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Les vraies raisons de
la chute de l’ancien président de l’Assemblée nationale
Les liaisons dangereuses de Kamerhe et de Nkunda
C’est
sur un ton pathétique que l’ancien speaker de la chambre
basse du parlement, Vital Kamerhe a fait lundi dernier
ses adieux au perchoir cédant ainsi le fauteuil à
Evariste Boshab, le candidat plébiscité par la majorité
présidentielle. En vrai acteur de la série b, il a joué
son rôle jusqu’à la fin et non sans demander pardon à
tous ceux qu’il a eu à offenser, au cours de son mandat
parmi lesquels le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange.
C’est à peine qu’il n’a pas fait couler des larmes de
crocodile devant le parterre des parlementaires réunis
en congrès, lui, qui jadis était habitué à officier la
grand’messe au Palais du peuple, le marteau à la main
comme le prêtre tenant le calice. Juste retour de
manivelle pour le dirigeant d’une institution qui a crû
utile, en janvier dernier, de cracher sur la soupe au
mépris de la bienséance. Durant plusieurs semaines, il a
tenu en haleine la classe politique arguant des raisons
qui lui étaient propres pour ne pas démissionner quand
bien même son parti, Pprd et sa plate-forme politique,
Amp, lui avaient bel et bien retiré la confiance avant
finalement de craquer ! Que de temps perdu ! Mais, que
s’est-il réellement passé pour qu’on en arrive-là ?
Indiscipline, mensonge, manque de loyauté et trahison
Dans les milieux généralement bien informés, on
renseigne que les déclarations intempestives faites, à
l’époque précisément le 21 janvier 2009, par Vital
Kamerhe sur radio Okapi traitant de grave l’intervention
au Nord-Kivu de l’armée rwandaise dans le cadre de
l’opération conjointe « Umoja wetu » dont l’objectif
était la traque des Fdlr, interahamwe et autres étaient
autant tendancieuses que l’appel qu’il aurait reçu du
général rebelle, le sinistre Laurent Nkunda. Reçu de 10
à 11 heures à la même date par le président de la
République qui lui tiendra informé des tenants et des
aboutissants de l’opération, à 14 heures, il lâche du
venin sans tenir compte des entretiens qu’il a eus avec
Joseph Kabila. Simple témérité ou calculs politiciens ?
A en croire le Softonline daté du 16 avril 2009,
l’ancien dirigeant du Cndp, aujourd’hui en résidence
surveillée à Gisenyi, au Rwanda, s’était jadis plaint
auprès de lui du fait que les forces rwandaises
prenaient pied au Kivu alors que lui, Nkunda et ses
forces étaient prêts pour chasser les rebelles rwandais
(sic). D’autres sources indiquent que l’ancien président
de l’Assemblée nationale est allé loin dans ses rapports
jugés suspects avec le général dissident qui, dans les
mêmes circonstances, lui aurait aussi envoyé un texte
pour recueillir ses avis et considérations alors qu’il
aurait pu le faire avec le gouvernement qui était déjà
en pourparlers avec le mouvement rebelle sous l’égide
des Nations Unies à travers son émissaire, Olusegun
Obasanjo. Comment, dès lors, interpréter une telle
attitude de la part d’un dirigeant d’une institution
républicaine censée défendre la légalité?
Et lorsqu’il entre en disgrâce au niveau de son parti,
Pprd et de sa plate-forme politique, Amp, et qu’on lui
demande de libérer son poste quand il a perdu toute
confiance, il fait de la résistance en exigeant une
contrepartie matérielle: la primature, c-à-d la tête
d’Adolphe Muzito. Il le déclare à qui voulait
l’entendre. Cette affaire, rapporte Softonline du 16
avril 2009 au parfum des dessous de la rencontre de la
ferme présidentielle de ce même jeudi au cours de
laquelle le maître des céans a reçu les députés de la
majorité, rappelle avec force le chef de l’Etat, c’est
de l’indiscipline, du mensonge, de l’absence de loyauté,
de la trahison « peut-être ». Qui dirait mieux ? Vital
Kamerhe paie, aujourd’hui, un lourd tribut à son
attitude politique teintée de désinvolture et aussi de
sa démarche solitaire de conquête de pouvoir.
La République
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