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En perspective des échéances électorales de 2011
J. Kabila en quête des collaborateurs sûrs
Dans
quelques semaines, la Commission électorale
indépendante(Cei) va s’atteler à la révision du fichier
électoral, par étapes, sur l’ensemble du pays en
prévision de prochaines échéances électorales. C’est
incontestablement le début d’un processus qui va
conduire, en fin de compte, le peuple congolais vers les
élections locales dans un premier temps et ensuite, aux
échéances électorales présidentielle, législatives,
provinciales et sénatoriales de 2011. Pour les
politiques aguerris, tous les calculs tendent d’ores et
déjà vers cet objectif car, c’est pratiquement dans deux
ans que les joutes auront, sauf imprévu, lieu. Dans
toute épreuve soit-elle électorale, ne l’emporte que
celui qui fait preuve de détermination, de tact et de
clairvoyance. Qui veut aller loin, dit-on, ménage sa
monture. Qu’en est-il au sein de l’Alliance pour la
majorité présidentielle (Amp) après l’épisode Kamerhe et
le déballage fait par le chef de l’Etat, Joseph Kabila,
lors de sa dernière interview accordée au New York Times
au sujet de ses collaborateurs dont le nombre dans les
rangs de ceux qui partagent la même vision politique que
lui ne dépasse pas quinze. Il s’agit des personnes sans
convictions, déterminées et résolues. Cette révélation
est accueillie de manière diverse dans l’opinion. Il y
a, d’une part, ceux qui l’approuvent et d’autre part,
ceux qui s’en étonnent et estiment impensable que parmi
les nombreux collaborateurs du président de la
République se trouvant dans les institutions, qu’il y
ait une quantité aussi négligeable d’hommes convaincus,
loyaux et sûrs.
Un acteur politique averti a, à ce propos, déclaré que
le chef de l’Etat a choisi le bon moment pour
stigmatiser le comportement de certains de ses
collaborateurs dont la plupart ne se sont pas départis
de vieilles méthodes de l’époque de la dictature de
Mobutu. Profitant de leur position au sein de l’appareil
de l’Etat, ils n’hésitent pas à mettre la main dans les
caisses de l’Etat, à se faire corrompre, à exiger des
commissions pour des marchés tandis que d’autres
trouvent la personne du président de la République comme
leur chasse-gardée tout en s’adonnant impunément au
culte de la calomnie, de la médisance par des
accusations sans fondement juste pour plaire en haut-
lieu alors que le président de la République a déjà
découvert cette supercherie. Tout en évoluant dans les
sphères du pouvoir, ces acteurs sont loin de partager,
selon lui, la même approche, la même vision que Joseph
Kabila. D’où la nécessité de cette dénonciation et de la
remise en cause !
Dans la perspective des élections générales futures, les
mêmes personnes qui continuent d’écumer dans le camp
présidentiel et alliés ne risquent-ils pas de porter
ombrage à l’action politique du chef de l’Etat au cas où
ils n’étaient pas écartés au moment opportun ? C’est la
grande question. Pour durer en politique, il faut
assumer ses choix et savoir parfois résister à son
propre camp.
Quoi qu’on en dise, l’heure des comptes a sonné à l’Amp,
toutes les conséquences devraient être tirées après
l’affaire Kamerhe et autres suivistes de même que des
alliés douteux et non fiables. Machiavel, l’auteur de
« Prince » disait que le rêve n’est pas permis en
politique. Il n’y a donc pas de raison que l’on continue
de rêver dans le gotha présidentiel. Que les brebis
galeuses soient carrément écartées et que les vrais
fidèles du chef qui ont bien intériorisé et appliqué sa
pensée soient élevés à des postes de gestion et de
responsabilité pour apporter la bonne image du pouvoir
qu’incarne Joseph Kabila. Celle de la bonne gouvernance,
d’une justice bien rendue, d’une démocratie et des
libertés responsables.
Lr
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