16 - 17 janvier : journees des heros nationaux

Je ne trahirai jamais...

P.E. Lumumba - Laurent Kabila, une leçon de patriotisme pour les Congolais

 

L'histoire de la Rdc est émaillée de beaucoup d’actes de trahison de ses propres fils face aux étrangers. Déjà pendant la période précoloniale, certains Congolais se permettaient de s’associer aux esclavagistes arabes pour vendre leurs frères et sœurs déportés pour d’autres cieux que bon nombre parmi eux n’atteindront même pas. L’avènement de la colonisation a eu aussi la complicité de certains Congolais qui, par crainte du Blanc, trahissaient la terre de leurs ancêtres en les mettant à la disposition des colonisateurs, avec toutes les populations. Pendant la colonisation, pour bénéficier de certains avantages du « mundele », la trahison était devenue pour quelques Congolais leur seconde nature.

C’est avec cet esprit de trahison que le Congo est devenu indépendant. Les colons belges mécontents de pouvoir lâcher les richesses de ce pays, ont utilisé des Congolais pour provoquer des sécessions, perturber la bonne marche du jeune Etat jusqu’à amener le pays dans un cycle des violences politiques et des guerres suivies des assassinats d’hommes politiques. Depuis le 30 juin 1960, Bruxelles et Washington ont refusé de libérer effectivement le Congo ; amenant à la mort tous ceux qui ne voulaient pas s’aligner sur leur diktat.

Patrice Emery Lumumba, le premier Premier ministre du Congo indépendant, sera assassiné. La décision de sa mort était prise, selon les témoignages de ceux qui étaient chargés de l’exécution, à partir de Washington et de Bruxelles. Ces deux capitales réussiront à imposer au pays, et ce, pendant 32 ans, « leur homme » bien rôdé par les services de ces deux pays. On fera de celui-là, non pas le président des Congolais, soucieux du bien-être des populations du Congo-Zaïre, mais le gendarme des intérêts occidentaux en Afrique centrale et australe.

Après viendra l’avènement de Laurent-Désiré Kabila que l’on a voulu être juste un fantoche qui devait recevoir les ordres de gestion du pays à partir de Kigali et Kampala, qui devraient faire le relais avec la superpuissance mondiale. Ce que ne pourrait pas accepter un nationaliste doublé de patriote LD Kabila. Pour l’affaiblir, on lui a fait d’autres guerres sur plusieurs fronts à la fois jusqu’à l’assassiner au regard de sa détermination et de sa résistance. En dépit de sa politique d’ouverture vers le monde, M’zee Laurent-Désiré Kabila n’avait pas admis que l’indépendance du pays soit mises à mal par des puissances étrangères, petite ou grande, et était jalouse de la souveraineté du pays.

Comme Lumumba, Mzee Kabila a refusé de trahir le Congo. Comme lui, il a eu le courage de dire Non aux néocolonialistes. Comme lui, il a pris le front de la résistance contre les ennemis du peuple, et il en est mort.

Beaucoup de Congolais ont perdu leur émotion, leur raison pour le Congo. A tout bout de champ, ils trahissent leur pays. Pour un avantage quelconque ou un morceau de pain en Occident, ils trahissent leur pays, inventant même des mensonges contre leur pays. Combien sont-ils en Europe ou aux Amériques, manipulés par les Ong internationales, pour monter des scénarios contre leur pays, en vue de l’obtention d’un asile politique, un semblant de mieux-être Outre-mer. Combien ne se gênent pas, pour des raisons du pouvoir, de s’associer à ceux qui massacrent des Congolais et pillent les richesses du pays, sous couvert des rébellions ?

Patrice Emery Lumumba, Laurent-Désiré Kabila ne sont pas morts pour rien. Ils doivent nous servir de modèle pour la renaissance de la RDC, une RDC renouvelée, ressuscitée pour son développement.

 

 

16 janvier 2001-16 janvier 2009

Mort de Mzee Kabila : 8 ans déjà

Ce vendredi 16 janvier 2009, la République démocratique du Congo se souvient de celui qu’elle a appelé le soldat du peuple. Qu’une balle assassine de l’ennemi a fauché au moment où l’on s’y attendait le moins. C’était le 16 janvier 2001, dans l’une des pièces du Palais de marbre, à Kinshasa/Ngaliema, trois ans et sept mois à peine après sa prise de pouvoir, libérant ainsi le pays d’un long règne de la dictature de trente-deux ans, du maréchal Mobutu Sese Seko. Nous présentons dans les lignes qui suivent quelques traits de la prise du pouvoir par l’Afdl.

Laurent-Désiré Kabila s’est signalé pour la première fois en 1964, durant la première République, après l’assassinat du Premier ministre Patrice-Emery Lumumba, survenu au Katanga le 17 janvier 1961. Le jeune lumumbiste mène sa lutte sur le front du Masisi où il sera visité par Che Guevara, en personne. Il se signalera également à deux reprises en 1980 et 1981 au Nord-Est du Katanga, à Moba, contre les troupes du président Mobutu.

