Cour penale internationale
Bemba : 60 jours de suspens et 10 jours pour la
défense de convaincre
Quatre jours d’audience dite de «confirmation des charges»,
de lundi 12 à jeudi 15 dernier dans l’affaire
Jean-Pierre Bemba à la Cour pénale internationale à
La Haye, en Hollande, n’ont pas suffi à étancher la
soif de l’opinion qui suit attentivement son
déroulement. Comme qui dirait l’ajournement de la
décision des juges dans un délai de soixante jours
fait perdurer le suspens.
Au terme de l’ultime audience, la chambre préliminaire a estimé que
la défense dispose de dix jours pour présenter les
preuves de ces assertions sur la non responsabilité
individuelle de Jean-Pierre Bemba dans les crimes
commis par les miliciens du Mlc à Bangui pendant la
période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003.
C’est à un exercice qui requirent beaucoup d’audiences et de tact
auquel sont soumis les avocats de l’ancien
vice-président congolais décidés à défendre jusqu’au
bout leur client. Dans cette épreuve, ils ont le
devoir de présenter des arguments, des éléments de
preuve suffisants pouvant aboutir à la
déculpabilisation de Bemba. En ont-ils les moyens ?
C’est la grande question.
En marge de quatre dernières audiences, on aurait voulu que les
esprits soient fixés, plutôt comme on en a souvent
l’habitude avec la justice expéditive en Afrique, il
n’en est pas le cas devant la justice internationale
où la rigueur de la procédure empreinte la démarche
de la tortue. Cela est justifié par la recherche de
la vérité dont l’éclatement ne saurait apparaître
dans la précipitation, l’improvisation. La procédure
de la Cour pénale internationale est assise sur une
charpente juridique implacable dont les arcanes ne
sont perçus que par les initiés.
Arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles, en Belgique, Jean-Pierre Bemba
est inculpé de cinq chefs de crimes de guerre et
trois chefs de crimes contre l’humanité pour viols,
tortures, pillages et meurtres commis par la milice
armée du Mlc. Selon l’accusation, ses éléments
auraient, à la demande de l’ancien président
centrafricain, Ange-Patassé mené des opérations
contre la population civile et auraient commis des
meurtres, des viols, des actes de tortures, des
atteintes à la dignité de la personne et des
pillages à Bangui et dans certaines localités
centrafricaines. Ce à quoi la défense de Bemba
rejette mais devra prouver le contraire endéans dix
jours dont il dispose selon l’avis de chambre
préliminaire de la Cpi..
N.M.N.