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Plus de spéculations que de vérités
Gouvernement : le mystère reste entier sur le
remaniement
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Seul le chef de l’Etat, Joseph Kabila détient le secret
de profonds changements attendus qui ne manqueront guère
de surprendre et d’épargner l’Amp et les entreprises
publiques
ça bouge dans le gotha politique
congolais. C’est habituel à la veille de grands
événements marquants à caractère national. Que ce soit
dans les salons feutrés que dans la rue, la nouvelle du
prochain remaniement du gouvernement Muzito fait les
choux gras des commentaires depuis l’annonce qui en a
été faite par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, en
personne, dans une interview accordée au journal belge
Le Soir. Tous les signes s’accordent à confirmer que
cette fois c’est la bonne. Cela date, en effet, de
plusieurs mois depuis que des rumeurs faisant état d’une
profonde restructuration de l’exécutif circulent sans
pourtant que cela n’intervienne. Depuis le départ du Pr
Adolphe Lumanu de l’exécutif alors ministre des
Relations avec le Parlement pour la direction de cabinet
de la présidence de la République et son non
remplacement, la voie était ouverte aux conjectures.
Jeudi 16 mai dernier, à la veille de la bataille
tumultueuse du perchoir de l’Assemblée nationale alors
qu’il était en train de battre le rappel des troupes de
l’Alliance pour la majorité présidentielle (Amp), le
président de la République a eu des mots justes pour
rappeler, à Kingakati, dans sa ferme, la nécessité de
resserrer les rangs mais aussi de nettoyer les écuries
d’Augias tel qu’il l’avait déjà annoncé dans les temps.
Comme il a constamment tenu ses promesses lorsqu’il
tient parole, il a, après avoir mûri la situation,
décidé enfin de passer aux actes. Cela a nécessité bien
sûr du temps tenant compte notamment des soubressauts
qu’ont connu le Kivu et la Province orientale, le long
processus du rétablissement de la paix dans cette partie
du pays qui reste fragile, les problèmes économiques et
sociaux…cheminant dans la marche de la nation.
Dix mois après leur venue au gouvernement, Joseph Kabila
a suffisamment eu le temps de jauger l’action des
ministres de l’équipe Muzito. Ont- ils mérité ou
démérité de la confiance du chef de l’Etat et du peuple
congolais ? C’est à la résolution de cet exercice qu’il
est soumis. La grande particularité, selon des sources
fiables, c’est que cette fois, seul lui-même, détient le
secret du remaniement, c’est-à-dire du calendrier et de
sa composition. Un black-out complet est de mise. Sur ce
dossier, les spéculations ne sont guère admises. On
croit savoir, à cet effet, que l’effet de ces importants
changements pourrait ressembler à un « tsunami » tant de
grands noms de la scène politique nationale pourraient
ne pas être repris. On parle dans les coulisses, des
chefs des partis qui quitteraient l’exécutif tandis que
d’autres pourraient se retrouver ailleurs.
Cap vers 2011
Dans la prochaine équipe gouvernementale, le chef de l’Etat
entend s’entourer « des hommes sûrs », « des gens
déterminés et dynamiques». Sur ce, il a été formel dans
son interview au journal Le Soir : « Je vais chercher
les 15 personnes qu’il me faut et les mettre à la bonne
place ». C’est une profession de foi qui témoigne de sa
préoccupation majeure de sortir des sentiers battus et
de donner du tonus à l’action de l’exécutif que d’aucuns
jugent amorphes et, cette fois, avec l’apport des
ministres vertébrés doublés de patriotes et réellement
engagés pour le développement du pays. C’est autant un
engagement qu’une impérieuse nécessité au regard des
échéances électorales de 2011. A mi-mandat, il n’a pas
tort de recourir à des personnes expertes et de
confiance qui n’ont nullement trempé dans des magouilles
et la corruption et qui, lors de la campagne électorale
passée, lui ont prouvé leur soutien et sont restés
fidèles à sa politique. Déçu par des collaborateurs peu
sérieux, légers et fourbes, il n y’ a que des hommes et
des femmes intraitables et intransigeants prêts à se
sacrifier pour l’affranchissement intégral du pays
faisant partie du fichier personnel du président de la
République qui peuvent l’épauler sincèrement dans la
dure tâche jusqu’aux prochaines échéances de 2011 et qui
puissent relever le défi. A ce jour, la question du Cndp
et des groupes armés du Nord et Sud-Kivu est déjà
réglée, il ne reste plus que la concrétisation de
l’accord du 23 mars dernier signé à Goma entre toutes
les parties intéressées. En attendant que les décrets de
nomination soient publiés d’ici juin prochain, ainsi
qu’il l’a déclaré, tout indique que la prochaine équipe
serait celle de combat, plus engagée, ressoudée et
responsable. Dans le même contexte, les importants
changements attendus ne manqueront guère de prendre en
compte l’Amp dont la restructuration est programmée
après le feuilleton Kamerhe et l’attentisme de l’Udémo
ainsi que celle des entreprises publiques gérées, dans
la plupart des cas, comme des biens sans maîtres.