C’est au cours du second semestre de 1996 qu’il réunira les forces nécessaires pour marcher, des lointains Emera et Bukavu, à l’extrême-Est du pays, jusqu’à Kinshasa, la capitale, à plus de 2.000 kilomètres. Les villes et les provinces tomberont entre ses mains, les unes après les autres : Bukavu, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Kananga, Kisangani, Kikwit, Kenge…

Le samedi 17 mai 1997, dès l’aube, les cinq millions de Kinoises et Kinois de l’époque assisteront, dans une liesse indescriptible, à l’entrée triomphale des « Kadogo », sans effusion de sang. Le régime trentenaire du maréchal Mobutu Sese Seko s’est ainsi écroulé comme un château de cartes. L’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, Afdl en sigle, a pris le pouvoir laissé dans la rue.

Les jours et les semaines qui ont précédé cette libération du peuple des chaînes de la dictature, la capitale était plongée sous une épaisse fumée de rumeurs les unes aussi fantaisistes que les autres. En fait, la population congolaise dans sa quasi-majorité attendait cette journée comme le peuple juif attendait l’avènement du Messie promis par l’Eternel. Pour le Congolais, le jour de libération est survenu le 17 mai 1997.

Si la population assiste avec patience stoïque à la reconstruction d’un Etat complètement décharnu par les 32 ans d’une gestion calamiteuse, beaucoup de politiciens habitués au partage du gâteau ne vont pas trouver leur compte dans la méticuleuse œuvre de refondation du pays. Ils vont faire alliance avec le diable pour enfoncer encore dans l’eau les naufragés du grand déluge qu’étaient devenus tous les Congolais. Dommage !

Ne trouvant donc pas leur compte dans la reconstruction menée par Mzee Laurent-Désiré Kabila qui s’est attelé à redonner au peuple le goût de vivre et de compter sur ses propres moyens, les ennemis de ce dernier se sont fourvoyés à fomenter des coups : le 2 août 1998 déjà, Goma servait de lancement d’un vaste plan destiné à la balkanisation de la Rdc. Le Rwanda agressait notre pays avant que la guerre ne s’internationalise avec l’Ouganda et le Burundi du côté des agresseurs, l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie aux côtés des agressés.

Convaincus de l’échec de leur complot, la guerre-éclair s’étant avérée longue et impopulaire, les agresseurs et leurs complices congolais ont fini par changer la donne : en lieu et place d’arracher le pouvoir à Kabila, ils se sont mis à exploiter les richesses du pays : coltan, or, diamant, bois précieux, riz, café, et beaucoup d’autres produits encore vont quitter notre pays par l’Ouganda et le Rwanda.

Avant de voir une main assassine tirer sur le soldat du peuple : il est mort comme il a vécu, en véritable combattant qui a refusé de trahir son peuple.

LR

 

Patrice-Emery Lumumba, mort pour n’avoir pas cautionné la trahison du Congo

17 janvier 1961-17 janvier 2009, cela fait exactement 48 ans que le tout premier Premier ministre de la République démocratique du Congo a été assassiné à quelques kilomètres de Lubumbashi dans la province du Katanga. Ce Congolais clairvoyant, combattant de l’indépendance de première heure, qui avait refusé de trahir son pays, avait été ainsi fauché par les ennemis étrangers du peuple congolais qui ont manipulé d’autres Congolais. Il sera officiellement proclamé et reconnu comme héros national, le 30 juin 1966, à travers une proclamation faite par, ironie du sort, son bourreau, le lieutenant général Joseph Désiré Mobutu, fraichement devenu président de la République.

Né le 2 juillet 1925, à Onalowa, territoire de Katako-Kombe, dans le district du Sankuru, au nord du Kasaï, Patrice Lumumba est le cadet d’une famille de quatre enfants vivant pauvrement de revenus agricoles, amputés par les impôts de l’administration coloniale. Il va à l’école missionnaire catholique où il a été baptisé. Il travaille si bien qu’il abandonne les missionnaires catholiques pour passer dans une école protestante, tenue par des Suédois. Classifié parmi les évolués vers 1945 à Stanleyville, future Kisangani, où il entrera dans l’administration des postes, avant de descendre à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa. Il sera parmi les 217 Congolais sur 13 millions de Congolais qui avaient obtenu la carte « d’immatriculé » qui était une invention de l’administration coloniale dont le détenteur était supposé vivre à «l’européenne», avoir de bonnes mœurs et de bonnes conduites. C’est finalement à la tête du Mouvement national congolais (Mnc) qu’il s’affirmera sur le plan politique jusqu’à remporter, à la tête d’un cartel, les premières élections législatives organisées dans ce pays. Ce qui fera de lui le Premier ministre, chef du gouvernement, président du conseil des ministres du Congo indépendant ; tandis que Joseph Kasa-Vubu sera élu, avec l’appui de la majorité du Cartel Mnc, président de la République.

A la suite de son discours du 30 juin 1960 contre les méfaits de la colonisation et prônant pour une véritable indépendance politique et économique, Patrice Lumumba sera mis dans le collimateur de l’impérialisme international qui utilisera ses agents locaux pour perturber le fonctionnement du gouvernement et provoquer des sécessions et massacres des populations avant de l’éliminer un certain 17 janvier 1961.

