Les deux discours de Evariste Boshab, l’un tenu à l’occasion de la présentation de sa candidature, et l’autre après le vote ; et celui du président sortant, Vital Kamerhe
 

E. Boshab : "Sous mon mandat, l'Assemblée nationale ne pourra, en aucun cas, devenir une caisse de résonnance"

Lors de son discours tenu devant les députés à l’occasion de la présentation de sa candidature, l’élu de Mweka a tracé les grandes lignes des actions qu’il entend mener pendant son mandat.
« Honorable Président de l’Assemblée nationale,
Honorables Députés et Chers Collègues,
Me voici devant vous ce jour, sollicitant vos suffrages, afin d’accéder à la fonction de Président du Bureau de notre institution.
D’aucuns, parmi nous, se posent certainement la question de savoir si une fois élu, je serai à la hauteur de la tâche de vos attentes.
D’autres, sans doute, ont tendance à faire la comptabilité de mes défauts. Pour ma part, je voudrais humblement vous dire que je me présente devant cette auguste Assemblée tel que je suis, convaincu qu’avec votre encadrement et vos conseils, je ne manquerai pas de me surpasser.
A la question de savoir pourquoi je sollicite vos suffrages, la réponse s’articule autour de deux axes majeurs lesquels définissent les lignes essentielles de notre action commune. Il s’agit sur le plan interne de veiller à la revalorisation du statut des élus tant au sein de l’hémicycle qu’en dehors de celui-ci, pour mieux les sécuriser et améliorer leurs conditions de travail et de vie, car une situation de précarité est incomparable avec le statut du Député.
Il sera également question de remettre le Député en confiance par la régularité dans le paiement des indemnités parlementaires. Il sera avantageux d’instaurer plus de communication entre le Bureau de l’Assemblée nationale et les honorables Députés par des contacts fréquents en indiquant, pour plus d’équité, des horaires pour les audiences des honorables députés.
De même, le fonctionnement du Bureau nécessite la régularité des réunions et la régularité des rapports de gestion surtout de la gestion financière à la plénière ainsi que l’amélioration des rapports avec les groupes parlementaires et leurs bureaux.
Dans cette perspective, la gestion financière mérite plus de transparence. A cet effet, l’adoption du règlement financier par la plénière est une urgence. Il importe de mettre en place de nouvelles structures de gestion de la SESOPA pour plus de transparence et d’efficacité. Dans le même ordre d’idées, mon attention sera particulièrement portée sur la prise en charge des soins de santé des Députés à l’intérieur comme à l’extérieur du pays et sur la distribution sans discrimination des missions de service à l’étranger.
Pour ce cas précis, je voudrais mettre en place une cellule de suivi composée des Députés de la majorité et de l’opposition pour s’assurer que tous les Députés, de manière rotative, se déplaceront dans les réunions internationales et vers d’autres parlements.
Le Bureau d’études doit être restructuré pour servir d’instrument à la bonne fin des travaux parlementaires.
Au plan externe, il va falloir restaurer la confiance entre l’Assemblée Nationale et les autres institutions de la République. Tout en renforçant le contrôle parlementaire, celui-ci doit être dédramatisé, rigoureux et efficace afin d’améliorer la gouvernance du pays.
Il est nécessaire de créer plus de convivialité entre les membres du gouvernement et les Députés. Ces derniers, donc, les Députés doivent être traités avec considération et respect par les membres du gouvernement.
En ce qui concerne les relations internationales, en même temps qu’il faudrait conclure d’autres accords de partenariat avec les institutions législatives homologues, recentrer la Diplomatie parlementaire sur des objectifs d’appui et de facilitation de la politique extérieure et de coopération définie par le Gouvernement en concertation avec le Chef de l’Etat conformément à la constitution. De même la question de désignation des représentants du parlement congolais au parlement panafricain doit être débattue en extrême urgence.
Enfin, mon engagement principal est celui de garantir les droits constitutionnels de l’opposition tant il est vrai que celle-ci est le miroir de la Démocratie. L’Assemblée Nationale apportera à l’opposition considération nécessaire, et les efforts constants seront déployés pour favoriser le rassemblement entre la majorité et l’opposition autour des intérêts vitaux de la Nation.
L’hémicycle sera toujours un espace d’un débat véritablement démocratique. Il est donc clair que, sous mon mandat, l’Assemblée Nationale ne pourra, en aucun cas, devenir une caisse de résonance, c’est pourquoi, Honorables députés et chers collègues, je sollicite vos suffrages en faveur d’un candidat qui vous parle et je vous remercie ».

