Jean-Claude Masangu est formel
La Rdc est en récession !Le gouverneur de
la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu, a reconnu hier mercredi 18 février 2009 devant la presse que l’économie congolaise est bel et bien rentrée en récession selon les derniers chiffres de son institution. En effet, la Banque centrale du Congo a noté un ralentissement inquiétant des activités économiques au cours de ces six derniers mois. Pour la première fois depuis 2001, la croissance économique a été négative alors que le pays connaissait une embellie économique avec un taux de croissance toujours positif depuis la nouvelle orientation insufflée par le président de la République Joseph Kabila à sa prise des pouvoirs en 2001.
Pour le responsable de la Banque centrale, la production nationale a beaucoup baissé consécutivement au ralentissement du secteur minier qui lui-même subit de plein fouet les conséquences de la crise financière internationale. Cette récession s’explique également par la baisse des exportations pétrolières et forestières, véritables moteurs de la croissance économique congolaise avec le secteur minier. Le secteur bancaire, stable depuis une décennie, annonce également des signaux inquiétants alors même que tous les spécialistes minimisaient les conséquences de la crise financière sur nos banques qui ne sont pas interconnectées avec les grandes institutions financières internationales. Leur quasi cloisonnement était une garantie contre la crise qui frappe durement l’univers financier mondial. Mais c’était sans compter face à l’ampleur de la crise mondiale qui a tôt fait d’asphyxier les poumons économiques du pays les uns après les autres. «Plus ou moins 90 % des dépôts sont en devise et logés en compte RME. A fin 2008, ces dépôts se chiffraient à 1 milliard 170 millions de dollars dont 80 % ont servi à l’octroi des crédits à l’économie. Si à cette situation s’ajoutent des retards des remboursements des crédits octroyés d’avantage. Ainsi, il peut s’observer passagèrement un retard dans le délai d’exécution des opérations des paiements de gros montants»; a affirmé le gouverneur de la Bcc.
Comme on peut le constater, la trésorerie des banques commerciales n’est pas en bonne santé du fait des difficultés de la clientèle à rembourser dans le délai, les crédits qui leur ont été alloués. Pire que les banques commerciales, la Banque centrale n’a pas, elle non plus, une trésorerie digne d’un pays aux multiples défis comme le nôtre. Tous les efforts qu’elle a consentis pour soutenir l’économie l’ont sérieusement plombé; elle ne peut désormais trouver son salut que grâce à un programme avec les institutions financières de Bretton Woods et certains partenaires traditionnels comme la Banque africaine de développement. La Bcc espère recevoir de cette dernière une enveloppe de 50 millions de dollars alors que la Banque mondiale pourrait octroyer à la Rdc une aide de 1 milliard 500 millions de dollars dont 100 millions pourront être consacrés à la lutte contre la crise financière internationale. Le Fmi, quant à lui, se propose d’allouer 200 millions de dollars au titre des facilités pour lutter contre cette crise.
Tous ces efforts vont permettre à rehausser le niveau des réserves de la Banque centrale dont la baisse est à l’origine du mauvais comportement du franc congolais par rapport à la principale devise américaine. La monnaie locale, en perte totale de vitesse, se changeait hier mercredi à 760 francs congolais contre 1 dollar américain, au taux officiel contre 740 francs congolais pour 1 dollar américain il y a à peine trois jours. Cette descente aux enfers de la monnaie nationale risque de briser l’élan de la refondation de l’Etat, car elle réduit considérablement les capacités des manœuvres du gouvernement qu’il expose par ailleurs à une forte pression sociale puisqu’elle réduit le pouvoir d’achat de la population.
La coopération des institutions financières internationales devra s’accompagner des mesures internes énergiques pour faire face à la crise et à la dégringolade du franc congolais. La Bcc a déjà rehaussé son principal taux directeur à 65 %, c’est-à-dire qu’elle a rendu cher le loyer du franc congolais dans le but de retrancher le plus grand nombre des francs congolais sur le marché. Mais le plus grand exploit de l’économie congolaise passe par sa diversité car elle doit trouver des secteurs alternatifs comme l’agriculture capable de compenser les recettes en devises. L’économie congolaise doit aussi fournir un grand effort pour se moderniser en vue d’être beaucoup plus compétitive, gage des meilleures exportations, condition clé pour une bonne croissance économiques.
Charles Mukonkole
 




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