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Remaniement gouvernemental
Kabila décidé à garder le cap
Dans
les salons huppés de la ville haute et dans les
bas-fonds des cités urbaines, l’actualité nationale
reste dominée par la réaction du Premier ministre,
Adolphe Muzito à la lettre lui adressée récemment par le
directeur de cabinet du chef de l’Etat, Adolphe Lumanu,
par laquelle ce dernier lui transmettait les
instructions de la hiérarchie en rapport avec les
nouvelles dispositions relatives à la gestion des
finances publiques. Il s’agit des nouvelles procédures
d’ordonnancement et de liquidation des dépenses
publiques d’une certaine hauteur devant désormais
requérir le visa de la présidence de la République.
L’affaire fait grand bruit dans les milieux politiques
au point qu’elle est interprétée comme un désaveu du
chef du gouvernement surtout qu’une motion de défiance
pèse sur sa tête à l’Assemblée nationale. Si le
président de la République a anticipé, en prenant ces
dispositions conservatoires, ce qu’il y a anguille sous
roche, c’est-à-dire des choses pas claires dans la
gestion des finances publiques. Le souci de la bonne
gestion, indique une source avisée, est à la base de
cette démarche. Dans la foulée, on ne s’empêche
cependant d’évoquer naturellement l’éventualité de la
démission du Premier ministre. Aura-t-il le courage de
franchir le Rubicon en déposant sa démission ou
résistera-t-il à la tentation jusqu’à ce que sa tête qui
est mise à prix à la chambre basse du Parlement puisse
tomber ? A l’heure de profonds changements attendus sur
la scène nationale que des sources fiables font de plus
en plus écho, on s’interroge sur le sort qui lui serait
réservé au cas où il n’arrivait pas à braver cette
épreuve.
Assurément cette affaire tombe à une période cruciale
car, elle surgit au moment où le chef de l’Etat compte
nettoyer les écuries d’Augias et, est, en même temps, à
la recherche des hommes sûrs, déterminés… partageant la
même vision que lui devant l’accompagner dans le
parcours qui lui reste de son mandat jusqu’en 2011 pour
redresser le pays. Selon certaines sources, les jeux
sont déjà faits s’agissant du remaniement du
gouvernement Muzito. Il ne resterait que les derniers
réglages avant que l’ « ouragan » ne puisse s’abattre
sur la scène nationale. On croit savoir que d’autres
secteurs de la vie nationale seraient également
concernés tels que l’armée, les services de sécurité. Il
est question de leur donner une nouvelle impulsion en
vue notamment de relever les nombreux défis.
Le temps de l’action
La tâche qui revient à Joseph Kabila pour redresser le
pays n’est pas de tout repos. Il en a certes la volonté,
mais avec le concours de quels hommes le fera-t-il car,
durant les trois années de gestion dans le cadre de
l’accord Amp-Palu-Udemo, les résultats n’ont guère été
probants. Au contraire, ils ont été en dessous de la
moyenne. La majorité de ceux qui ont géré au niveau du
gouvernement, ont brillé par l’absentéisme, la mégestion,
l’enrichissement illicite, le trafic d’influence…
Disposer des hommes intègres, sûrs, capables d’innover,
voilà le hic du problème. L’avenir, c’est ce que le chef
de l’Etat en décidera par rapport aux hommes qui devront
l’accompagner. Dans les circonstances actuelles, l’heure
de la contemplation doit être dépassée pour l’action
avec des hommes nouveaux susceptibles de donner un
nouveau souffle à l’exécutif. Depuis l’aveu fait par le
président de la République au journal américain «New
York Times» et au quotidien belge «Le Soir» de ne pas
disposer quinze collaborateurs sûrs sur qui il peut
compter, dans les milieux de la majorité, c’est le
branle-bas de combat. Parmi ceux qui sont catalogués
comme des « bois morts », des ministres 30 %
spécialistes de perception des commissions auprès des
investisseurs étrangers… il y a ceux qui tiennent
mordicus à rester au gouvernement au nom de l’accord
électoral conclu en 2006 alors que lors du scrutin de
2011, seul Joseph Kabila devra présenter le bilan de son
mandat.
Corriger les erreurs du passé
Selon des sources sûres, la formation du futur
gouvernement n’a guère pour fondement des négociations
qui auraient eu lieu entre les forces politiques en
présence. Ce qui est une originalité. Dans le régime
semi-présidentiel régulant le système politique
congolais, Joseph Kabila est le seul garant de la
nation. Et à ce titre, il jouit de la liberté de former
le gouvernement comme il l’entend dans l’intérêt
supérieur de la nation. Certainement sans minimiser le
poids que pourrait représenter ce gouvernement à
l’Assemblée nationale à travers sa majorité. Il ne
saurait, de ce fait, subir des pressions que ce soit
internes ou externes ou être l’objet d’un quelconque
chantage des partis politiques membres de l’Amp même de
la part de ceux qui ont été incapables de donner le
meilleur d’eux-mêmes au sein de l’équipe Gizenga 1 et 2
et ensuite celle de Muzito. Dans l’étape actuelle, il
convient que des hommes aguerris puissent prendre la
place des hommes fatigués en vue d’impulser la cohésion
autour du chef de l’Etat et de colmater les brèches. Ce
n’est qu’en changeant conséquemment l’attelage que l’on
pourrait s’attendre à des bons résultats et que Joseph
Kabila pourrait se présenter la tête haute à la
prochaine élection présidentielle de 2011. En rapport
avec la préoccupation du président de la République de
s’entourer des hommes nouveaux, Joseph Kabila doit
garder le cap.