 

Après la victoire électorale
Evariste Boshab : « Nous sommes de la même maison, il y a lieu d’unir nos forces, nos idées, nos énergies pour enfin servir le seul maître, le peuple congolais »

« Honorable Président de l’Assemblée nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Membres du Groupe technique de travail chargé des opérations électorales au Bureau de l’Assemblée nationale,
Honorables Députés et très Chers Collègues,
Il est de mon devoir en ce moment précis de remercier mon Dieu le Tout puissant qui a permis l’heureux événement du jour, ainsi que ma famille politique qui m’a aligné à cette compétition démocratique.
Honorables Députés et Chers Collègues,
Je vous remercie tous pour l’honneur que vous venez de me faire ainsi qu’à mes collègues en portant votre choix sur nos modestes personnes.
Du fond de mon cœur, je vous dis, je ferai tout pour mériter davantage de votre confiance.
Par votre vote, vous venez d’accomplir un acte non seulement hautement républicain, mais aussi inoubliable dans les annales de notre institution, l’Assemblée nationale.
En ma nouvelle qualité, je ne ménagerai aucun effort pour mener à bien notre institution. Devant vous, je prends donc l’engagement de réaliser avec votre concours à tous, ce que j’ai promis pendant ma campagne.
Je dis Merci à ceux ont voté pour nous et à ceux qui n’ont pas voté pour nous pour une raison ou pour une autre, car, telle est la règle du jeu démocratique.
A tous, je suis le président de l’Assemblée nationale, de toute l’Assemblée nationale et non d’une faction, encore moins d’une clique. Certes, l’homme sur qui vous venez de porter votre judicieux choix n’est pas un super homme, ni un homme parfait. Simplement un serviteur à côté de vous et ne peut mieux servir qu’avec l’appui de tous.
… à tous les courants, en vue de protéger toutes les tendances dans le respect de la règle majoritaire.
Je ne peux pas terminer sans adresser un message de solidarité et d’espoir à tous les collègues qui ont été avec nous dans la course. A eux, je voudrais dire que maintenant que la sanction de la plénière nous a départagé tous, nous sommes de la même maison, sans que les uns et les autres n’aient démérité, Il y a lieu d’unir nos forces, nos idées, nos énergies pour enfin servir le seul maitre, le Souverain primaire, le peuple congolais.
Je ne peux terminer ses propos sans assurer toutes les institutions de la République de la collaboration sincère, gage de la stabilité du processus démocratique pour lequel notre peuple a investi ses efforts…
Nos rapports seront des rapports apaisés emprunts de courtoisie et d’élégance, sans pour autant empiéter sur les compétences des autres, ni renoncer aux prérogatives de l’Assemblée nationale.
Au Bureau sortant, et particulièrement à son président, je dis Merci pour le travail abattu, par moments, dans des conditions difficiles, c’est la loi de l’histoire. Tout passe, le plus important étant le sentiment ou la conscience d’avoir apporté un peu plus pour l’humanité.
Au peuple congolais qui a attendu avec impatience ce moment spécial, je dis que l’événement est une dette que nous venons de contracter. Nous nous engageons donc à travailler pour mettre tous les députés nationaux ensemble, autour des problèmes d’intérêt national, c’est-à-dire ceux liés au bien-être de notre peuple.
Pour terminer et en promettant de vous donner les grandes lignes de notre plan d’action lors de notre installation, je tiens à vous assurer de ma disponibilité à œuvrer pour tous, que ce soit toute la plénière ainsi que tous les députés qui, confiants dans l’apport de la démocratie, ont bravé le sommeil et la fatigue, je voudrais simplement vous dire Merci. »
 

Transformé en pasteur
Kamerhe en appelle à Dieu pour la prise en charge de notre démocratie et que chacun fasse le travail qui lui revient