Ndong.M.N.
En refusant d’appartenir à la
province de Lomami
Les ressortissants de Ngandajika persistent dans la
violation de la Constitution
Quatre grandes banderoles rédigées en
français et en tshiluba, étaient nettement perceptibles,
le mercredi 13 mai dernier, à l’entrée principale du
Palais du peuple où la chambre basse était réunie en
séance plénière. Sur ces banderoles placardées par les
ressortissants de Ngandajika, on pouvait lire entre
autres le message selon lequel ce territoire refuse
d’appartenir à la future province de Lomami et déclare
vouloir demeurer à la province du Kasaï Oriental . Comme
pour corroborer ce message placardé à l’entrée de ce
Palais et destiné à la consommation populaire, quelques
personnalités originaires de ce territoire dont des
députés nationaux ont, liant l’acte à la parole,
sollicité et obtenu, le plus sérieux du monde, une
rencontre avec le Président de l’Assemblée nationale
auprès de qui ils ont remis leur memo contenant leur
point de vue.
Même si on ne connait pas encore la teneur de la
conversation que cette délégation a eue avec le numéro
un de la chambre basse encore moins la réponse que ce
dernier a réservée aux membres de cette délégation,
force est de constater que l’événement, voulu grandiose
par ses initiateurs, est passé aussi inaperçu que ses
membres et s’est révélé être, en définitive, un non
événement. En effet, les élus nationaux n’ont pas
manifesté un intérêt quelconque à cette démarche
préférant afficher une réserve totale face à une
démarche qui risque de créer un précédent fâcheux et
soulever la population de leurs provinces respectives si
elle était suivie. Ce qu’ignorent les initiateurs de
cette action est qu’il est extrêmement dangereux, en
cette période post-conflit, de jouer sur la corde
tribale ou ethnique en vue d’assouvir la soif politique
de repositionnement. L’implosion des tribus Hema et
Lendu, de triste mémoire, en Ituri lors de la guerre
d’agression, est encore fraîche dans nos mémoires et
témoigne du danger du maniement des sentiments tribaux
comme argument politique. L’opinion garde encore frais
dans sa mémoire les tueries et massacres barbares que
l’agitation de cette corde tribale a provoqués dans
cette partie du pays.
Le danger de la démarche des originaires de Ngandajika
est d’autant plus grand qu’ils refusent d’appartenir à
la province de Lomami pour la simple et bonne raison
qu’ils se considèrent culturellement plus proches des
habitants de la future province du Kasaï Oriental qui
sont Luba comme eux. Les arguments de la proximité de
leur territoire au chef-lieu de la future province du
Kasaï Oriental plutôt qu’à celui de la future province
de Lomami sont aussi fallacieux qu’irresponsables et
archaïques dans la mesure où la proximité à un autre
territoire n’est pas forcément un élément d’appartenance
à celui-ci. Le territoire de Kasangulu, qui est plus
proche de la ville de Kinshasa, n’a jamais prétendu
appartenir à celle-ci. Les liens commerciaux entre
Ngandajika et Mbuji-mayi n’empêchent en rien les liens
commerciaux avec Kabinda. Le tout est question du
raffermissement du vouloir vivre ensemble.
Les initiateurs de la démarche sont tout simplement
malintentionnés puisqu’ils savent très bien que leur
démarche est anticonstitutionnelle et va à l’encontre
des principes librement arrêtés dans la loi portant
libre administration des provinces. En effet, la loi
précitée, s’appuyant sur l’article 2 de la Constitution
qui énumère les provinces de la Rdc, a émis deux
principes majeurs. Les districts des actuelles provinces
deviennent les nouvelles provinces tandis que les
chefs-lieux des actuelles provinces vont devenir les
chefs-lieux des provinces correspondantes. Sauf pour le
Bas-Congo et l’ancien Kivu, ces principes s’appliquent à
toutes les provinces étant donné que la loi est déjà
entrée en vigueur. La ville de Kabinda est et sera le
chef-lieu de la province de Lomami et celle-ci
fonctionnera dans ses limites telles que prévues par la
loi. Les autorités du pays doivent donc décourager ces
types d’initiatives aux conséquences incalculables pour
la paix sociale.
Charles Mukonkole
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