Ndong.M.N.
Radioscopie du Gouvernement Muzito
La gouvernance pose problème
La
République a commencé la publication de la radioscopie
du gouvernement Muzito I dans son édition du vendredi
dernier. Depuis fin octobre 2008 que ce gouvernement des
missions a été mis en place, s’est-il réellement attelé
aux urgences et à apporter des réponses à la crise qui
frappe le pays, tout comme le monde ? Nos enquêteurs ont
parcouru 16 communes de la ville province de Kinshasa du
18 mai au 01 juin 2009 obtenant les avis de la
population sur la prestation des ministres au regard de
la visibilité de leurs réalisations.
Enseignants, étudiants, médecins, journalistes,
fonctionnaires, paysans, ouvriers, chômeurs habitant les
communes de la Gombe, Ngaliema, Lemba, Matete, N’djili,
Kalamu, Nsele, Mont-Ngafula, Kinshasa, Lingwala, Masina,
Kasa-Vubu, Limete, Ngaba, Kisenso et Kimbanseke, ont
donné leurs avis et même côté chaque ministre membre du
gouvernement. Globalement les avis sont défavorables
pour la plupart des ministres. Ils déplorent le fait de
constater plus la visibilité de l’enrichissement des
ministres et leurs clients, plutôt que la visibilité des
actions pour lesquelles ils ont été désignés au
gouvernement.
La cotation peut ne pas refléter entièrement la
prestation du ministre, mais elle vaut de la peine du
fait qu’elle est l’expression de l’opinion. Si lors de
notre enquête réalisée sur le même sujet en octobre
2008, la côte supérieure était 7/10 du gouvernement
Muzito I, la meilleure côte est descendue à 6,5/10.
Athanase Matenda Kyelu,
Ministre des Finances. 4/10. Ministre à ce poste depuis
le gouvernement Gizenga I, l’homme est parmi les rares
ministres qui ont résisté aux différentes tempêtes qui
ont secoué le gouvernement de la Troisième République.
Ancien secrétaire général, ensuite Administrateur
délégué de la Fédération des entreprises du Congo,
l’homme est entré au gouvernement par la fonction
publique pendant la transition. Aux Finances, tout se
raconte sur sa personne. En dehors des échecs en
cascades qu’il ramènerait de ses pourparlers avec les
institutions de Bretton Woods, l’opinion consultée a
aussi une mauvaise image de lui sur le plan de la
gestion des finances publiques. Pour cette opinion, les
différents paiements dans le cadre de la dette
intérieure non effectués, c’est lui. Les pourcentages
des commissions qui seraient exigées par certains
fonctionnaires et membres de son cabinet pour bénéficier
d’un paiement retombent aussi sur lui. Des anecdotes
divers sont véhiculés sur l’enrichissement sans cause
des membres de son cabinet qui ne se gênent pas
d’exhiber sur la voie publique grosses cylindrées,
villas et autres amassées par leur présence aux
finances. On ne le pardonne pas à l’Assemblée nationale
d’avoir transformé au mois de mars dernier un fonds
important libéré en devise dollar Us au profit de la
chambre basse en francs congolais, comme si le cabinet
du ministre était un bureau de cambistes.
Michel Lokola Elemba,
Ministre du Budget. 4,5/10. Ancien directeur de cabinet
adjoint au même ministère sous Adolphe Muzito, Michel
Lokola n’est pas très bien connu du grand public qui a
donné son appréciation de lui par rapport à la
prestation des membres de son cabinet et des
fonctionnaires de son ministère. Globalement, comme
c’est le cas pour le ministère des Finances, les
pratiques des pourcentages, voire des détournements des
frais funéraires des fonctionnaires et autres fonds
seraient fréquents au sein de ce ministère que le
ministre n’a pris aucune initiative pour les décourager.
Jeannine Mabunda Lioko,
Ministre du Portefeuille. 5,5/10. Cette dame de fer a
marqué sa présence au gouvernement par les quatre lois
sur la réforme des entreprises du portefeuille dont le
Premier ministre vient de rendre public les décrets
d’exécution. Certes, ces lois vont permettre pour une
fois de clarifier le statut de certaines structures du
gouvernement qui se faisaient pompeusement appeler
entreprises publiques sans démontrer nullement leur
capacité de production et de participer à l’économie
nationale, c’est la mise en application de ces mesures
de réforme qui parait difficile, en dépit des assurances
et de la détermination du gouvernement. On lui reproche
aussi de signer des partenariats de gestion avec des
firmes étrangères qui ne rapportent pas de financements
aux entreprises, et au pire coûtent plus cher à l’Etat
congolais sans que ces entreprises ne puissent obtenir
les résultats attendus. On cite les cas de l’Onatra, de
la Sncc… Les comités de gestion des entreprises
publiques issus des concours organisés par le Copirep
lui en veulent aussi pour l’incertitude dans laquelle
elle les a mis depuis la publication des derniers
décrets du Premier ministre.
Simon Mboso Kiampatu,
Ministre de l’Industrie. 5,5/10/ Le ministre Simon Mboso
serait le ministre de l’Industrie sans industrie. On
attendait de lui suffisamment d’initiatives pour
encourager et soutenir les quelques industries encore
existantes au pays publiques ou privées.
Malheureusement, l’opinion dit ne rien voir de tout cela
en dehors du soutien apporté à la Cimenterie de Lukala à
la suite de l’éboulement de ses usines, et à la
Cimenterie nationale qui a repris sa petite production.
On lui demande de voir aussi la Sidérurgie de Maluku,
Interfruit de l’inventeur Kabasele, etc.
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