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La lutte de succession se
précise
Udps, confusion autour du congrès
- En l’absence d’Etienne Tshisekedi, le président du
comité organisateur suspendu par lui, Beltchika lance
aujourd’hui au Jardin botanique de Kinshasa les travaux
du premier congrès du parti. L’écart risque de se
creuser davantage entre l’aile de Limete et celle de
Righini
C’est
pratiquement en ordre dispersé que les militants de
l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps)
vont au premier congrès de leur parti que lance ce matin
à 10 heures au Jardin botanique de Kinshasa,
François-Xavier Beltchika, le président honoraire du
comité organisateur de ces assises suspendues
dernièrement par le président national, Etienne
Tshisekedi, en séjour de convalescence en Belgique. Il
est sûr que seuls ceux qui se sont alignés sur ses
positions y participeront. Les dissensions qui y ont élu
domicile depuis belle lurette n’ont particulièrement pas
été exorcisées au point qu’aujourd’hui, les mêmes causes
continuent à produire les mêmes effets. Conséquence :
deux courants s’opposent en son sein, celui d’une part
de Limeté et, d’autre part, celui de Righini. Une
véritable tour de Babel. Qui a dit que l’unité perdue au
sein de l’Udps sera retrouvée avant la tenue du premier
congrès de ce parti vieux de vingt-sept ans
d’existence ?
Selon Aka Mantsia, 2ème vice-président du comité
organisateur, 830 délégués en provenance de différentes
fédérations, à savoir 378 délégués pour la fédération
intérieure, 25 délégués pour la fédération extérieure,
350 délégués pour les organes centraux et 83 délégués
pour les forces vives y prendront part. A l’en croire,
ce congrès sera inclusif, c’est-à-dire qu’il regroupera
les deux camps du parti, celui de Limeté et de Righini.
Il reste à savoir si l’aile Beltchika pourrait faire
l’unanimité après les déclarations fracassantes du
secrétaire général de l’Udps, Alexis Mutanda qui, au
cours d’un point de presse tenu à Kinshasa, a lancé un
appel pressant à tous les membres du parti où qu’ils se
trouvent pour qu’ils ne prêtent pas oreille aux ennemis
du président national et de leur formation politique.
Pis, il a révélé qu’il n’y aura pas de congrès à l’Udps
tant qu’Etienne Tshisekedi ne l’aura pas convoqué. Il
n’y a que le président national, a-t-il reconnu, qui est
tenu de le convoquer selon l’article 20 de leurs
statuts. Il est allé plus loin en dénonçant ce qu’il a
appelé « un certain congrès du 15 avril 2009 à être
convoqué par des personnes sans qualité ». Selon lui, le
congrès de l’Udps aura lieu au cours du second trimestre
de l’année en cours. Allusion claire faite, à l’époque,
aux assises programmées par le courant Beltchika qui, en
principe, s’ouvrent aujourd’hui.
Comment, dans ces conditions, concilier les deux
positions diamétralement opposées sans se brûler ?
Pourquoi et comment Beltchika agit sans tenir compte des
avis du président national ? Est-ce dû à la lutte des
clans autour du « lider maximo » ? La réponse est sans
doute dans la déclaration faite par un autre membre du
comité organisateur du congrès, Zephyrin Diayikwa qui a
indiqué que « malgré l’absence du président national,
Etienne Tshisekedi, l’Udps ne peut plus pratiquer la
politique de la chaise vide dont elle est souvent
accusée par la population ». Ce sursaut d’ambition au
demeurant tardif pousse les observateurs à se poser des
questions sur le destin de ce parti ; l’essentiel, c’est
que même sur la Xème rue-Limeté, l’option est décidément
prise pour les élections présidentielle, législatives,
provinciales et sénatoriales de 2011. Ce qui est une
bonne chose pour un parti politique qui a des
prétentions nationales.
NMN
Requiem latent pour le baobab
Le
climat malsain qui couve au sein de l’Udps est en
réalité l’expression d’une révolte intérieure et de la
dispute sur l’héritage du parti. Selon une source
crédible, la plupart des cadres du parti regrettent les
opportunités et le temps perdus pour accéder au pouvoir
en raison d’une politique de la chaise vide et des
égarements du « lider maximo » et ses séides. Aussi se
sont-ils ressaisis – sur le tard certes – afin de
marquer la présence positive du parti à tout rendez-vous
politique. Une reprise qui ressemble fort bien à un
appel de pied, d’autant que le parti a perdu tout son
aura, tout son poids (potentiel) qu’il n’avait jamais
voulu confirmer sur le terrain des joutes électorales.
Mais le parti est surtout miné par des velléités de
coteries qui se développent en sourdine.
Selon la source, en effet, la majorité des cadres du
parti sont hantés par l’après Tshisekedi dont ils
soupçonnent la mort dans les instants à venir. Cette
gorge profonde situe les racines des frictions internes
actuelles à l’admission d’urgence du président
Tshisekedi aux cliniques universitaires de Kinshasa, il
y a plus d’une année. Convaincus de son « départ
définitif », tous s’étaient lancés dans la conquête de
la bride du parti ; une caste aurait réclamé la
paternité « naturelle » du parti puisqu’issue de la même
tribu que Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Tandis que
l’autre camp – composé de cofondateurs, de militants de
longue date, etc – s’est appuyé sur les services rendus
au parti pour récupérer le trône confisqué par l’actuel
président. Et pour faire triompher leur logique, ils ont
pris appui sur le congrès du parti dans l’organisation
duquel ils ont investi toutes leurs énergies.
Hélas. Le coup fourré étant déniché par les proches du
président, la tenue du congrès sera retardée ; le temps
certes pour Tshisekedi de tourner les cartes, d’autant
que les comploteurs devaient capitaliser l’occasion de
ces assises pour déchoir le lider maximo par motion.
Raison : incapacité pour maladie fréquente. Ce qui a
motivé la dissolution par la suite du comité
organisateur du fameux congrès et le retour en force du
comité national du parti. Les estocades se sont alors
poursuivies entre les deux camps en quête d’opportunités
pour se neutraliser. Vu sous cet angle, le congrès de
Beltchika sonne comme une anticipation, un véritable
schisme, un coup de force à se solder par la
neutralisation du président Tshisekedi. Miné par le
poids de l’âge et la maladie, ce dernier aura toutes les
peines à ronger la force d’une aile rénovatrice
encouragée vraisemblablement par des puissances
nationales et extérieures.
Les instants à venir fixeront si le coup d’envoi de ce
jour ouvre également le requiem à la fois pour le plus
vieux parti de l’opposition et pour la personne à
laquelle il s’est identifié pendant des décennies. Reste
que la partie n’est pas molle pour M. Beltchika et ses
collaborateurs. Tout dépendra du sérieux de la conduite
des cadres et de la force de mobilisation et de
fidélisation des combattants ; autrement, le parti sera
une coquille vide, inutile dans la sphère des alliances
politiques.
J. Momba
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