|
Traque des éléments Fdlr par la coalition Rdc-Rwanda
Kamerhe désavoué par le Pprd
Les
opérations conjointes Rdc-Rwanda effectuées dans la
province du Nord-Kivu ont provoqué dans la classe
politique congolaise une certaine cacophonie.
Inimaginable ces opérations, il est vrai, mais la
politique et la diplomatie ont leur réalité que le
commun des mortels ignorent très souvent. A l’annonce de
la traversée des troupes rwandaises pour la Rdc où elles
se sont associées aux Fardc pour traquer les Fdlr, des
réactions diverses ont été enregistrées et non pas les
moindres. Intervenant sur Radio Okapi capté le matin du
mercredi 21 janvier, le président de l’Assemblée
nationale, Vital Kamerhe a exprimé son étonnement de
voir le gouvernement prendre une pareille décision qui
va à l’encontre de la voie tracée par l’Assemblée
nationale à travers ses recommandations faites au
gouvernement.
« Tout ce que je sais c’est que l’Assemblée nationale
avait adopté un plan de sortie de crise en octobre 2008,
soumis au gouvernement sous forme des recommandations.
Ce plan avait tracé le cadre de la normalisation de nos
relations avec le Rwanda. Ce plan avait aussi le volet
politique. Ce qui était en train de se faire donc à
Nairobi.
Mais nous avons aussi retenu dans ce plan qu’il faut
absolument arriver d’une manière ou d’une autre à
éradiquer les ex FAR Interahamwe», a déclaré Vital
Kamerhe. Le président de l’Assemblée nationale a aussi
rappelé que son institution avait demandé qu’une force
régionale, de la Sadc, puisse venir en Rdc pour faire ce
travail aux côtés des Fardc.
L’ancien secrétaire général du Pprd a exprimé son
étonnement pour cette présence des troupes rwandaises
avant de s’interroger sur l’état d’esprit dans lequel se
trouveraient les populations victimes directes de ces
guerres imputées au Rwanda.
Aussitôt après cette intervention, le secrétaire général
actuel du Pprd, Evariste Boshab, est intervenu sur Radio
France Internationale pour saluer la décision courageuse
prise par le chef de l’Etat pour effacer tout prétexte
de perpétuelles agressions de notre territoire par le
Rwanda, à travers ses fantoches interposés.
Ensuite, il a tenu au siège du parti, commune de la
Gombe, une réunion des cadres à laquelle a pris part le
président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe. A
cette réunion, l’argumentation de Vital Kamerhe aurait
été balayée, d’après nos sources, d’un revers de la main
l’invitant à regarder la réalité en face pour réduire
les souffrances des populations.
Concernant les recommandations de l’Assemblée nationale,
il lui a été dit qu’aucun pays de la Sadec n’est disposé
jusque-là à mettre à la disposition de la Rdc leurs
troupes pour traquer les Fdlr sur un terrain dont elles
ne maitrisent pas.
Pour bien clarifier la position du Pprd par rapport aux
opérations conjointes Fardc-Apr, Maître John Mbuyu,
député national et membre du Pprd, est intervenu sur
Radio Okapi. Selon lui, les décideurs politiques
savaient que la contrepartie du désengagement de Laurent
Nkunda devrait être la permission pour le Rwanda de
venir dans une opération militaire conjointe contre les
Fdlr, du genre Ouganda.
Maître Mbuyu explique : « Ce dispositif, qui a été
discuté ici à Kinshasa, en présence des militaires
rwandais et en association, disons, des forces internes
congolaises, a été signé. Alors, il ne faut pas venir,
plus tard, dire non, moi je ne sais pas ce qui s’est
passé parce que j’ai demandé ceci. Ce qui est vrai, les
dispositifs demandés, pour que les forces régionales
interviennent, n’ont pas d’effet parce que les forces
régionales n’ont pas accepté. Et c’est clair, l’Angola
l’a déclaré et c’est sur l’Angola qu’on visait. Alors,
il ne faut pas, quand il n’y a pas de solutions
souhaitées et qu’on doit chercher des solutions
alternatives, intervenir et dire non, nous, on ne
connaît pas de solutions alternatives. »
Comme quoi, le président de l’Assemblée nationale, Vital
Kamerhe vient d’être désavoué par son parti sur la
question. Non porteur des solutions concrètes, il devait
éviter des solutions populistes où seule la passion
prend la place de la raison. En leader connu, il a tout
intérêt de travailler en profondeur pour faire ramener
Congolais et Rwandais à la cohabitation pacifique.
Devant le refus de la communauté internationale de nous
accompagner dans la vision conflictuelle de la crise
entre Kinshasa et Kigali, des grands hommes d’Etat
prennent des fois des décisions même impopulaires,
pourvu que le temps puisse leur donner raison.
C’est tout là l’espoir des Congolais de retrouver la
paix dans la cohabitation pacifique avec tous les
voisins, et en dehors des rébellions ingrates, telles
celles des Fdlr et des Lra qui violent, pillent et tuent
les Congolais chaque jour sans songer à ramener le
combat chez eux, vraie raison de leur existence.
Tshibambe Lubowa |