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Renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale
60 candidats pour 7 postes à pourvoir
l
L’Amp aligne Evariste Boshab, le Mlc, François Muamba,
l’Udemo, Nsinga Udjuu, le Cd, Gilbert Kiakwama, l’Odr,
Lisanga Bonganga...
 
C’est ce mardi que seront
affichées les listes définitives au Palais du peuple,
siège de l’Assemblée nationale, des candidats aux
différents postes à pourvoir du nouveau bureau de la
chambre basse du Parlement. 60 candidatures ont été
enregistrées, pour ce faire, dont 6 pour la présidence,
7 pour la 1ère vice-présidence, 9 pour la 2ème
vice-présidence, 5 pour le poste de rapporteur, 9 pour
le rapporteur adjoint, 10 pour la questure et 13 pour la
questure adjointe. Parmi les grosses pointures, on cite
Evariste Boshab, le candidat de l’Amp pour succéder à
Vital Kamerhe, Nsinga Udjuu pour le compte de l’Udemo,
Baudouin Idambito (Amp). Quant à l’opposition, elle
aligne François Mwamba du Mlc, Gilbert Kiakwama des
Chrétiens démocrates et Clément Kanku pour l’Union pour
la nation. Selon le calendrier établi, la campagne
électorale s’étendra sur deux jours, mercredi et jeudi
tandis que le vote interviendra le vendredi et cela à
bulletin secret.
Une seule chose au moins
s’impose comme une certitude dans la course au
renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale. En
effet, qu’il s’agisse des députés de la majorité comme
ceux de l’opposition, tout le monde s’accorde à affirmer
que les élections de ce vendredi 17 avril 2009 seront
très difficiles. Tout se passe comme si les membres du
bureau démissionnaires étaient des oiseaux rares pour
avoir réussi à l’époque à réunir, sans trop des peines,
l’unanimité autour de leurs noms. Car, faut-il le
reconnaître, l’élection du bureau démissionnaire a été
obtenue en douceur au moment où l’actuelle majorité
venait à peine de prendre forme.
Mais deux ans et demi après, le mariage d’intérêts n’a
pas plu à tous de telle sorte que l’eau a sérieusement
coulé sous le pont du côté de la majorité comme les
témoignent les fissures très apparentes qui menacent son
architecture à l’aube du feuilleton Kamerhe et qui
empêche toute unanimité aujourd’hui au sein de cette
famille. Quant à l’opposition, fatiguée de manger du
pain blanc et d’être à tout moment ‘’descendue’’ sur des
questions importantes, elle cherche à se frayer
malicieusement et difficilement un chemin vers le
pouvoir, quoique parlementaire. Malheureusement, elle
souffre de ses divisions et de son incapacité à se
positionner réellement comme une force alternative
capable de s’imposer et de se démarquer de la majorité.
Ce sont donc les faiblesses de deux forces en présence
qui compliquent et compliqueront l’équation de ces
élections même si dans cette bataille, la balance penche
légèrement du côté de la majorité qui compte sur une
discipline on ne peut plus agonisante, mais réelle
fondée sur l’autorité morale du Chef de l’Etat qui
réussit toujours à faire taire les mécontentements. Les
mauvaises humeurs, si besoin était encore d’en faire la
preuve, existent réellement dans la majorité. En effet,
si le Pprd, parti majoritaire de l’Alliance, a désigné
officiellement, dimanche à son siège, son Secrétaire
Général Evariste Boshab comme candidat Président de
l’Assemblée nationale, on ne peut pas en dire autant des
autres postes du bureau qui reviennent aux autres
membres de l’Alliance et à leurs alliés. Si tout
baignait encore dans l’huile, l’annonce de la
candidature de Boshab a été suivie de la présentation du
ticket complet de la majorité.
