Détournement de 85 millions de FC à Gemena
Le gouverneur José Makila, récalcitrant, sera traîné
devant la justice
Poursuivant ses travaux durant cette session extraordinaire qui tire
résolument à sa fin, l’Assemblée nationale a examiné
hier mardi 13 janvier 2009, le rapport de la
commission d’enquête parlementaire sur le
détournement d’un montant de 85 millions de francs
congolais dans le district du Sud-Ubangi, dans la
province de l’Equateur. Ce montant était destiné au
paiement des enseignants de cette partie de la Rdc
qui l’a assimilé à un fonds flottant, c’est-à-dire
non affecté.
Ceci justifiant cela, ce dernier a informé son chef hiérarchique,
entendez le gouverneur de province de l’Equateur
José Makila. L’enveloppe a fini par être distribuée
entre quelques autorités de cette province au
détriment des destinataires que sont les malheureux
enseignants. Tout ceci s’est passé au milieu de
l’année écoulée.
Saisie de la question, l’Assemblée nationale a constitué une
commission d’enquête parlementaire. Celle-ci s’est
rendue dans cette province, plus précisément à
Gemena et à Mbandaka, chef-lieu respectivement du
district du Sud-Ubangi et de la province de l’Equateur.
Les députés ont entendu les personnes pointées comme pouvant donner
les informations recherchées sur ce détournement,
sauf deux d’entre elles. Il s’agit du gouverneur
José Makila et du commissaire de district.
Le gouvernement a prétendu qu’en raison de la séparation des
pouvoirs, l’Assemblée nationale ne pouvait pas
l’entendre. Or, l’article 100 de la Constitution
relatif au pouvoir législatif stipule clairement ce
qui suit : «…Il contrôle le gouvernement, les
entreprises publiques ainsi que les établissements
et les services publics». Si le Parlement a le
pouvoir de contrôler les membres du gouvernement
central, à fortiori ceux des gouvernements
provinciaux. L’attitude négative de Makila a amené
la majorité de la plénière à lui appliquer le
libellé de l’article 184 du règlement intérieur de
l’Assemblée nationale qui stipule : «La
commission d’enquête dispose des pouvoirs les plus
larges pour entendre toute personnes dont elle juge
l’audition utile. La personne invitée a l’obligation
de déférer à l’invitation qui lui est adressée sous
peine des poursuites judiciaires prévues par le code
de procédure pénale». A cet effet, le
président de la commission d’enquête ou son
remplaçant introduit une requête auprès de
l’autorité judiciaire compétent».
La plénière qui a suivi le rapport de la commission d’enquête,
ainsi que les interventions de plusieurs députés
représentant différents groupes parlementaires ont
eu quelques recommandations. Beaucoup ont émis le
voeu de mettre les présumés détourneurs à la
disposition de la justice, d’autres ont préconisé la
prise des mesures conservatoires vis-à-vis de ces
personnes pour les empêcher de poser d’autres actes
préjudiciables à notre population. Concernant, le
gouverneur de l’Equateur, la majorité s’est dégagée
en faveur des poursuites judiciaires à son endroit.
Eden Ndi Banfumu