Tout Lubumbashi en parle
Sncc : 5 millions de dollars débloqués par le gouvernement pour payer les salaires des agents

De bouche à oreille, les bruits circulent dans la ville de Lubumbashi sur un possible début du paiement des salaires des agents en grève de la Société nationale des chemins de fer du Congo (Sncc) d’ici le début de la semaine prochaine, et la reprise du travail au sein de cette entreprise. Certains disent même que les opérations de paie pourraient intervenir d’ici samedi. Alerté par ces bruits encourageants qui ont circulé, apprend-on, non seulement dans la capitale cuprifère, mais aussi à Likasi, Kamina, Kaniama, Kalemie, Luputa, Mwene-Ditu, Kananga, Kindu et dans bien d’autres sites d’exploitation ferroviaire et lacustre de la Sncc, la rédaction du journal s’est lancée à la vérification de l’information. Ainsi, avons-nous appris que le délégué syndical principal de la Sncc qui se trouve encore à Kinshasa est celui qui a appelé certains de ses collègues syndicalistes pour leur demander de calmer les agents et de les rassurer sur le paiement imminent des salaires et la reprise prochaine du travail.
Le syndicaliste principal, tout comme l’administrateur directeur technique de l’entreprise, qui sont présentement à Kinshasa, rassureraient les agents sur le déblocage par le gouvernement d’un montant de 5 millions de dollars en faveur de la Sncc, et que ladite somme serait en train de suivre la trajectoire normale de la chaîne de dépenses pour sa libération très prochaine. Ce montant, d’après la même source, rassemble deux tranches libérées par le gouvernement à raison de 3,5 millions de dollars Us et de 1,75 millions de dollars Us. Cet argent ainsi débloqué servira à alimenter la rubrique « rémunération » ; et aussi d’autres telles l’exploitation, la maintenance et l’équipement.
En effet, le gouvernement honore là, selon les déclarations faites à l’hémicycle du Sénat par le ministre national des Transports et voies de communications, le 02 avril dernier, la dette certifiée de l’Etat vis-à-vis de la Sncc, qui est de l’ordre de 14 millions de dollars. Le solde sera payé par compensation sous forme de lubrifiants et carburant dont l’entreprise a largement besoin pour son exploitation. A cette occasion, le ministre des Transports avait aussi annoncé la mobilisation au courant du troisième trimestre de l’année en cours d’un montant de 30 millions de dollars Us provenant de la Banque africaine de développement (Bad) pour financer la relance de l’entreprise, auquel il faudra ajouter 20 millions attendus de la Banque mondiale qui permettront de liquider le dossier « agents retraités ».
Pour rappel, les agents de la Sncc sont en grève depuis le mois de septembre dernier en pleine début de la crise financière mondiale. Cette grève a aligné beaucoup de dégâts qui risquent de condamner encore l’entreprise à une gymnastique impossible pour sa relance effective. 6 millions de dollars de manque à gagner estimés, baisse du chiffre d’affaires de l’entreprise aux mois de février et mars 2009, avarie des marchandises périssables à la suite du blocage des 9 locomotives et wagons chargés des vivres et des entrepôts restés fermés avec des marchandises diverses enfermées ; paralysie des industries minières et crise des produits de première nécessité ; destruction méchante d’une partie du rail à certains endroits de la longue ligne ferroviaire.
Cette grève prive ainsi les provinces du Katanga, du Kasaï oriental, du Kasaï occidental, du Maniema ainsi que d’autres provinces environnantes des marchandises et fournitures diverses. Elle préjudicie aussi les activités économiques sur les axes Lubumbashi-Dilolo via Kolwezi ; Lubumbashi-Kasumbalesa ; Lubumbashi- Kalemie ; Lubumbashi-Ilebo ; Lubumbashi-Kindu ; Kalemie-Kabalo, sans oublier d’autres axes ferroviaires et fluviaux de la province Orientale et du Sud-Kivu.
Au gouvernement d’accélérer le processus de sortie des fonds et aux travailleurs de peser les conséquences d’une longue grève et de la destruction de l’outil de travail qui s’en est suivi.
T.L.

 

Assemblée Nationale
Réactions mitigées sur la mesure de rétention de 30 % de l’impôt professionnel sur le revenu

 

C’est à une véritable levée des boucliers des députés que l’on assiste depuis que le gouvernement a pris la salutaire mesure de rétention de 30 % de l’impôt professionnel sur le revenu du personnel politique. Et pourtant cette disposition concerne également le Chef de l’Etat, le Premier ministre, les ministres et les sénateurs astreints tous au paiement de l’impôt. Il n’ y a, dès lors, pas de raison pour que les députés soient seuls exclus de cette mesure. Cette décision est entrée en vigueur dès le mois de mars dernier qui a vu les salaires connaitre un rabattement de l’ordre de 30 %, soit environ 100.000 dollars américains encaissés par la Direction générale des impôts en rapport avec les rémunérations du personnel politique de mars. Leur part s’élève, selon des sources fiables, à 17.534.354,54 Fc pour l’exercice budgétaire 2009.
Epidermiques dans la plupart des cas, les réactions enregistrées qui sont autant partagées que mitigées démontrent l’absence de la culture fiscale de la plupart des députés congolais habitués à percevoir sans contrepartie pour le trésor public. Or, ailleurs, c’est une fierté pour un élu du peuple que d’exhiber les documents relatifs au paiement d’impôt surtout avant le vote pour convaincre l’électorat de son honorabilité. En Rd Congo, c’est comme si cela n’était que l’affaire des opérateurs économiques et des gagne-petits. Tel est le cas du député Pierre Hubert Maliso des Forces du Futur qui a qualifié cette décision du gouvernement d’arbitraire. Pour lui, « même la dîme de Dieu ne se paie pas à 30 %, ça se paie à 10 % ». (sic). Dans le cas d’espèce, il ne s’agit ni de la dîme ni de l’offrande mais de l’impôt du à l’Etat ! Ce que ledit honorable oublie, c’est le fait que l’impôt emporte parfois près ou plus de 50 % du salaire brut et d’autres rubriques imposables. Il n’a qu’à demander aux travailleurs des entreprises, véritables patriotes, qui vont mieux lui apprendre les leçons de civisme, lui qui prétend être le défenseur de la population.
A en croire le ministre du Budget, Michel Lokola, l’objectif de cette mesure est d’augmenter les recettes de l’Etat. Par ces temps de crise financière internationale, n’est-ce pas une décision salutaire que le personnel politique à tous les niveaux puisse s’acquitter d’une quotité revenant à l’Etat ? Inculture fiscale, quand tu nous tiens !

La République
 






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