Expulsés de l’Angola
Dix-neuf génocidaires rwandais dans les geôles de la Rdc

Les frontières congolaises sont-elles devenues des passoires où tous les aventuriers du monde s’amusent à franchir sans peine ? La question mérite d’être posée au regard de l’évolution de la situation. Il ne se passe pas un mois sans que les ressortissants des pays africains parmi lesquels ceux de l’ouest du continent ne tombent dans les filets de la police angolaise avec des passeports congolais avant d’être refoulés dans notre pays. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, des rwandais au nombre de dix-neuf ont été appréhendés dans le nord de l’Angola munis des passeports congolais qualifiés de faux. Ces voyageurs insolites ont la particularité d’être de génocidaires ayant trempé dans les massacres de tutsis en 1974 au Rwanda. Sitôt que le pot aux roses a été découvert, ils ont tous été expulsés vers le Rd Congo par où ils seraient entrés en Angola. Ces « clandestins » se trouvent présentement gardés au frais sur le territoire congolais.
Avec le démantèlement de ce réseau, il se pose le problème fondamental de la migration des étrangers africains en séjour en Rdc vers les frontières nationales particulièrement celles de l’Angola. Au regard de la situation, on s’interroge sur le fonctionnement et les ramifications de la filière qui est à la base de cette immigration clandestine avec en plus, des vrais-faux passeports congolais. De quelles complicités jouissent ces gens en Rdc pour passer les frontières avec des titres de voyage soient-ils faux sans être inquiétés ? En attendant que toute la lumière soit faite par les services intéressés en la matière sur cette situation prenant une ampleur inquiétante, il y a lieu de reconnaître que ces opérations frauduleuses bénéficieraient sans doute des services des passeurs profitant de leurs positions dans des structures de l’Etat pour se faire graisser la patte. Dans la même catégorie figureraient aussi les faussaires spécialisés dans la délivrance des faux passeports et l’organisation des voyages clandestins. Tant que tous ces réseaux continueraient à agir dans l’ombre sans qu’ils ne soient démantelés, il est évident que le mal perdurera à cause de l’appât du gain facile. La sonnette d’alarme est tirée, les services intéressés ont le devoir d’y veiller.
Affaire à suivre.
NMN

 

 

Concertations politiques de Kinshasa
Gouvernement – Cndp : on se rapproche du but
- Des progrès notables sont réalisés en termes de retour d’une paix durable au Nord et Sud-Kivu, gage de la reconstruction de l’Est du pays

 

Les concertations entamées en début de la semaine dernière à Kinshasa entre le Gouvernement et le Cndp ont permis de raffermir davantage les rapports entre les deux parties dans l’esprit des accords politiques conclus, le 23 mars dernier, à Goma, au Nord-Kivu. La course d’obstacles à laquelle les délégués de ces deux composantes se sont adonnés ont conduit à des résultats probants. L’ancien mouvement rebelle qui s’est transformé en parti politique a, d’ores et déjà, exprimé sa satisfaction par rapport aux points de convergence. Il s’agit, dans un premier temps, de la question des prisonniers politiques, du retour des réfugiés et des déplacés internes et ensuite de l’amnistie.
Selon l’accord signé entre le Gouvernement et le Cndp, il est stipulé dans son article 2 que le Gouvernement s’engage à procéder à la libération des prisonniers, dans les plus bref délais, en rapport avec la liste réactualisée à présenter par le Cndp, conformément aux Actes d’engagement de Goma et ensuite à assurer leur rapatriement dans leurs lieux d’habitation. S’agissant du retour des réfugiés et des déplacés internes, le Gouvernement s’est engagé à réaliser dans les plus brefs délais, les commissions tripartites relatives aux réfugiés congolais se trouvant dans les pays voisins et à inciter des actions de réhabilitation nécessaires à leur réinsertion. Les deux parties se sont convenues, d’autre part, à inciter et à faciliter le retour des déplacés internes. Les modalités pratiques relatives à ces opérations ont, dès lors, fait l’objet de l’élaboration de mécanismes particuliers, notamment l’identification, l’étude de localisation, la viabilisation des zones de retour (sécurité, infrastructures, eau…) et la réinsertion sociale.
La promulgation, le 7 mai 2009, du décret-loi portant amnistie pour des faits insurrectionnels et de guerre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu par le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange vient compléter la panoplie des dispositions devant concourir à la normalisation complète des rapports. C’est la résultante des accords signés à Goma entre le Gouvernement et les groupes armés dont le Cndp. En vue de faciliter la réconciliation nationale, le Gouvernement s’est engagé à promulguer une loi d’amnistie couvrant la période allant de juin 2003 à la date de sa promulgation, et ce conformément au droit international. C’est chose faite.
Cependant, à ce sujet, les parties conviennent de l’observance stricte de l’indépendance du pouvoir judiciaire telle que consacrée par la Constitution. Il est entendu, par ailleurs, que la loi d’amnistie promulguée n’annule nullement la responsabilité civile des auteurs de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. C’est donc un mauvais procès qui est fait vis-à-vis du gouvernement par une certaine opinion.

Des progrès réalisés
La concrétisation des accords politiques conclus entre le Gouvernement et le Cndp est l’objectif majeur des pourparlers entamés, la semaine dernière dans la capitale, conduits pour l’Exécutif par le ministre de la Coopération Régionale et Internationale, Raymond Tshibanda et pour ce parti politique par son président, Désiré Kamanzi. Des avancées remarquables ont été réalisées, indique une source fiable. A l’allure où les deux parties se rapprochent, reconnait un diplomate occidental, tout porte à croire que les germes de la guerre au Kivu seront bientôt réduites.
Dans les milieux gouvernementaux, on se félicite des progrès réalisés lors des concertations de Kinshasa dans le sens de résoudre les nombreux problèmes qui se posent sur le terrain tant au plan politique, sécuritaire qu’humanitaire. Avec la mise en place du comité national paritaire de suivi chargé de veiller à la mise en œuvre de l’accord de Goma, le Gouvernement apporte ainsi une preuve tangible de son implication à l’instauration de la paix au Nord et Sud-Kivu dans l’esprit de l’Acte d’engagement de janvier 2007 dont il est signataire et de l’Accord du 23 mars dernier à Goma.
Dans le processus de paix au Kivu, la grande question demeure outre la ferme volonté de la cessation des hostilités par les groupes armés, leur désengagement, étape préliminaire importante conduisant nécessairement au brassage, à l’intégration dans les Fardc, à la démobilisation et à la réinsertion sociale. Le retour d’une paix durable dans cette partie du pays n’est certes possible que par le dialogue mais aussi, par le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la Rdc. Tous les efforts doivent tendre dans ce sens.
Ndong.M.N.




 




<<< Retour à la page d'acceuil

__________________________________

Aussi Sur Nyota.net