Aussitôt élue à la tête de l’Assemblée nationale dans la nuit du vendredi au samedi
L’équipe Boshab prend fonction ce lundi

* Le ticket gagnant Amp aligne désormais au Bureau Evariste BOSHAB, BORIS MBUKU, Georgine MADIKO, Wildor MAKONERO, Sophie KAKUDJI, Dieudonné BOLENGETENGE et Robert BOPOLO
* Echec de l’opposition : Jean-Claude Mvuemba charge le Mlc
C’est sous le coup de 4h du matin, ce samedi, que Evariste Boshab, a été élu président du Bureau de l’Assemblée nationale, en remplacement de Vital Kamerhe. Candidat de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle, le nouveau président de la chambre basse a remporté le scrutin au premier tour avec 329 voix face à François Muamba Tshishimbi du Mlc (75 voix), Jean Baudouin Idambituo Bakaato de la Renaissance Plate-forme électorale (54 voix) et Gilbert Kiakwama kia Kiziki de la Convention des démocrates chrétiens (15 voix), tous de l’opposition. Tous les postes à pourvoir au Bureau ont été remportés hauts les mains par les candidats présentés par l’Amp. Les résultats de ces scrutins confirment la suprématie de la majorité parlementaire que d’aucuns présentaient comme fissurés.
Non sans raison au regard du désaveu du président sortant de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe par sa famille politique, l’Alliance de la Majorité Présidentielle (Amp) et de la résistance de ce dernier qui a même créé un courant de réflexion politique au sein de l’Assemblée nationale. Ce qui a poussé l’opposition à aligner à tous les postes au Bureau, des candidats, convaincus que le conflit de ménage au sein de l’Amp pouvait bien la profiter.
Cette opposition, alignée aussi en ordre dispersé, a trouvé en face d’elle une majorité revigorée et pleine d’énergie à revendre qui a davantage dépiécer l’opposition et briser tous les espoirs de direction du Bureau.
Ces élections se sont déroulées dans une ambiance fastidieuse et pendant une plus longue journée dédoublée du vendredi 17 avril à 12 heures 30’ au samedi 18 avril à 10 heures.
T.L.

329 voix sur 484 suffrages exprimés, Boshab va au-delà du score obtenu par Kamerhe (315)

Après le vote proprement dit qui avait commencé vers 22 heures, le Groupe technique de travail chargé de l’organisation des élections a débuté le comptage des bulletins vers trois heures du matin.
A ce stade, une atmosphère calme régnait dans la salle, et l’assistance très vigilante, observait de près tous les faits et gestes du déroulement des scrutins. Ce jour-là, la salle des Congrès du Palais du peuple a reçu un éventail des partisans des candidats, des ministres, des dirigeants d’entreprises, et surtout un important lot de policiers dépêchés pour assurer le bon déroulement de l’événement, dans un climat de sécurité, d’ordre et de paix.
Mais lorsque de plus en plus au comptage des voix, le nom d’Evariste Boshab était régulièrement cité, ses partisans lançaient des cris de joie. Avant même que l’honorable Vital Kamerhe, président sortant de l’Assemblée nationale proclame les résultats, l’assistance avait déjà crié, « Boshab, président ». Les caméras, les appareils photographiques et les journalistes ont pratiquement assiégé l’honorable Evariste Boshab, très ému de cette savoureuse victoire. Quelques députés se sont déplacés pour passer des accolades au nouveau président de la chambre basse du Parlement.
Pendant qu’une ébullition orageuse s’emparait de la salle de Congrès, un groupe de femmes dansaient et chantaient un folklore traditionnel. Le triomphe d’Evariste Boshab n’était pas, certes, un simple exercice électoral, mais une mise à l’épreuve d’une alliance politique. L’émotion, la joie, la fatigue et l’épaissement psychologique se mêlaient.
Ensuite, la quiétude avait gagné les députés qui continuaient d’attendre le reste des résultats. Au poste de premier Vice-président, l’honorable Boris Mbuku des Forces du Renouveau (Parti Arc-Amp) a remporté avec 273 voix contre 73 pour Jérôme Kamate Lukundu aussi des Forces du Renouveau aligné en indépendant, 72 pour Thomas Luhaka du Mlc, 29 pour Me Matadi Nenga du Rcd et 25 pour Joseph Nsinga Udjuu de l’Udemo. Tandis que la deuxième vice-présidence a été raflée par l’honorable Georgine Madiko du Palu (Alliance Amp) avec 271 voix face à Puela Albert (50 voix) des Forces du Renouveau aligné en indépendant, Fidèle Babala (37 voix) du Mlc, André Mbata (30 voix) du Rcd, Lisanga Bonganga de l’Odr (30 voix) aligné en indépendant, Gapemonoko Jean-Marie (28 voix) de l’Udemo.
Comme rapporteur, la plénière a porté son choix sur Wildor Makanero du Pprd (Amp) qui l’a emporté avec 266 voix contre 67 voix pour Alenge Gustave du Mlc, 52 voix pour Kalala Mpotoyi du Panu (Amp) aligné en indépendant, 45 voix pour Kimasi Francine de l’Udemo et 39 voix pour Emery Ukundji de l’Odr présenté en indépendant. L’heureux élu est secondé de Sophie Kakudji de l’Unafec (Amp) comme rapporteur adjointe qui a obtenu 256 voix contre 62 pour Elvis Mutiri wa Bashara du Mlc, 42 pour Martin Mukonkole de l’Odr présenté en indépendant ; 22 pour l’indépendant Batsura Schadrac, 21 pour Wenga Charly Wenga du Pdd présenté en indépendant, 19 pour Beya Mubiayi du Cnrb, 10 pour Ngoyi Mukanku du Mlc présenté en indépendant.
L’élection d’une seconde femme a stimulé l’honorable Vital Kamerhe de dire « L’élection de la femme renforce la parité au sein du bureau ». Pour le poste de questeur, l’honorable Modeste Bahati Lukwebo (148 voix) du Groupe parlementaire des indépendants est remplacé par l’honorable Dieudonné Bolengetenge du Msr (Amp) qui l’a emporté avec 250 voix contre 26 voix pour Célestin Vunabandi du Rcd, 18 voix pour Takis Kumbo de l’Udemo, 11 voix pour Remy Musungayi du Mlc, 9 pour Bulambo Kilosho du Panu présenté en indépendant, 7 voix pour Tshilengi Mbuyi de l’Udemo présenté en indépendant.
Enfin, le questeur adjoint est l’honorable Bopolo Robert du Pdc, parti cher à José Endundo (Amp) qui a aligné 266 voix contre 55 pour Boongo Pancrace du Mlc, 52 voix pour Elysée Dimandja de la Codeco, aile opposition, 25 voix pour Ejiba Yamapia, 21 voix pour Nemoyato, 13 voix pour Ekpoli Marie Louise, 13 voix pour Jean-Claude Mvuemba, 10 voix pour Ngoma Abdoul, 9 pour Likulia et 5 pour Ndombe Sita Helène.
Par cette victoire, l’Amp vient de confirmer que sa majorité n’est ni numérique, ni moutonnière et l’alliance du chef de l’Etat en sort renforcée.
Myriam Luani Bongo

