Ouverture ce jeudi à Nairobi

2e round des concertations Gouvernement-Cndp

- Le mouvement rebelle arriverait-il à transcender les passions qui ont concouru à l’échec des pourparlers préliminaires ? Visiblement le glas a déjà sonné pour Nkundabatware

Prévue en date du 17 décembre 2008, la reprise des concertations à Nairobi, au Kenya, entre le gouvernement congolais et la rébellion du Conseil national pour la défense du peuple (Cndp) n’a cependant pas eu lieu hier. Pour des raisons sans doute protocolaires, elle a été reportée à ce jeudi. On a signalé hier soir l’arrivée des deux délégations dans la capitale kenyane. Celle du gouvernement est composée du gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku et de son collègue du Sud-Kivu, Léonce Muderwa. Le deuxième round de ces pourparlers dont les travaux de la semaine dernière s’étaient soldés par un échec sera ouvert aujourd’hui dans un climat moins serein. Les divergences de vue apparues sur les termes de référence des concertations entre les deux parties avaient fondamentalement concouru à l’ajournement momentané de la rencontre aussi bien que le manque de pouvoir décisionnel des délégués du Cndp. Au stade préliminaire, le gouvernement a fait preuve de real-politik en assouplissant sa position tout en ne se départissant pas de ses options officielles tandis que le mouvement rebelle campait dans une intransigeance abjecte qui ne s’est pas avérée adaptée aux circonstances. En proposant la résolution globale de la question congolaise à travers la remise en question du cadre institutionnel, le Cndp a piégé la suite de la réunion. Ce à quoi la délégation gouvernementale conduite par le ministre de la Coopération Internationale et Régionale, Raymond Tshibanda a démontré l’irréalisme de ce mouvement militaire. Le point de vue de la rébellion a notamment surpris l’émissaire onusien, Olusegun Obasanjo et l’ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa qui n’entendaient nullement s’aligner sur une position qui n’entrait nullement dans le cadre du mandat de l’Onu.

Le second round des concertations de Nairobi a pour mission essentielle de formaliser le cadre des discussions et devrait sans doute déblayer le terrain avant le sommet du 21 décembre 2008 dans la même capitale devant regrouper différents chefs d’Etat de la région. Ce sommet a été précédé par la tenue le dimanche 14 décembre 2008 à Kinshasa de la réunion des coordonnateurs nationaux de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs qui a été présidée par Raymond Tshibanda, ministre de la Coopération Internationale et régionale qui, sur le dossier congolais, a eu des mots justes.

Pour lui, « les concertations de Nairobi avec les rebelles du Cndp devraient trouver la solution dans la mise en œuvre effective des actes d’engagement signés le 23 janvier 2008 à Goma et à l’application du communiqué de Nairobi. C’est dans ce cadre que la Rdc participe à la rencontre de Nairobi ».

 

Quand Kagame règle ses comptes à Nkunda

Le mouvement rebelle arriverait-il à transcender les passions de l’étape préliminaire des pourparlers ? C’est la grande inconnue. A l’analyse des faits, il y a lieu de reconnaître que le temps et les circonstances entre les deux rounds ont subi une mutation. Les enjeux sont en train de changer en faveur du pouvoir de Kinshasa que ce soit sur le plan politique que diplomatique. Les champions d’hier de la solution politique se rendent déjà à l’évidence parmi lesquels Louis Michel, le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire qui finalement s’est rendu compte de dangereuses prétentions de Laurent Nkunda après s’être entretenu à Kigali avec le président rwandais, Paul Kagame et ensuite avec le chef rebelle sur le territoire congolais.

On renseigne que lors des entretiens Kagame –Michel, ce dernier a fait le constat selon lequel le chef de l’Etat rwandais prenait des distances par rapport à Nkunda. Il aurait affirmé sans fausse modestie qu’il ne le connaissait pas personnellement ( !) sans doute qu’il voulait dire suffisamment. Au chef du Cndp, Louis Michel lui a assené la vérité sans périphrases en traduisant l’embarras de son mentor après la publication du rapport des experts des Nations Unies impliquant le Rwanda au terme de dix semaines de recherches sur le terrain, de consultations d’une grande documentation, de témoignages et même d’écoutes téléphoniques. A Kigali, on trouve que leur homme de main n’a pas su remplir la mission qui lui avait été confiée. Au contraire, il a entamé largement l’image du pays de milles collines dans le concert des nations au point qu’il est pointé du doigt.

La vérité, c’est que pour s’être détourné de la cause initiale, c’est-à-dire la défense de la minorité tutsie, ce qui faisait de lui un emblème ; en se prévalant désormais du droit de revendiquer la défense de la cause de toutes les tribus (sic), Nkunda s’est disqualifié aux yeux de Kagame qui le traite présentement comme un vil chef de guerre. Bien d’autres ont subi le même sort avant lui…

Ndong.M.N.