Opération militaire Rd Congo-Rwanda au Kivu

L’étau se resserre autour des Fdlr

-Les Fardc lancent un ultimatum aux rebelles hutus rwandais en vue de déposer les armes avant l’assaut final au cas où ils ne rangeaient pas les fusils et autres équipements

Sur l’échiquier poli-tique congolais, le débat se focalise depuis mardi sur la présence des troupes rwandaises au Kivu, dans l’Est du pays. Les opinions sont, à ce sujet, partagées. On observe cependant sur le terrain une certaine cacophonie dans les déclarations faites que ce soit par les acteurs de la majorité que de l’opposition. Tel est le cas de l’effet de surprise dont a fait allusion le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe et des tirs croisés  du Mlc et de l’Udps contre l’initiative du gouvernement. A l’instar de l’opération militaire conjointe Rdc-Ouganda-Sud-Soudan lancée contre l’armée de résistance du Seigneur, les Lra, menée dans la Province orientale, celle de l’Est du pays suscite de nombreuses passions.

La question des Fdlr et autres Interhamwe est, à maints égards, une épine enfouie dans les pieds de la République démocratique du Congo. Depuis le déclenchement de la guerre du Rwanda de 1994 ayant conduit au génocide des tutsis et hutus modérés, elle est au centre de la déstabilisation dans la région des Grands Lacs. Ce que des années de pression et plusieurs accords régionaux n’ont pas réussi à réaliser, la Rd Congo et le Rwanda ont décidé d’unir leurs efforts pour relever le défi. C’est malheureusement en ce moment précis, que des voix discordantes s’élèvent pour condamner cette opération. Or, la restauration de la paix tant à l’Est du pays qu’au niveau de la région passe par la neutralisation des génocidaires qui, depuis des années, n’ont pas réussi à tirer un seul coup de feu contre le territoire rwandais mais qui ont plutôt investi des localités entières où ils sèment la mort des Congolais, violent les filles et les vieilles femmes, trafiquent les matières précieuses à dessein. Ces hors-la-loi portent l’arrogance jusqu’au paroxysme en défiant le gouvernement congolais abusant ainsi de l’hospitalité dont ils jouissent depuis 1994. C’est le cas du secrétaire exécutif des Fdlr qui a particulièrement déclaré ce qui suit : « notre organisation reste très forte et soudée. Ce n’est pas la première fois qu’il y a des menaces du genre. Il y en a eu par le passé et notre organisation n’a pas été ébranlée ».

 

Soutien de l’Union européenne et de quelques pays de la communauté internationale

 

Sur le terrain, les Fardc ont lancé hier un ultimatum en direction des éléments encore actifs des Fdlr pour déposer les armes. Cet appel sera-t-il entendu ? On ne saurait y croire étant donné le caractère téméraire de leur démarche. On signale, de source sûre, l’arrivée, depuis hier après-midi, des troupes avancées des Fardc à Rutshuru-Centre, à 70 kilomètres au nord de Goma, sous les applaudissements, apprend-on, de la population locale. Les troupes de Kigali, quoique présente, apprend-on de Radio Okapi, ne sont pas visibles. Elles ont aménagé des postes de contrôle à hauteur de Kibati à une quinzaine de kilomètres au Nord de Goma.  Opérant sur le territoire congolais, les troupes rwandaises sont naturellement placées sous le commandement de l’armée congolaise. L’opération militaire conjointe contre les groupes armés opérant dans la zone frontalière entre la Rdc et le Rwanda devrait durer endéans dix ou quinze jours, bien que certains observateurs  envisagent la possibilité qu’elle prenne plus de temps.

Au plan diplomatique, on signale l’approbation de l’Union européenne et de quelques pays de la communauté internationale. Dans un communiqué publié à Bruxelles, Louis Michel, commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire « souligne les efforts menés pour trouver une solution régionale au conflit au Congo ». Louise Mushikimabo, ministre de l’Information du Rwanda a, quant à elle, confirmé que « toutes les forces rwandaises sont sous le commandement de l’armée congolaise. C’est là le fruit d’efforts récents, intenses et sincères diplomatiques, militaires et autres_ de la part de divers acteurs, pour ramener la paix et la stabilité dans la région ».

Quoi qu’on en dise, on s’achemine lentement mais sûrement vers le rétablissement imminent de la paix au Kivu. Après le coup de théâtre du Cndp et des Pareco, rien ne semble plus arrêter le processus déjà déclenché pourvu que sur le théâtre des opérations les vies des populations civiles de la contrée soient épargnées.

Ndong.M.N.