Rentré en catimini à Kinshasa
Kamerhe consulte dans sa résidence
-On l’accuse de faire de la résistance au sujet de sa démission exigée, en plus, d’envisager la création d’un parti politique qui bénéficierait du soutien des membres de l’opposition dont ceux du Mlc

Le sort de Vital Kamerhe, actuel président de l’Assemblée nationale serait-il déjà lié ? Que ce soit dans les médias que dans l’opinion, la nouvelle ne passe guère inaperçue tenant compte de la position qu’il occupe sur l’échiquier national et du rôle qu’il a joué et continue de jouer au sein de la majorité. A en croire des sources généralement bien informées, le scénario de sa sortie honorable n’attendrait plus que le jour « j » et l’heure « h » pour que tous les mécanismes soient déclenchés. Dans la majorité, on a naturellement la certitude que l’on n’a pas voulu précipiter les choses mais plutôt prendre des précautions qui s’imposent en l’absence de l’homme du perchoir de la chambre basse du parlement. L’ambiance est évidemment celle qui, d’habitude, précède les grands événements.
Hier, on a appris qu’il venait de regagner Kinshasa après un séjour aux Etats-Unis et une virée en Afrique du Sud. Selon nos sources, il consulterait at home en dehors du cadre de sa famille politique probablement pour affûter des armes en prévision des batailles en cours. Les dernières tractations auraient planifié sa démission de son poste, tout en restant à la disposition du chef de l’Etat. Cette option aurait obtenu l’assentiment de Vital Kamerhe dont on attend la présentation de la démission officielle de son poste et de l’actuel bureau de l’Assemblée nationale. Cependant selon certaines sources, l’ancien secrétaire général du Pprd tarderait à passer aux actes. On le pointe du doigt accusateur de faire de la résistance. Sa stratégie consisterait à ne pas convoquer en cette période des vacances parlementaires, la session extraordinaire de l’Assemblée nationale sur l’intervention des troupes rwandaises dans le Kivu et, par conséquent, d’attendre la session ordinaire de mars au cours de laquelle il espère s’en sortir en réunissant la majorité des députés à sa cause au cas où ses adversaires pourraient, éventuellement, présenter une motion de défiance contre sa personne. On indique qu’il compterait sur les voix de ses partisans du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, du Maniema et de la Province Orientale et ceux de l’opposition qui n’ont rien à perdre. Des calculs qui devraient normalement être confirmés dans les faits, autrement…
S’il arrivait que cette hypothèse soit confirmée, il faudrait s’attendre à un bras-de-fer au sommet des institutions. Or, la politique étant le champ de prédilection des rapports de force, on ne saurait présager de son issue. Ce qui est évident c’est le fait que, dans les circonstances actuelles, Kamerhe ne pourrait en sortir vainqueur. Le désaveu de sa famille politique qui lui colle à la peau ne pourrait, de toutes les façons, que lui être préjudiciable à moins que…

« Nouvelle dynamique »

La mauvaise fortune dont est l’objet l’actuel président de l’Assemblée nationale lui aurait attiré la sympathie des opposants indécis, des anti-régime de tout poil qui verraient en lui le « pur résistant » pour avoir « contredit » la position du chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange au sujet de la présence des troupes rwandaises dans le Kivu qui sont pourtant là après un long processus et les perspectives de paix entre la Rdc et le Rwanda ainsi que dans les Grands Lacs qui n’ont jamais été aussi claires. Pour canaliser sa « popularité » et canaliser son « audience », on prête à Kamerhe qui n’a jamais caché ses ambitions… depuis la fameuse épisode de Jeune Afrique l’intention de créer un parti politique dans lequel il pourrait mieux évoluer. Cela procède de la « nouvelle dynamique » dont on parle tant dans les couloirs du Palais du peuple à laquelle adhèrent des membres influents de l’opposition parmi lesquels ceux de la direction du Mlc. Initier la formation d’un parti politique, c’est une noble ambition, en a-t-il cependant le cran ? C’est la grande question. Ne pas lui donner l’occasion de voler de ses propres ailes, ce serait lui priver d’un atout-majeur dans le contexte démocratique. Le tout est de savoir, si on n’est pas en présence d’un projet qui ne verrait nullement le jour. Ce qui déchanterait ceux qui, à gauche et à droite, croit se repositionner.
Lr

 




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