Affaire Bemba/Cpi
L’arrêt des juges tombe vendredi, Moreno Ocampo a le dernier mot

A Kinshasa, il y a une certaine presse qui, depuis plusieurs mois, diffuse à foison et à dessein, des nouvelles faisant état de la « libération » de Jean-Pierre Bemba Gombo des geôles de la Cour pénale internationale (Cpi), à La Haye où il est incarcéré depuis l’année dernière pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis ente 2002 et 2003 à Bangui, en Centrafrique. Parmi ces journaux, il y en a même qui ont osé avancer des dates précises du « relâchement » de l’ancien vice-président congolais alors que les juges de la C pi commis à ce dossier judiciaire ne se sont pas encore prononcés définitivement. Curieusement, cette campagne n’a guère été suivie d’effets positifs. Comme si cela ne suffisait-il pas voilà que, ces derniers jours, les mêmes médias étalent en manchettes des titres ronflants faisant état de l’arrivée imminente de Bemba à Kinshasa avec comme seule preuve, la détention de son passeport qui lui aurait été remis en taule. Qu’est-ce qui justifie la diffusion de telles informations dénuées de tout fondement alors que la Cpi n’a pas encore clos le dossier ? Mais, pourquoi cette agitation visiblement partisane et sectaire au sujet d’une affaire judiciaire en examen au niveau des instances internationales ? Autant des questions qui méritent d’éclaircissements.

La voix de la Cpi

Pour couper court à cette campagne de désinformation - c’est le cas de la dire – le porte-parole de la Cpi au bureau de représentation de Kinshasa, Paul Madidi a tenu vendredi dernier un point de presse au cours duquel il a situé l’affaire dans son véritable contexte. Selon la procédure, a notamment indiqué ce confrère, l’arrêt des juges de la Cpi est attendu le vendredi 22 mai prochain à La Haye, ville des Pays-Bas. De cette démarche, il n’y a que deux alternatives : soit ils prononcent l’implication du suspect Bemba dans les crimes commis en Centrafrique en 2002 et 2003, soit ils l’innocentent. Et même dans ce dernier cas, seul le procureur général Moreno Ocampo aura le dernier mot qui, incontestablement, ne pourrait être que la réouverture du dossier sur les mêmes faits lui reprochés.
Pour ceux qui ont lu attentivement l’interview accordée au Soft, l’année dernière, sur le cas Bemba par le procureur argentin et qui ont saisi la quintessence de ces propos, ils ne peuvent que déchanter. Ocampo a clairement déclaré que Jean-Pierre Bemba ne s’en sortirait pas avec moins de trente années de condamnation ferme. Comment, dès lors, peut-on croire qu’un homme de la loi de cette trempe puisse se dédire pour faire plaisir à quelques journaux congolais versant dans la facilité et la désinformation !
Quoi qu’on en dise, l’affaire Bemba ne pouvait donner ses premiers éclairages qu’à partir de vendredi prochain, toutes les spéculations ne visent qu’à détourner de la réalité l’opinion manipulée à souhait. Lr

 





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