lettre du Dircab à obtenir autorisation pour toute dépense

Muzito répond à Kabila

- Tout en acceptant la procédure présidentielle, le Premier ministre demande que cela soit codifié à travers une ordonnance présidentielle

Le Premier ministre Adolphe Muzito n’a pas mis longtemps pour réagir à la lettre lui adressée par le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Adolphe Lumanu, par laquelle ce dernier lui faisait connaitre les nouvelles dispositions relatives à la gestion des Finances publiques.  Lesquelles les contraignent désormais à obtenir le visa de la présidence de la République pour engager des dépenses d’une certaine hauteur.

Dans un style protocolaire, le Premier ministre a pris acte de la décision du Chef de l’Etat. N’étant pas en mesure de s’écarter de cette nouvelle ligne imposée par le numéro un du pays, l’homme du Palu s’est plié, apparemment malgré lui, à la démarche qu’il a déclarée, par ailleurs,  approuver. Car, a-t- il dit, cela rentre dans le cadre de leur volonté commune d’assainir les Finances publiques.  Mais face à cette situation qui contraste avec les mécanismes classiques en vigueur quant à la liquidation  des dépenses publiques, le Premier ministre a, dans sa correspondance, suggéré au Président de la République de signer, dans les prochains jours, une ordonnance fixant les nouvelles procédures d’ordonnancement et de liquidation des dépenses publiques.

Devant la nouvelle tendance en vogue dans le milieu politique congolais qui consiste à étaler en public les correspondances échangées entre les hautes autorités du pays, personne ne peut dire exactement, à l’heure actuelle, si le principal destinataire de cette lettre, à savoir Joseph Kabila est déjà entré en possession de ce courrier, car Muzito semble avoir été plus pressé de laver son image dans la presse que de régler une affaire d’Etat.   En effet, la précipitation avec laquelle  le chef du gouvernement a procédé pour rendre public sa réaction, trahit son souci de laver rapidement dans l’opinion publique son image d’homme politique intègre qui a été sérieusement atteint par les spéculations engendrées suite à la démarche du Directeur de cabinet de Joseph Kabila. Muzito semble avoir été guidé plus par des considérations politiques que par le souci d’assainir les Finances publiques, comme il l’avance. Car, si tel était le cas, il aurait mieux fait de prendre langue avec le chef de l’Etat pour aplanir, en interne, les zones d’ombres qui existent au sujet de la gestion des Finances publiques. Dans ce cadre interne, il aurait pu proposer, avec succès, au Chef de l’Etat la signature de cette nouvelle ordonnance.  L’autre souci majeur de Muzito, en publiant sa réponse, demeure la réaffirmation de son autorité en tant que Premier d’entre les ministres puisque la nouvelle donne introduite par le Chef de l’Etat a considérablement miné son autorité en tant que chef du gouvernement, surtout dans la perspective d’un Gouvernement de coalition comme le sien où il est appelé à diriger des chefs des partis politiques souvent réfractaires à un leadership faible.

Mais en cherchant à tout prix à sauver sa ‘’peau’’ et son image, Adolphe  Muzito s’est plutôt mis dans des sales draps, s’est brulé les doigts et a aggravé son cas dans un contexte qui lui était déjà peu favorable. En effet, le Premier ministre s’est comporté comme s’il dirigeait un Gouvernement de cohabitation où les deux têtes de l’exécutif sont souvent opposés sur presque toutes les questions. La réponse d’Adolphe Muzito, en dehors de son aspect protocolaire, est une façon de démontrer au Président de la République qu’il maitrise la situation mais que quelque part, il y a quelque chose qui n’est pas fait. C’est pourquoi il demande au Chef de l’Etat de prendre une ordonnance fixant les nouvelles règles en matière de la gestion des Finances publiques. Cela veut dire que lui, Muzito, est prêt et qu’il n’attend que le Chef de l’Etat.

Dans ces conditions, il lui sera très difficile d’obtenir un résultat positif de la part du Président de la République dont on connait le sens très raffiné de ses réactions. Pour un homme qui ne laisse pas facilement transparaître ses émotions et qui prend tout son temps pour murir les questions, il est fort à parier que Joseph Kabila ne répondra pas à la demande d’Adolphe Muzito qui lui a lancé une sorte de défi. Cette manière là de procéder, de la part du Premier ministre, est une grosse faute politique surtout que l’homme a commis l’imprudence de jeter dans la presse un problème qui pouvait être traité entre responsables. Muzito porterait même la responsabilité d’être à l’origine de cette affaire dans la mesure où ce sont ses services qui auraient dévoilé la lettre du Directeur de cabinet du chef de l’Etat. Si Kabila avait la volonté de le diminuer, comme il a cru comprendre, il aurait pu médiatiser l’affaire. Au contraire, les services du Président de la République ont adopté un profil bas en privilégiant le devoir de réserve qui doit caractériser les grands animateurs des institutions du pays.

Tout le monde attend désormais la réaction du cabinet du chef de l’Etat. Etant donné que la lettre de Muzito n’est qu’une réponse à la lettre du chef de l’Etat, le cabinet va maintenant passer à la vitesse supérieure en tirant toutes  les conséquences qui s’imposent. Adolphe Muzito a bien des soucis à se faire et doit absolument trouver un bon ‘’tempo’’ pour harmoniser ses relations avec le Chef de l’Etat.        

