Udps

Tshisekedi consulte à Bruxelles

Albert Moleka très attendu à Kinshasa pour dévoiler le plan de bataille

Y a-t-il crise ou pas au sein de l’Udps ? Répondre par l’affirmative ou la négative à cette question ne servirait pas à grand ‘chose, si les faits ne confirment nullement la réalité. Dans la vie de tout parti politique, la lutte des intérêts est le champ de prédilection des acteurs. Pour un parti aussi vieux que l’Udps qui a connu plusieurs péripéties depuis sa création en 1982, cela va de soi qu’à chaque étape correspond une situation donnée. C’est à juste titre qu’avec l’évolution de temps, les profondes mutations qu’a connu la République démocratique du Congo depuis la chute du maréchal Mobutu, l’arrivée au pouvoir de l’Afdl, la tenue des élections présidentielles, législatives, provinciales et sénatoriales …que tous ces faits bouleversent la vie dans ce parti qui a fortement subi les contrecoups de son radicalisme marqué par le refus de participer aux élections, les nombreuses défections, les reniements, les trahisons… Qu’est-ce qui se passe réellement à l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social ?

 

La conspiration du silence

Depuis la mise en place du comité préparatoire du congrès du parti, le 22 septembre 2007, décidée par le président national, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, un vent impétueux y souffle lequel a ébranlé d’édifice ravivé par la lutte des clans, les antagonismes et même des clivages tribaux… En plaçant à la vice-présidence de ce comité, l’ambassadeur Beltchika pendant que lui-même Tshisekedi était rongé par la maladie, il ne croyait pas si bien faire.

Selon un membre du comité national (parlement du parti) qui a requis l’anonymat, les manœuvres qui ont concouru en son temps à la création du comité préparatoire du congrès procédaient d’une conspiration du silence. L’initiative aurait été conçue, inspirée par ceux-là mêmes qui furent à l’époque responsabilisés. Cependant, a-t-il reconnu, dès que le duo Beltchika et Mukendi furent investis, ils s’acharnèrent sur le comité national et le comité exécutif notamment sur les personnes de Valentin Mubake et de Remy Massamba devenus alors des bêtes noires pour des raisons obscures.

A lui en croire, c’est le même duo qui a été à la base du limogeage de ces cadres de l’Udps diabolisés à souhait… jusqu’à ce que Tshisekedi se rende dernièrement compte de la supercherie et le renvoie paître du comité organisateur du congrès. Plus d’un an après, son vice-président qui se voyait déjà dans le rôle de président national de l’Udps n’a pas su rendre compte du rapport des préparatifs que ce soit au comité national qu’à la base selon les vœux exprimés par le « lider maximo ». L’accentuation de la crise favorisée par de basses combines a fini par créer un climat préjudiciable au bon fonctionnement du parti. D’où la décision prise à partir de Bruxelles par Etienne Tshisekedi de neutraliser Beltchika, Mukendi et Aka, alors son assistant qui visiblement avait rejoint leur camp.

      C’est dans cette perspective qu’Alexis Mutanda fut désigné début octobre aux fonctions de secrétaire général tandis qu’Albert Moleka comme assistant du président national en remplacement d’Aka en disgrâce.

 

Retour de la légalité

A ce jour, commente un cadre udépesien, Beltchika, déboussolé, bloque le rapport du comité organisateur on ne sait pour quelle raison et agite des vieux fondateurs alors que, statutairement, le comité des fondateurs n’a pas le mandat de décider du transfert du siège du parti sauf bien sûr le comité national.

Pour lui, il était grand temps pour que Tshisekedi ravise sa position, le complot dont la finalité était l’émiettement du parti ayant atteint des proportions inquiétantes. En optant pour cette nouvelle tournure, il est revenu dans la légalité, le respect des textes, a-t-il confié.

Pour un autre responsable fédéral, de Kinshasa « la page de la crise à l’Udps est déjà tournée. Elle n’existe plus que dans la tête de Beltchika et Mukendi ». Il s’étonne du fait qu’à l’époque, les mécontents quittaient la Xème rue Limete tambours battants alors que cette fois ils font une contestation stérile.

Selon un membre du comité national, l’Udps va reprendre du poil de la bête dans deux ou trois mois. En attendant le retour à Kinshasa d’Albert Moleka en provenance de Bruxelles, en Belgique, où il est allé en consultation depuis le 6 décembre dernier auprès du président national, on s’active sur l’adoption du rapport d’activités du parti à tous les niveaux. Trois principaux axes sont concernés, notamment la tenue du congrès, la redynamisation du parti, la conquête du pouvoir. A cela s’ajoute les finances dans le cadre de la présentation du budget 2009 en fonction du rapport des activités.

Finalement, on se rend compte à l’Udps que la démocratie a un prix à payer qui doit impérativement être acquitté à l’intérieur en parti avant d’aborder des échéances électorales proprement dites. Autrement tant qu’on aura pas balayé devant sa porte, le risque est grand qu’on aborde la bataille avec détermination. Cependant cette formation politique aura perdu beaucoup de temps qu’il aura sans doute du mal à rattraper.

NDONG.M.N.