 

Qui est le nouveau président de l’Assemblée nationale ?

Né le 06 janvier 1956 dans la localité de Teke Kalamba, territoire de Mweka, province du Kasaï-Occidental, marié et père de 4 enfants dont une fille, Evariste Boshab Mabudj est détenteur d’un doctorat en droit public de l’Université catholique de Louvain, en Belgique. Dans son parcours scolaire, Evariste Boshab a fait son école primaire à Mweka, suivi du secondaire au collège Saint Joseph de Bulongo et des études de droit à la faculté de Droit de l’Université de Kinshasa où il a obtenu sa licence. On cite les députés John Mbuyu, Célestin Tunda ya Kasende, Tshibangu Kalala, l’ancien ministre Ngele Masudi, l’ex-colonel Alamba et Mme Anne Marie Eteb parmi ses collègues de promotion.
Dans sa carrière professionnelle, il a été conseiller juridique à l’ex-Union nationale des travailleurs du Zaïre (Untza), actuellement UNTC, de 1984 à 1986, avocat près la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe de 1986 à ce jour, et assistant à la faculté de Droit à l’Unikin de 1986 à 1990, directeur de cabinet à la Cour des comptes, de février à juin 1989. Après ses nombreuses recherches sur la justice constitutionnelle, à l’Université catholique de Louvain, il devenait professeur de droit public à l’Université de Kinshasa et visiteur dans d’autres établissements universitaires du pays. Notamment l’Université catholique de Bukavu, l’Université catholique du Graben (Butembo), l’Université protestante au Congo (Upc-Kinshasa) et l’Université de MbujiMayi.
Cofondateur du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti présidentiel, Evariste Boshab a travaillé comme directeur adjoint du cabinet du chef de l’Etat et secrétaire du gouvernement de mars 2001 à octobre 2002, puis directeur de cabinet titulaire jusqu’au moment de sa démission en novembre 2004. Elu député national de la circonscription de Mweka aux élections de 2006, il a remplacé Vital Kamerhe à la tête du parti comme secrétaire général du Pprd. Il vient encore une fois de remplacer le même Vital Kamerhe à la tête de la chambre basse du Parlement.
Sur le plan littéraire, Evariste Boshab aligne un certain nombre d’écrits scientifiques publiés tant dans des revues spécialisées que dans la presse écrite. Il est aussi auteur de trois ouvrages, à savoir « Entre les Faucons et les Colombes: où vont les partis politiques ? » publié en 2004 dont copie en fac-similé ; « Joseph Kabila face à la presse. Recueil des interviews du Chef de l’Etat (2001-2005) » en 2006 et « Pouvoir et Droit coutumiers à l’épreuve de temps » en 2007.
De sa démission en novembre 2004 que d’aucuns présentent pour avoir mis la main sur les recettes de la Snel provenant du Congo d’en face, il n’est pas vrai de faire ce genre d’affirmations. Il ne s’était que référé à un arrêté du ministre des Finances qui existe depuis le régime du président Mobutu qui accordait 10% de commission à ceux des fonctionnaires impliqués dans le recouvrement des recettes et dettes de l’Etat, et avait rappelé par écrit aux responsables concernés que dans cette équipe se trouvaient aussi des personnes à charge au cabinet présidentiel et qu’il était nécessaire qu’ils puissent aussi en bénéficier. C’est juste la politisation outrée de cette affaire qu’il avait préféré démissionner pour faciliter le travail d’enquête à ce sujet.
T.L.
 