Lumumba fut le symbole de la lutte anti-coloniale. Il désirait instaurer pour le futur Congo indépendant: l’unité nationale congolaise, le pluralisme politique, et était partisan du panafricanisme et du non alignement.

La mort de Patrice Lumumba : Chronologie

23 juin 1960 : P.E. Lumumba présente son gouvernement d’union nationale à la Chambre. L’investiture est votée par 74 voix sur 137 membres.

24 juin 1960 : Investiture au Sénat par 60 voix contre 12 et 8 abstentions.

29 juin 1960 : Signature du traité d’amitié avec la Belgique.

12 juillet 1960 : Premier appel du président Kasa-Vubu et Lumumba à l’aide militaire de l’Onu.

14 juillet 1960 : Décision commune de Kasa-Vubu et Lumumba concernant la rupture des relations diplomatiques avec la Belgique.

5 septembre 1960. Rupture entre le chef de l’Etat Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba.

12 septembre 1960. Arrestation du Premier ministre Lumumba par la gendarmerie suivie d’une mise en liberté sur ordre du commandant de l’Anc.

14 décembre 1960. Neutralisation des chefs politiques dont principalement du gouvernement Lumumba par le colonel Mobutu. Lumumba sollicite la protection de l’Onu. Le même jour, Kasa-Vubu et Iléo prient l’Onuc d’arrêter Lumumba. L’Onuc s’y refuse.

19 septembre 1960. Proclamation du Collège des Commissaires mis en place par le colonel Mobutu pour remplacer le gouvernement Lumumba.

10 octobre 1960. Lumumba est obligé de se terrer dans sa Résidence (contrôle Anc et protection de l’Onuc). Des représentants de l’Anc produisent à l’Onuc un mandat d’arrêt contre Patrice Lumumba, député).

11 octobre 1960. Arrestation de M. Finant, président du gouvernement provincial de la province Orientale par l’Anc, Mobutu. L’Anc tente d’arrêter Lumumba à Léopoldville.

14 octobre 1960. Arrivée du Vice Premier ministre du gouvernement Lumumba, Antoine Gizenga à Stanleyville.

12-13 novembre 1960. Gizenga contrôle la situation à Stanleyville.

27 novembre 1960. Lumumba quitte sa résidence de Léopoldville vers 22 heures, annonce « un voyage à caractère strictement familial de durée limitée » et cherche à gagner Stanleyville. Gbenye, Mbuy, Mpolo, Kashamura, Okito, Mujanay quittent Léopoldville au cours de la même nuit.

29 novembre 1960. La présence de Lumumba est signalée dans la région de Kikwit. Les recherches sont dirigées par Gilbert Pongo, inspecteur de la sûreté, qui bénéfice d’un avion piloté par un spécialiste des vols de reconnaissance à basse altitude.

30 novembre 1er décembre 1960. Arrestation des compagnons de fuite de Lumumba, puis du Premier ministre, près de Mweka; avec l’appui de l’administration territoriale locale. Invité à transférer Lumumba au Katanga, Pongo applique les instructions de son chef, Nendaka, et assure le transfert à Léopoldville. Avant le transfert, les prisonniers sont molestés.

5 décembre 1960. A 17 heures, un avion d’Air Congo débarque Lumumba et ses compagnons à Ndjili. Maltraités par des soldats et par des témoins les prisonniers sont conduits au camp Kokolo.

3 décembre 1960. Transfert des prisonniers au camp Hardy à Thsysville (Bas-Congo) sous forte escorte; intervention de Hammarskjöld (secrétaire général de l’Onu) auprès de Kasa-Vubu (répétée le 5 décembre) pour le respect de la légalité et des règles universelles d’humanité dans l’affaire Lumumba.

7 décembre 1960. Dans sa réponse à Dag Hammarskjöld, Kasa-Vubu promet un déroulement correct du procès de Lumumba et prie les pays étrangers de « cesser toute campagne, toute agitation, toute intervention en faveur de Lumumba ».

4 janvier 1961. Lettre de Lumumba à Dayal de l’Onu décrivant « les conditions absolument impossibles et contraires à la loi » de sa détention.

8 janvier 1961. Pongo, prisonnier à Stanleyville, propose l’échange des militaires de l’Anc-Mobutu prisonniers et de lui-même contre la libération de Lumumba, Fataki et Finant.

9 janvier 1961. A Léopoldville, projet de transfert de Lumumba au fort de Singa (Boma).

13 janvier 1961. Remous parmi les militaires de Thysville pour une question de soldes. Kasa-Vubu, Bomboko, Nendaka et le colonel Mobutu se rendent sur place. Les prisonniers (sauf Lumumba) manifestent pour voir le chef de l’Etat et parviennent à sortir momentanément des pièces où ils sont enfermés. Lumumba reste dans sa cellule.

17 janvier 1961 : Assassinat de Patrice-Emery Lumumba et ses compagnons après son transfert à  Elisabethville (Lubumbashi)