« Nous voici arrivé à la fin de ce processus électoral qui vient de doter notre institution d’un nouveau Bureau. Je voudrais avant tout remercier le Groupe technique de travail qui a abattu un travail important et de qualité ; en même temps nous remercions les scrutateurs et tous les témoins qui ont assisté le Groupe technique de travail, sans oublier les héros dans l’ombre, l’administration de l’Assemblée nationale.
Je tiens à vous féliciter, chers collègues, Honorables députés, pour votre sens élevé de responsabilité et de démocratie. Vos venez d’écrire encore quelques pages glorieuses de notre histoire. Nos institutions viennent ainsi par le jeu démocratique de mûrir davantage. Je félicite aussi les collègues qui viennent d’être élus, les honorables Evariste BOSHAB, BORIS MBUKU, Georgine MADIKO, Wildor MAKONERO, Sophie KAKUDJI, Dieudonné BOLENGETENGE et Robert BOPOLO, respectivement en qualité de président, 1er Vice-président, 2eme Vice-président, Rapporteur, Rapporteur adjoint, Questeur et Questeur adjoint, et qui ont mérité la confiance de la plénière pour conduire désormais l’Assemblée nationale.
Je félicite également les candidats perdants aux différents postes du Bureau de l’Assemblée nationale, pour leur courage et leur sportivité. Ils ne doivent pas regretter d’avoir osé participer car ils ont permis l’expression du jeu démocratique par leur participation.
Je félicite tous les invités de marque qui sont venus assister à ces scrutins, plus particulièrement les membres du Gouvernement, et les honorables sénateurs et tous les mandataires du portefeuille de l’Etat.
Ma joie est d’autant plus grande que le processus entamé à Sun City, lequel nous a permis d’avoir une transition, a abouti à la mise en place des institutions démocratiques honorées par l’acte de ce jour.
Nous sommes tous des instruments par lesquels la volonté de Dieu, de notre Peuple, se matérialisent et cette volonté est la force qui nous guide dans l’accomplissement de notre devoir. Nous devons demeurer constamment en communion avec notre peuple, avec nos électeurs qui nous regardent, qui souffrent et qui aspirent au changement par l’impulsion que vous allez continuer à exercer sur le Gouvernement et ce, bien entendu, dans le strict respect du principe sacro-saint de séparation du pouvoir.
Je vous exhorte donc chers collègues à ouvrir votre cœur qui est la source de tout sentiment de votre travail au service de la Nation. Soyons donc confiant en l’avenir et retrouvons l’unité d’action dans la diversité des pensées qui précèdent chaque élection.

Honorables députés, chers collègues
Au moment où il m’est permis encore de prendre la parole devant vous, pour l’avant-dernière fois en ma qualité de président de l’Assemblée nationale et avant de passer le flambeau au nouveau président élu, le lundi prochain, lors de la cérémonie d’installation du nouveau Bureau, je tiens à vous remercier sincèrement pour le soutien que vous avez témoigné à notre Bureau et à ma modeste personne, durant 26 mois passés ensemble, mois pendant lesquels nous avons posé ensemble les jalons d’une démocratie parlementaire. C’est pourquoi je suis confiant en l’action du Nouveau Bureau qui sera dirigé par l’honorable Evariste Boshab, professeur d’université, Faculté de Droit, expérimenté dans la gestion de la chose publique. Je ne doute pas un seul instant qu’il va poursuivre la tâche à la fois difficile et exaltante que nous avons commencée avec vous, chers collègues.
Car, l’apôtre Paul dit dans I Corinthiens 3 : 6-9 : « J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître », de sorte que ce n’est pas celui qui plante quelque chose ou celui qui arrose, mais c’est Dieu qui fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. Car nous sommes ou vous-êtes ouvriers avec Dieu… Que lui-même prenne en charge notre démocratie et que chacun fasse le travail qui lui revient. C’est de la somme du travail de tout un chacun que nous allons booster le développement de notre pays afin de le rendre plus beau qu’avant.

Honorables députés et chers collègues,
Tout comme les cours d’eau, fleuves, lacs et rivières qui coulent sur leurs lits respectifs, ne peuvent faire l’objet d’appropriation privative, les charges de l’Etat qui obéissent aux prescrits des textes existants ne sont pas non plus sujet à exclusivité. C’est de l’alternance qu’elles se trouvent davantage confortées et assumées au bénéfice de la population. C’est donc avec le sentiment d’avoir apporté notre modeste pierre à la consolidation de la démocratie dans notre pays que le Bureau sortant cède la place au nouveau Bureau. On reconnaît un bon arbre par ses fruits, dit-on. C’est pour cela que, sans fausse modestie, je ne peux pas terminer ce mot sans remercier plus de 90 % de ces candidats à ces élections qui ont reconnu le bon travail abattu par ce bureau sortant sous ma conduite.
Merci de tout cœur, chers collègues,
En plus de mes félicitations, j’adresse mes encouragements et ma propre responsabilité au nouveau Bureau qui sera dirigé par l’honorable Evariste Boshab pour toutes les questions qu’il jugera nécessaire de me consulter. Je mettrai à sa disposition ma petite expertise pour le triomphe de la démocratie dans notre pays en général, et pour que l’Assemblée nationale, notre institution, puisse aller de l’avant et rayonner davantage.
Nous devons apprendre désormais à servir notre pays n’importe à quel niveau où nous nous trouvons placé. Hier président de l’Assemblée nationale, j’ai donné le meilleur de moi-même. Aujourd’hui, député national, je me sens tout aussi à l’aise pour continuer à œuvrer sans relâche pour que les désidératas du peuple soient correctement canalisés. J’œuvrerai enfin sans repos pour la promotion des valeurs démocratiques, à travers mon groupe de réflexion bien entendu.
Vous avez mérité de la patrie et je vous remercie.
Que vive le République démocratique du Congo ;
Que vive le Peuple congolais ;
Que vive l’Assemblée nationale.
Bonne chance au nouveau Bureau.

Je vous remercie ».
 

 

 





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