Remaniement au sein du gouvernement provincial du Bas-Congo

Le gouverneur Mbatshi fait voler en éclat la coalition AMP et viole l’unité Kongo

Comme tout le monde le sait, le gouverneur de province du Bas-Congo, M. Simon-Floribert Mbatshi Batshia, a depuis le jeudi 8 janvier 2009, signé son arrêté provincial n° 090/BIS/CAB/GOUV/BC N° 001, le tout premier de l’année, portant remaniement du gouvernement provincial. Un remaniement plusieurs fois repoussé pour des raisons que seule la politique connaît les arcanes.

Mais devant ou face à l’ouragan des intérêts politiques, le remaniement est tombé quand même au soir du 8 janvier 2009, ainsi semblait dire son signataire au cours du conseil des ministres du vendredi 9 janvier qui recevait les trois  nouveaux ministres entrant et les anciens permutés.

Loin de faire l’unanimité, ce remaniement a suscité divers commentaires au sein de l’opinion qui le juge complaisant dans le sens où son mobile ne se fonde sur aucun jugement de valeur, de compétence, de méritocratie ni encore moins d’efficacité car, le tout étant tributaire de l’animateur principal. Non seulement que l’opinion est restée indécise et patois, certains partis politiques membres de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) ont décrié la manière cavalière au râlent dictatorial que sent ce remaniement.

Ces partis politiques frustrés et lésés sont montés au créneau pour fustiger ce remaniement qui ne tient compte ni de l’équilibre au sein de la coalition, encore moins de l’unité du peuple kongo. C’est le cas de ce face à face entre le Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) et la presse de Matadi, le samedi 10 janvier 2009 au siège provincial de ce parti cher à Pierre Lumbi. Point de presse au cours duquel le président provincial de ce parti, Etienne Mahungu, a dénoncé ce qu’il a qualifié de violation et de non respect des principes, accords et consensus.

Pour le MSR, le gouverneur de province a outrepassé unilatéralement le premier principe d’un (1) seul ministre par territoire au nombre de dix territoires que compte la province du Bas-Congo. En second lieu, le gouverneur a mis le couteau dans les accords convenus entre partis politiques quant au quota leur réservé dans la désignation des membres du gouvernement comme ce qui avait prévalu dans le premier gouvernement après consultation avec tous les partis politiques. C’est de ces principes et accords que le MSR avait désigné et proposé l’ancien Ministre des Sports, Loisirs, Culture et Arts, le pasteur Thomas Tshambu Paku au poste lui réservé.

En juin 2008, en perspective de ce remaniement, le gouverneur avait sollicité la contribution du MSR pour l’aider à mieux le faire et, le directoire du parti lui avait proposé deux (2) noms parmi lesquels il avait le loisir de prendre celui qu’il voudra. Curieusement, le gouverneur cherchera à négocier avec le parti pour qu’on lui propose le nom de Pamphile Badu wa Badu qui n’est pas du MSR. De quel droit ? Peut-on s’interroger. Reconsulté et croyant que les deux noms avancés n’ont pas plu au gouverneur, le directoire du MSR a donné sept (7) noms.

A la dernière rencontre, le dimanche 4 janvier 2009, entre la direction provinciale du parti et l’autorité morale Pierre Lumbi pour étudier la position du MSR sur ce remaniement en perspective, le gouverneur, dans sa témérité de pistonner son homme, appela le vice-ministre national des Finances César Lubamba pour encore solliciter le nom de Badu comme personne devant occuper le poste réservé au MSR.

Malgré le refus du parti à céder à ses sollicitations et la constance du maintien des noms déjà avancés et sans même consulter l’AMP, le regroupement politique auquel appartient le MSR, le gouverneur nomme monsieur Badu wa Badu au détriment du Mouvement Social pour le Renouveau.

Dans ses intentions de saper les accords entre partis politiques, a fait remarquer le MSR, le gouverneur est allé très loin en violant le sacro-saint principe d’un ministre par territoire, consacrant l’unité Kongo en prenant deux ministres pour le territoire de Tshela, deux pour Songololo et deux pour Luozi. En agissant ainsi et par le non respect des accords, le gouverneur Mbatshi a non seulement porté un coup dur au Mouvement Social pour le Renouveau, mais aussi défriché le champ de la division resté en jachère depuis le premier gouvernement provincial élu démocratiquement à l’aube de l’indépendance.

Si à cette époque, l’Abako floué et trompé par cette politique d’exclusion a éclaté en deux ailes dont l’une a placé une lanterne dans sa coquille d’escargot pour bien voir ce que faisait l’autre, le MSR déçu, et qui n’entend pas cautionner la dictature ni le réveil de l’ordre ancien, observera le nouveau gouvernement du dehors. C’est du moins la position qu’adoptera le MSR vis-à-vis du gouvernement Mbatshi II où il est absent par la seule volonté de ce dernier, semblait dire son président provincial qui, malgré ce coup de massue, a demandé à ses membres de rester unis, solidaires et confiant en l’avenir.

Résoudre sans se renier les contradictions de l’histoire étant l’art de bien gouverner, le seul vœu du public est de voir les dirigeants, surtout ceux qui claironnent à tout bout de champ, œuvrer pour le développement de leurs entités respectives de lui éviter ce genre ou cette façon de gouverner qui ne favorise pas l’harmonie qui engendre frustration et autres désagréments pouvant conduire aux conflits internes lorsqu’on sait que le non respect des engagements et des accords a toujours été la source de toutes les guerres.

En attendant ce que nous réserve les jours à venir dans ce bras de fer, qu’on nous épargne du moins au nom de l’intérêt général, tous ces scénarios de mauvais goût en privilégiant l’unité pour la reconstruction et le développement de notre chère province. Et, ce sera de la bonne guerre car, avec cette violation, il y a des territoires qui manquent de ministres.

     B.B.B