Charles Mukonkole

 

 

Radioscopie du Gouvernement Muzito

La gouvernance pose problème

La République a commencé la publication de la radioscopie du gouvernement Muzito I dans son édition du vendredi dernier. Depuis fin octobre 2008 que ce gouvernement des missions a été mis en place, s’est-il réellement attelé aux urgences et à apporter des réponses à la crise qui frappe le pays, tout comme le monde ? Nos enquêteurs ont parcouru 16 communes de la ville province de Kinshasa du 18 mai au 01 juin 2009 obtenant les avis de la population sur la prestation des ministres au regard de la visibilité de leurs réalisations.

Enseignants, étudiants, médecins, journalistes, fonctionnaires, paysans, ouvriers, chômeurs habitant les communes de la Gombe, Ngaliema, Lemba, Matete, N’djili, Kalamu, Nsele, Mont-Ngafula, Kinshasa, Lingwala, Masina, Kasa-Vubu, Limete, Ngaba, Kisenso et Kimbanseke, ont donné leurs avis et même côté chaque ministre membre du gouvernement. Globalement les avis sont défavorables pour la plupart des ministres. Ils déplorent le fait de constater plus la visibilité de l’enrichissement des ministres et leurs clients, plutôt que la visibilité des actions pour lesquelles ils ont été désignés au gouvernement.

La cotation peut ne pas refléter entièrement la prestation du ministre, mais elle vaut de la peine du fait qu’elle est l’expression de l’opinion. Si lors de notre enquête réalisée sur le même sujet en octobre 2008, la côte supérieure était 7/10 du gouvernement Muzito  I, la  meilleure côte est descendue à 6,5/10.

Olivier Kamitatu Etsu, ministre du Plan. 4/10. En cette période de crise financière mondiale et de la faillite des mines où il fallait redéfinir la politique économique du pays, l’opinion a beaucoup attendu en vain qu’un programme minimal de relance économique soit pondu auprès du ministre Olivier Kamitatu. On le reproche de laisser le gouvernement naviguer à vue comme si le ministère du Plan n’existait pas.

André-Philippe Futa, ministre de l’Economie nationale et Commerce. 5/10. Comme lors de l’enquête du mois d’octobre sur les ministres du gouvernement Gizenga II, le ministre Futa n’arrive toujours pas à convaincre l’opinion, malgré la réussite de sa potion appliquée sur le dossier « Ciment ». Les perturbations monétaires qui se comportent par des hausses et baisses des taux des devises par rapport au franc congolais, laissent les commerçants appliquer des prix à la hausse comme si aucun service de l’Economie n’existait dans le pays.

 

Norbert Basengezi Kantitima, ministre de l’Agriculture. 6/10. A peine arrivé au gouvernement, le ministre Basengezi est présenté comme l’un des ministres les plus actifs du gouvernement se comportant en homme de terrain en cette période où ce secteur est redevenu une priorité gouvernementale à la suite de la faillite des mines. Seulement, on lui demande plus d’actions concrètes et la sensibilisation à grande échelle.

(A suivre)

 

«La République» s'est invitée aux élections européennes du week-end à travers son correspondant Jean Boole

Pona ya Jean: un Kinois sur les listes du VLD

«Pona ya Annemie», proclame sur ses affi-ches Jean Boole Ekumbaki, tandis que de son côté Annemie Neyts suggère " Stem voor Jan ". Le premier candidat issu de la communauté congolaise à figurer à Bruxelles sur une liste du VLD n'est peut-être que 12eme suppléant, mais il croit en ses chances : " je ne sollicite pas le vote ethnique, comme ces leaders (Leterme, Milquet) qui vont faire campagne à Matonge. Ce que je veux, c'est être un pont entre la communauté flamande et les Congolais de Belgique : les Flamands doivent savoir qu'ils ont une place au Congo…Quant aux Congolais, je veux les sortir de l'assistanat, les encourager à créer des entreprises, à s'intégrer dans la société belge " par le haut ". C'est dans cet esprit que j'ai présenté des hommes d'affaires africains à Guy Vanhengel…"

C'est le truculent tête de liste VLD à Bruxelles, populaire parmi les francophones également, qui a découvert Jean Boole, interprète auprès des instances d'asile belges et surtout, ancien journaliste du quotidien Salongo à Kinshasa. Vanhengel a convaincu celui qui est aujourd'hui encore correspondant à Bruxelles du quotidien kinois La République, de se lancer dans la bataille, voyant déjà en lui, lors d'une prochaine législature, un ministre bruxellois aussi libéral qu'africain…

Il faut dire qu'en moins de vingt ans, Boole Ekumbaki, un Kinois bon teint, a fait du chemin : c'est en 1993 qu'il est arrivé en Belgique, fuyant une vague de répression déclenchée par le régime mobutiste contre une presse kinoise qui avait pris goût à la liberté d'expression. Installé à Asse, l'ancien reporter a décidé de s'intégrer, au plus vite, en famille. Si l'aîné de ses trois garçons, 21 ans, a été scolarisé en français, les deux autres, aujourd'hui âgés de 19 et 12 ans ont tous deux poursuivi leurs études en néerlandais et sont parfaitement bilingues. Leurs succès scolaires mais aussi sportifs n'ont pas peu contribué à l'intégration de la famille car c'est grâce à eux que l'équipe de foot de leur école est passée en catégorie supérieure !

Sans s'avouer gêné par la politique restrictive menée par Anemie Turtelboom à l'encontre des sans papiers, Boole, diplomate, assure que " c'est de l'intérieur qu'on peut influencer le système." A Bruxelles, ville cosmopolite, il estime pouvoir défendre un message de tolérance, d'ouverture à la diversité…

Colette Brackman/Le Soir





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