Echec de l’opposition : Jean-Claude Mvuemba charge le Mlc

Dans le camp de la majorité, on ne doutait pas un seul instant de la victoire du secrétaire général du Pprd. Olivier Kamitatu, ministre du Plan ; Ferdinand Kambere, ministre de l’Emploi, Mme Lukiana Marie Ange, ministre du Genre et Famille, la députée Wivine Moleka, tout comme bien d’autres personnalités de la famille politique du chef de l’Etat l’ont bien déclaré devant la presse. Pour le ministre Mende, qui a fait aussi le réveillon électoral du Palais du peuple, les députés ont donné raison au Président de la République d’avoir parié sur leur conséquence politique, sur leur sens logique des engagements qu’ils ont pris avec leurs électeurs.
Aubin Minaku, porte-parole de l’AMP, a, pour sa part, affirmé qu’«Il y a eu un rappel des troupes dans la mesure où beaucoup de rumeurs non fondées circulaient sur une fissure de la majorité. Tout le monde s’est mis autour des responsables de la majorité, c’est ainsi que les députés sont en train de réagir de façon claire, dans l’unité.»
Le député Ernerst Kyaviro offre cette victoire Amp au président Joseph Kabila Kabange qui a suffisamment conscientisé les députés qui étaient tentés de se désolidariser de l’Alliance.
Selon le pasteur Mugalu, chef de la maison civile du chef de l’Etat, cette victoire est une leçon d’humilité. « Plusieurs pensent que l’humilité du chef de l’Etat est une faiblesse, ce n’est pas vrai. L’Amp a toujours été humble », a-t-il déclaré. Ces quelques mots du Pasteur Mugalu expliquent que les querelles ou la diversité d’idées ne peuvent perturber la patience et l’humilité du président Joseph Kabila. Son apport a été un pilier de l’unité politique de l’Amp, pour résoudre cette crise.
Du côté de l’opposition qui reconnaît la victoire de l’Amp, l’heure est aux leçons à tirer. Député du Mlc, Delly Sesange regrette que l’opposition n’ait pas fait preuve d’une grande cohésion. « Je pense que l’opposition y est allée de façon trop divisée. Plusieurs candidats sur plusieurs postes. Ce n’était peut-être pas la meilleure chose à faire. Je remarque que chaque groupe a conservé le nombre de voix. L’opposition en tant que telle n’a pas montré une grande cohésion. »
Mais pour les observateurs, ce vote vient confirmer la coalition de l’AMP à la chambre basse du Parlement où la configuration reste donc inchangée depuis l’installation les élections de 2006, comme l’a soutenu François Muamba devant la presse.
Tout en reconnaissant la victoire de la majorité, il a tenu à rappeler les attentes de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale. « Nous attendons qu’il fasse le travail conformément à la Constitution et au règlement intérieur». François Muamba a également tiré sa propre leçon au terme de cette élection : « Je constate que les lignes n’ont pas bougé. Avec 75 voix, j’ai fait la totalité de voix de l’opposition, c’est-à-dire, MLC avec ses alliés. Je constate également que la majorité a fait le plein de ses voix. Donc, la conclusion qui est là, est que rien n’a bougé, chacun est resté dans son camp. Et la vigilance qui a été la nôtre va se poursuivre. »
Jean-Claude Vuemba de l’Odr lui, accuse le Mlc d’être à la base de la défaite de l’opposition à ces élections pour l’incapacité de son leadership de s’assumer et sa volonté de toujours imposer ses propres candidats à tous les postes. Cet enfant terrible de l’opposition a dénoncé aussi les manœuvres du Mlc qui bloque la désignation du porte-parole de l’Opposition.
T.L.

 




<<< Retour à la page d'acceuil

__________________________________

Aussi Sur Nyota.net