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Dans une interview exclusive à Digital Congo FM
Laurent Nkunda accepte de signer les accords de Nairobi
Les espoirs suscités par des déclarations suc-cessives de Bosco
Ntaganda du CNDP et de Sendoukou Museveni du Pareco-Fap
continuent de s’amplifier. Hier, dans une interview
accordée à Frédéric Kitengie Kikumba et diffusée sur
Digital Congo FM, le général Laurent Nkunda a rejoint
les positions de l’aile qu’on voulait dissidente en
annonçant qu’il fallait des accords politiques pour
normaliser les accords signés par les militaires. Il
s’est dit prêt à signer les accords de Nairobi après les
travaux en commissions et à venir à Kinshasa appuyer les
institutions de la République naissant qu’il aurait
toujours reconnues. Voici la substance de ses
déclarations.
Le général Bosco Ntaganda a-t-il agi avec votre bénédiction ?
Bien sûr, parce qu’il avait tout l’état-major. Et donc, il avait
entériné. Sinon, il y avait eu de gens qui auraient
résisté à ça. Si aujourd’hui ça s’exécute sans aucun
problème, sans aucune embuche, comprenez donc que j’ai
donné mon approbation même avant qu’il ne quitte. Je
voulais tester. Moi aussi, j’ai testé avec le mixage, ça
avait réussi. Allez-y comprendre qu’il faut un peu de
volonté politique et tout marche.
Mon général, à quand votre retour à Goma ?
Bien sûr, je vous parle d’une volonté politique. Il y a une
solution, il y a des prémices que nous observons. Alors,
il faut un pas politique.
Est-ce qui est fait n’est suffisant pour que cette volonté
politique soit matérialisée par votre retour dans la
grande famille congolaise ?
Nous devons rejoindre cette volonté militaire. Donc, le corps
politique doit avaliser ce que l’armée a pris le courage
de faire. Il faut donc que de deux côtés, du
gouvernement et du CNDP, le corps politique avalise,
accepte et s’adapte à ce nouveau contexte.
Qu’est-ce que vous appelez le corps politique ?
Vous avez que dans cet accord militaire, dans ces deux déclarations
militaires, il y a là où il est dit que l’ANC et le CNDP
soutiennent le processus de paix. Nous disons qu’à
Nairobi ça avait bloqué la fois passé. Il faut donc
maintenant que le corps politique, que les négociations
de Nairobi avalisent cette volonté militaire. C’est là
que ça aura un fondement politique. Et après maintenant,
on va dans la seconde étape de normalisation politique.
Il faut que cette armée soit intégrée dans des
conditions acceptables. Il faut que cette confiance qui
naît soit encadrée par le corps politique. L’armée est
sous la gestion du politique.
Général Nkunda, c’est vous qui n’avez pas donné autorisation à vos
délégués de Nairobi d’aller jusqu’à la signature. Est-ce
que maintenant vous leur donnez le pouvoir de le faire ?
Ce n’est pas ça. Je pense que les gens n’ont dit la vérité. Nous
avions donné feu vert à nos gens de signer à Nairobi, il
y avait la volonté. C’est plutôt du côté gouvernement
qu’il y avait eu des petits problèmes. Je pense
qu’aujourd’hui le CNDP a montré toute sa volonté de le
faire. Et donc qu’il faut en profiter. Nous devons tous
saisir la balle au bond et aller de l’avant !
Mais, aujourd’hui, c’est une obligation mon général. Parce que
hier, avec la levée des barrières du côté de Sake,
c’était une explosion de joie au sein de la population.
Quelle est votre réaction ?
C’est ça que j’ai appelé les prémices de cette signature. Ca doit
nous interpeller tous. Voilà donc nous devons tous être
interpellés du côté gouvernement et du côté CNDP.
C’était une tentative qui a réussi, qui a produit ses
fruits, allons nous tous !
Et maintenant que vous vous mettez ensemble, Kinshasa et Kigali
veulent absolument maintenant unir leurs efforts pour
bouter dehors les FDLR. Est-ce que on peut aussi compter
sur l’appui du CNDP avec le général Laurent Nkunda à la
tête ?
Ca a été mis dans les documents, c’est clair. Le CNDP a toujours
demandé cela. Donc, croyez que nous ne pouvons pas nous
soustraire à une si grande mission ; à une grande
obligation comme celle-là.
Et quand est-ce que l’on peut assister à une audience de Laurent
Nkunda et Vital Kamerhe par exemple au siège du
Parlement parce que vous avez voulu parler aussi à
l’Assemblée nationale ?
A tout moment qu’on le voudra. Laurent Nkunda est et a toujours été
prêt. Vous savez que j’avais reçu l’année passée la
délégation du Sénat, je n’avais pas fermé les portes. Je
les reconnais et je reconnais toutes les institutions.
Donc rassurez-vous que Nkunda est prêt.
Est-ce que vous allez vous rendre à Kinshasa siège des institutions
pour rencontrer les autorités des institutions de notre
pays ?
Bien sûr. C’est ce que j’ai appelé le processus de normalisation
qui doit aboutir au rapprochement. Il y a le premier
exercice qui vient de produire ses fruits, je pense que
dès qu’on aura eu un accord politique pour formaliser ce
rapprochement, la deuxième chose, la suite, c’est
d’aller dans les institutions, d’aller appuyer vers les
institutions, d’aller appuyer la République naissante.
Ma dernière question mon général, d’après vous,la dernière étape
qui reste maintenant c’est de rentrer à Nairobi pour la
cérémonie de signature ?
Bien
sûr, on doit aller signer, on doit aller formaliser cet
accord parce qu’il y a eu des déclarations du CNDP, de
l’ANC(Lisez FARDC, NDLR), donc après ça on rentre, on
fait des commissions comme on l’avait prévu. Et là on va
directement dans le processus au rapprochement et bien
sûr on va à l’aboutissement de l’accord. |