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Hier Lundi 12 janvier, à la Cour pénale internationale
Le procureur Moreno-Campo enfonce Bemba
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Dans son accusation, le procureur Luis Moreno-Campo
estime qu’il n’y a pas de doute sur l’implication de
l’ancien vice-président de la République. La défense de
Bemba réclame un non-lieu
L'examen de la plainte portant sur les accusations
de crimes de guerre et des crimes contre l’humanité
commis en République centrafricaine pendant la période
allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003 à l’encontre
de Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien vice- président de la
République et président du Mlc, a débuté hier à la Cour
pénale internationale (Cpi) à la Haye, en Hollande.
Durant ces audiences dites de «confirmation de
charges » qui vont se poursuivre jusqu’ au 15
janvier 2008, la chambre préliminaire a le devoir de
démontrer que les accusations du procureur portées
contre lui « présentent des éléments de preuves
suffisants ».
A l’ouverture de l’audience de ce lundi, le procureur de
la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Campo a pris
la parole en premier, suivi ensuite par les
représentants des victimes et par la défense. Dans son
accusation, il s’est évertué à étayer les charges sur
lesquelles il se fonde pour requérir le renvoi en
jugement du suspect en présentant, à cet effet, des
éléments de preuve suffisants pour établir l’existence
des motifs substantiels convaincants sur la culpabilité
du suspect. Il estime dans cette perspective, qu’il
existe des motifs raisonnables de croire que Jean-Pierre
Bemba en sa qualité de président et commandant en chef
du Mouvement de libération du Congo (Mlc) à l’époque de
la rébellion, était investi de fait d’une autorité pour
prendre toutes décisions sur le plan politique, mais
aussi militaire. Pour le procureur de la Cpi, il n y a
point de doute sur son implication.
Dans cette affaire qui soulève tant des passions que ce
soit en Rd Congo qu’en Centrafrique, la Cpi accorde une
place importante au sort des victimes en consacrant leur
droit à participer à la procédure ainsi qu’à bénéficier
de la réparation pour les préjudices qu’elles ont subis.
Bien qu’absents lors de l’audience d’hier, ils sont
cependant « présents » par des représentants
légaux. Cinquante- quatre parmi elles se sont vues
accorder le droit de participer à la procédure.
Au stade actuel, l’accusé Jean-Pierre Bemba jouit de la
présomption d’innocence jusqu’au moment où il pourrait
soit inculpé ou pas. Cette phase des procédures
constitue une étape préliminaire qui toutefois ne
préjuge nullement de la culpabilité du suspect tant que
l’on aura pas démontré suffisamment que les accusations
sont fondées.
Pour sa part, la défense de l’ancien vice-président
réclame un non-lieu. Me Aimé Kilolo-Musamba, « le but
visé par toutes ces manœuvres judiciaires est
l’anéantissement politique de Jean-Pierre Bemba ».
Quant à l’avocate des victimes, Marie-Edith
Douzima-Lanson, elle a déclaré que « l’audience de
confirmation est un signal fort à l’égard des criminels
passé, présent et futur. Le peuple centrafricain a
beaucoup souffert de l’impunité, donc les victimes
attendent beaucoup de ce procès pour faire entendre leur
voix ».
Bemba pourra-t-il être jugé ?
Arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, en Belgique,
Jean-Pierre Bemba est inculpé de cinq chefs de crimes de
guerre et trois chefs de crimes contre l’humanité pour
viols, tortures, pillages et meurtres commis par la
milice armée qu’il commandait. Selon l’accusation, les
forces du Mlc auraient lorsqu’elles sont allées à la
rescousse de l’ancien président centrafricain, Ange
Félix Patassé, mené des opérations contre la population
civile et auraient commis des meurtres, des viols, des
actes de torture, des atteintes à la dignité de la
personne et des pillages, notamment dans les localités
dénommées Point Kilomètre 12 (PK 12), Point Kilomètre 22
(PK 22) et dans les villes de Bangui, Bossongoa,
Mongoumba, Damara et Bossembelé.
Selon la procédure, la chambre préliminaire composée de
trois juges rendra sa décision par écrit endéans
soixante-jours. Elle devra, dès lors, décider de la
confirmation des chefs d’accusation. Si les charges sont
retenues, cela ouvre la voie à un procès.
NMN |