Processus de paix à l’Est de la Rd Congo
Kabila et Obasanjo examinent les derniers réglages du dossier Cndp
- Le chef de l’Etat et le facilitateur des Nations Unies ont évalué mardi l’état de la situation générale après la conclusion de l’accord de paix entre le Gouvernement et le Cndp du 23 mars 2009 à Goma
- Dans cette édition, La République publie  la copie de cet accord que d’aucuns ont qualifié de top secret

La détermination du chef de l’Etat, Joseph Kabila à aller jusqu’au bout de son initiative de paix au Nord et Sud-Kivu après l’heureux développement de la situation favorisé par le rapprochement entre Kinshasa et Kigali ayant abouti particulièrement à la fin de la guerre, a ouvert décidément la voie pour la consolidation de cet acquis. C’est dans ce cadre qu’il faudrait situer la signature à Goma, le 23 mars dernier, de l’accord de paix entre le Gouvernement congolais et le Cndp, aboutissement de longues et laborieuses négociations menées au plan diplomatique grâce au soutien de la communauté internationale.
Poursuivant sur la même lancée de l’esprit d’ouverture, le président de la République s’est entretenu mardi à Kinshasa avec l’émissaire du secrétaire des Nations Unies, Olusegun Obasanjo des questions relatives à la facilitation et à la médiation dans les négociations entre le gouvernement et le Cndp. Facilitateur commis à ces pourparlers, l’ancien président nigérian a déclaré, à ce propos, à la sortie de ces entretiens ce qui suit : «  Nous avons parlé essentiellement de la paix durable et définitive dans l’Est de la Rdc ». Ce langage au demeurant diplomatique ne traduit pas moins la préoccupation de l’heure. Sortant de la bouche de celui-là même qui se démène depuis novembre dernier pour recoller les morceaux depuis le déchirement qu’a connu cette partie du territoire national faisant la navette entre Kinshasa-Kigali-Jomba et Nairobi et vice-versa, cela ne peut que réconforter les personnes éprises de paix et de justice.
Plus explicite, Obasanjo a, à une question, reconnu que la signature d’un accord de paix entre les deux parties (Gouvernement et Cndp) n’est que le début d’un processus. Ce qui, de son point de vue, est fondamental. Profitant de cette occasion, il a indiqué que le chef de l’Etat a révélé qu’il sera mis sur pied un comité de suivi en vue de la matérialisation d’une paix durable et définitive dans l’Est de la Rdc. Il est évident que cet organe est prévu dans l’accord de paix conclu entre les deux parties dans son article 14. Il y est clairement stipulé la création d’un comité national paritaire de suivi Gouvernement-Cndp à instituer par un texte règlementaire qui sera chargé de veiller à la mise en œuvre de cet accord. Trois mois, c’est la durée de son mandat qui est renouvelable. Outre cet organe, il est aussi prévu un comité international de suivi composé de l’Organisation des Nations Unies, l’Union africaine et la Conférence internationale sur la région des grands Lacs qui aura pour tâche principale d’assurer le suivi de la mise en œuvre effective par les parties. A cet effet, les institutions précitées, par le truchement des deux co-facilitateurs constituent les principaux maillons dudit comité. A l’instar du comité national paritaire, il a aussi un mandat de trois mois, avec possibilité de renouvellement. Benjamin Mkapa, envoyé spécial de l’Union africaine et co-facilitateur, Apollinaire Malu Malu, coordonnateur du programme Amani et Amuri Kabaruza, coordonnateur de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les pays des Grands Lacs ont pris part à ces entretiens.
Les derniers réglages
Les concertations de mardi entre Joseph Kabila et Olusegun Obasanjo ont essentiellement pour soubassement l’évaluation des progrès réalisés depuis la signature de l’accord entre le Gouvernement et le Cndp et enfin l’examen des perspectives. Après le rejet par le Sénat du projet de loi portant sur les faits de guerre et insurrectionnels pour son caractère sélectif aux provinces du Nord et Sud-Kivu qui intéresse au premier chef l’ancien mouvement rebelle qui s’est transformé en parti politique, on estime que le gouvernement qui avait initié, en son temps, ce projet de loi prendra des dispositions dans le sens de l’intérêt collectif. Selon la procédure, ledit projet devra faire l’objet de « concertations » avec l’Assemblée nationale avant son adoption. Dans l’entretemps, la consolidation de la paix sur toute l’étendue du pays et surtout dans la partie de l’Est reste au centre des préoccupations.
Ndong.M.N.

 





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