Election du bureau à l’Assemblée nationale
L’Amp se range derrière Boshab, l’opposition va en ordre dispersé
l Le Mlc bloque l’opposition, alors qu’à l’Amp l’unanimité s’est dégagée sur les candidats président, rapporteur et questeur
Une seule chose au moins s’impose comme une certitude dans la course au renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale. En effet, qu’il s’agisse des députés de la majorité comme ceux de l’opposition, tout le monde s’accorde à affirmer que les élections de ce vendredi 17 avril 2009 seront très difficiles. Tout se passe comme si les membres du bureau démissionnaires étaient des oiseaux rares pour avoir réussi à l’époque à réunir, sans trop des peines, l’unanimité autour de leurs noms. Car, faut-il le reconnaître, l’élection du bureau démissionnaire a été obtenu en douceur au moment où l’actuelle majorité venait à peine de prendre forme.
Mais deux ans et demi après, le mariage d’intérêts n’a pas plu à tous de telle sorte que l’eau a sérieusement coulé sous le pont du côté de la majorité comme les témoignent les fissures très apparentes qui menacent son architecture à l’aube du feuilleton Kamerhe et qui empêche toute unanimité aujourd’hui au sein de cette famille. Quant à l’opposition, fatiguée de manger du pain blanc et d’être à tout moment ‘’descendue’’ sur des questions importantes, elle cherche à se frayer malicieusement et difficilement un chemin vers le pouvoir, quoique parlementaire. Malheureusement, elle souffre de ses divisions et de son incapacité à se positionner réellement comme une force alternative capable de s’imposer et de se démarquer de la majorité.
Ce sont donc les faiblesses de deux forces en présence qui compliquent et compliqueront l’équation de ces élections même si dans cette bataille, la balance penche légèrement du côté de la majorité qui compte sur une discipline on ne peut plus agonisante, mais réelle fondée sur l’autorité morale du Chef de l’Etat qui réussit toujours à faire taire les mécontentements. Les mauvaises humeurs, si besoin était encore d’en faire la preuve, existent réellement dans la majorité qui peine à répartir les postes du bureau entre ses membres. En effet, si le Pprd, parti majoritaire de l’Alliance, a désigné officiellement, hier dimanche à son siège, son Secrétaire Général Evariste Boshab comme candidat Président de l’Assemblée nationale, on ne peut pas en dire autant des autres postes du bureau qui reviennent aux autres membres de l’Alliance et à leurs alliés. Si tout baignait encore dans l’huile, l’annonce de la candidature de Boshab aurait été suivie de la présentation du ticket complet de la majorité.
Ce qui n’a pas été fait puisque les violons ne s’accordent pas entre membres. On sait seulement que le Professeur Tshibangu Kalala serait retenu comme candidat de l’Amp au poste de Rapporteur du bureau tout comme le ciel semble s’éclaircir sur la tête du questeur sortant de l’Assemblée nationale qui, après avoir mené la fronde contre Tryphon Kin-Kiey Mulumba, n’a plus de concurrents sérieux dans la majorité pour l’empêcher de se représenter au même poste sur le ticket de l’Amp. Il semble que sa candidature ne fait plus mystère.
Mis à part ces trois candidatures déclarées comme venant officiellement de la majorité, le flou persiste encore sur le navire Amp et alliés pour les autres postes. Le Pdc de José Endundo, qui revendique le leadership de l’Equateur, ne jure que par une place au bureau tandis que le Msr voudrait récupérer son poste cédé gracieusement au parti de Christophe Lutundula. Ces ambitions trop difficiles à gérer compliquent les calculs d’autant plus qu’elles risquent de mettre sur les carreaux l’Udemo. Cette dernière aurait même déjà tiré les leçons de ce renversement des rapports des forces au sein de l’Amp. L’Udemo présenterait, selon toute vraisemblance, sa propre liste. Cette position de l’Udemo sera suivi par les partis de la majorité qui n’obtiendront pas la bénédiction de la plate-forme. La majorité ne sera pas capable de satisfaire tous ses membres. C’est ce qui va compliquer l’élection de ses candidats qui risquent d’avoir du mal à se faire élire du moins au premier tour. Tout comme il ne faut pas minimiser les partisans de Kamerhe du genre Bitakwira et Bulambo qui ne font pas mystère de leurs positions. Combien des partisans de Kamerhe se cachent-ils encore dans la majorité ? On ne le sait pas. De toute évidence, le nouveau Président de l’Assemblée nationale n’obtiendra pas 400 voix comme son prédécesseur.
Mais la majorité n’est pas la seule à avoir peur. A ses côtés, elle a une opposition qui n’arrive pas à se mettre d’accord sur des candidatures uniques aux différents postes du bureau. Les trois groupes parlementaires de l’opposition n’ont pas réussi jusque là à adopter une position unique. Chaque groupe va ainsi présenter sa liste en solo. La liste de l’Odr sera conduit par Lissanga Bonganga, celle de Cd par Gilbert Kiakwama et celle du Mlc par Kanku Bukassa. Toutes les concertations menées entre ces groupes n’ont abouti à rien. Aucun compromis n’ayant été trouvé, l’opposition part en ordre dispersé et minimise ainsi ses chances de faire douter la majorité. Les voix de l’opposition, déjà très réduits, vont se disperser entre ces trois listes à telle enseigne que chacun ne pourra compter que sur les voix de son groupe ou de ses appuis dans l’hémicycle. L’échec est, dans ces conditions, quasi programmé pour l’opposition d’autant plus que l’on compte également des candidatures isolées en plus de celles officiellement présentées par les trois groupes de l’opposition.
Cette prolifération des candidatures démontre le défaut d’accord au niveau de l’opposition. Cela résulte du refus du Mlc de s’associer avec les autres dans la course au pouvoir. Le Mlc, fort de ses 64 députés et de ses alliés, ne veut pas faire route avec les ‘’petits’’ groupes. En outre, le parti de Jean-Pierre Bemba voit tellement grand dans ses ambitions qu’il exige les postes des titulaires au bureau. Il vise surtout celui de Président de l’Assemblée nationale pour lequel il ne compte faire aucune concession même dans l’optique d’une concertation avec la majorité. Ces exigences bloquent l’optique de tout accord et fragilise les chances de l’opposition de glaner un ou deux fauteuils au bureau.
Comme on le voit, la course au pouvoir s’annonce très difficile pour tout le monde et justifie l’incapacité des politiques congolais à s’entendre toutes les fois où les intérêts particuliers sont en jeu. Le bureau de l’Assemblée nationale est tellement alléchant que tout le monde voudrait s’y retrouver jusqu’à passer outre la discipline du parti.
ZM
 




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