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Concertations congolo-ougandaises
Kabila-Museveni : rencontre annoncée pour évaluer les
opérations conjointes
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Pas de prolongation automatique de la présence des
troupes ougandaises en Rdc, les deux chefs d’Etat feront
le point de la situation sur le terrain et définiront
une nouvelle orientation
La question de la durée de la présence
militaire sur le sol congolais de l’armée ougandaise
engagée dans l’opération conjointe à côté des troupes
des Fardc et celles du Sud-Soudan lancée depuis deux
mois dans le Haut-Uélé, dans la province Orientale
contre l’armée de résistance du seigneur, Lra, est au
centre du débat. Initialement annoncé pour le samedi
dernier, le départ des forces ougandaises n’a pas eu
lieu. Cela suscite des questions de la part d’une
certaine opinion qui, pour une raison ou une autre,
assimile cette présence à une «occupation» qui
répondrait à un agenda caché.
Kampala justifie la poursuite de la présence des
éléments de son armée par la persistance du danger que
représente pour sa sécurité les rebelles ougandais
évoluant dans cette partie de la Rd Congo. De son point
de vue, il s’agit d’une considération spécifiquement
militaire et non d’une quelconque obstination ou refus à
demeurer sur le territoire congolais contre le gré du
gouvernement congolais. Les déclarations du ministre
ougandais de la Défense appuyant ce point de vue ont été
balayés par son homologue congolais, Mwando Nsimba qui
ne reconnaît nullement qu à ce propos qu’il ait eu des
pourparlers avec la partie gouvernementale congolaise.
Selon lui, 90 % des objectifs assignés à l’opération
ayant été atteints, il n’y a plus de raison pour que des
troupes ougandaises restent sur place. Dans ce cadre, il
a annoncé la destruction du quartier général de Lra
dirigé par Joseph Kony dans le parc de la Garamba, leur
mise en déroute, l’arrestation de plusieurs de ses
éléments et dépendants dont l’une des femmes du chef
rebelle ougandais. En donnant son feu vert au
déclenchement de cette opération conjointe, estime un
observateur, Kinshasa entendait crever l’abcès dans une
région du pays où règne depuis plusieurs années
l’instabilité.
Définir une nouvelle orientation
En attendant la résolution de l’équation Lra, Kinshasa
et Kampala poursuivent des contacts en vue d’évaluer, à
chaque étape, la situation sur le terrain. Dans ce
cadre, il est prévu avant fin février une rencontre au
sommet entre le président congolais, Joseph Kabila
Kabange, et son homologue ougandais, Yoweri Museveni.
L’annonce en a été faite par le ministre de la
Communication et des Médias et porte-parole du
gouvernement, Lambert Mende Omalanga. Dans l’entretemps,
les deux chefs d’Etat se félicitent des progrès réalisés
au cours des opérations de traque des rebelles ougandais
dont les principaux camps ont été détruits dans le parc
de la Garamba. Il est évident qu’au cours d’importants
entretiens qu’auront les présidents congolais et
ougandais dont les troupes sont engagées sur le terrain
des combats à Faradje, Dungu et autres localités,
l’occasion leur sera donnée de faire le point de la
situation dans la perspective de définir une nouvelle
orientation tenant compte des réalités actuelles.
Ces futures concertations revêtent une importance
particulière dans la mesure où elles contribueront à
baliser la voie, à renforcer les relations entre les
deux pays qui avaient jadis connu une nette
détérioration. En rapport avec la mise en déroute des
éléments de Kony, le débat sur la durée de l’opération
conjointe déclenchée dans la Province Orientale contre
les rebelles ougandais de la Lra, procède désormais,
selon un observateur, de la volonté commune de deux
gouvernements.
Aller jusqu’au bout
Dans la situation actuelle marquée par des avancées
remarquables des troupes de la coalition face à l’ennemi
affaibli et déboussolé, Kinshasa réaffirmera sans doute
l’option déjà annoncée de voir des forces ougandaises
regagner sitôt leur pays en vue de permettre aux Fardc
de parachever la mission de pacification du Haut-Uélé
et, au besoin, avec l’assistance de la Monuc dont le
renforcement des troupes décidé dernièrement par le
Conseil de sécurité des Nations unies est réclamé à cor
et à cri par l’Ong américaine Human rights.
Les succès enregistrés par cette opération conjointe
sont fondés en dépit de nombreuses tueries des
populations et l’enlèvement d’enfants enregistré à Dungu
et à Faradje. On ne prendra pour preuve que la reddition
que le numéro 2 de la Lra est en train de négocier avec
le gouvernement ougandais. N’eut été la forte pression
militaire et les pertes subies, les compagnons de Joseph
Kony n’en seraient sans doute pas là. Ce conflit vieux
de plus de vingt ans ne pourrait trouver son dénouement
que par la manière forte mais aussi en poussant l’armée
de résistance du seigneur à signer l’accord de paix
négocié avec Kampala mais chaque fois repoussé par les
rebelles lorsqu’il faut passer à la concrétisation.
Dans cette épreuve militaire, la Rd Congo a un important
rôle à jouer d’autant plus que ce conflit a un impact
dans l’insécurité sur le territoire congolais aussi bien
qu’au Sud-Soudan et en Centrafrique. La liquidation
totale de cette rébellion aura, en définitive,
l’avantage d’apporter la paix dans une région où les
populations n’aspirent qu’à son retour.
Ndong.M.N.
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