Ce qui n’a pas été fait puisque les violons ne
s’accordent pas entre membres. On sait seulement que le
Professeur Tshibangu Kalala est candidat de l’Amp au
poste de Rapporteur du bureau tout comme le ciel semble
s’éclaircir sur la tête du questeur sortant de
l’Assemblée nationale, Modeste Bahati qui, après avoir
mené la fronde contre Tryphon Kin-Kiey Mulumba, a
postulé individuellement sans obtenir le quitus de
l’Amp.
Le Pdc de José Endundo, qui revendique le leadership de
l’Equateur, ne jure que par une place au bureau tandis
que le Msr voudrait récupérer son poste cédé
gracieusement au parti de Christophe Lutundula. Ces
ambitions trop difficiles à gérer compliquent les
calculs d’autant plus qu’elles risquent de mettre sur
les carreaux l’Udemo. Cette dernière aurait même déjà
tiré les leçons de ce renversement des rapports des
forces au sein de l’Amp. L’Udemo a présenté, selon toute
vraisemblance, sa propre liste. Cette position de l’Udemo
est suivie par les partis de la majorité qui
n’obtiendront pas la bénédiction de la plate-forme. Il
est évident que la majorité ne sera pas capable de
satisfaire tous ses membres. C’est ce qui risque de
compliquer l’élection de tous ces candidats du moins au
premier tour. Tout comme il ne faut pas minimiser les
partisans de Kamerhe comme Bitakwira et Bulambo qui ne
font pas mystère de leurs positions. Combien des
partisans de Kamerhe se cachent-ils encore dans la
majorité ? On ne le sait pas. De toute évidence, le
nouveau Président de l’Assemblée nationale n’obtiendra
pas 400 voix comme son prédécesseur.
Mais la majorité n’est pas la seule à avoir peur. A ses
côtés, elle a une opposition qui n’arrive pas à se
mettre d’accord sur des candidatures uniques aux
différents postes du bureau. Les trois groupes
parlementaires de l’opposition n’ont pas réussi jusque
là à adopter une position unique. Chaque groupe présente
ainsi sa liste en solo. La liste de l’Odr sera conduite
par Lisanga Bonganga, celle de Cd par Gilbert Kiakwama
et celle du Mlc par François Mwamba. Toutes les
concertations menées entre ces groupes n’ont abouti à
rien. Aucun compromis n’ayant été trouvé, l’opposition
part en ordre dispersé et minimise ainsi ses chances de
faire douter la majorité. Les voix de l’opposition, déjà
très réduites, vont se disperser entre ces trois listes
à telle enseigne que chacun ne pourra compter que sur
les voix de son groupe ou de ses appuis dans
l’hémicycle. L’échec est, dans ces conditions, quasi
programmé pour l’opposition d’autant plus que l’on
compte également des candidatures isolées en plus de
celles officiellement présentées par les trois groupes
de l’opposition.
Cette prolifération des candidatures démontre le défaut
d’accord au niveau de l’opposition. Cela résulte du
refus du Mlc de s’associer avec les autres dans la
course au pouvoir. Le Mlc, fort de ses 64 députés et de
ses alliés, ne veut pas faire route avec les ‘’petits’’
groupes. En outre, le parti de Jean-Pierre Bemba voit
tellement grand dans ses ambitions qu’il exige les
postes des titulaires au bureau. Il vise surtout celui
de Président de l’Assemblée nationale pour lequel il ne
compte faire aucune concession même dans l’optique d’une
concertation avec la majorité. Ces exigences bloquent
l’optique de tout accord et fragilisent les chances de
l’opposition de glaner un ou deux fauteuils au bureau.
Comme on le voit, la course au pouvoir s’annonce très
difficile pour tout le monde et justifie l’incapacité
des politiques congolais à s’entendre toutes les fois où
les intérêts particuliers sont en jeu. Le bureau de
l’Assemblée nationale est tellement alléchant que tout
le monde voudrait s’y retrouver jusqu’à passer outre la
discipline du parti.
ZM
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